Love & Sex

Les photos et vidéos de mariage intéressent de plus en plus une catégorie de professionnels de l'image capables de travailler aussi bien sur des clips de rap que sur des cérémonies de mariage, ils sont sur tous les fronts. Rencontre avec trois de ces représentants du cool pour qui la saison des mariages reprend.


Filme-moi un mariage

A côté de la conception de clips pour les rappeurs Caballero & JeanJass, La Smala ou encore pour Kid Noize, Cyprien Delire réalise aussi des vidéos de mariage.

Pour lui, l'engagement a commencé il y a quatre ans, alors qu'une connaissance souhaitait faire cadeau d'une vidéo de mariage à l'une de ses amies. C'était pour lui une première dans le domaine, bien qu'il touchait déjà à la vidéo. Cette expérience l'a marqué par l'échange qu'il a pu construire avec les invités. Une relation qu'il explique être tout à fait différente de celle qu'il entretient avec les artistes pour qui il réalise des clips.

A la sortie de la vidéo en 2015, le blog de mariage français "And I said yes" a publié un article à son sujet, ce qui lui a valu des milliers de vues et un paquet d'e-mails. Autant de demandes qui ont finalement débouché sur la conception d'une petite dizaine de capsules.

Ses premiers pas ont constitué un vrai challenge. A ses débuts, les vidéos de mariage qu'il a visionnées aux codes old school, au budget faramineux, et aux plans très longs ne l'avaient pas emballé. C'est alors qu'il s'est mis en quête d'un style neuf. Par le biais d'internet, Cyprien Delire est tombé sur des références originaires des Etats-Unis ou des Pays-Bas dont l'esthétique approchait celle du clip musical.

Travailler dans le secteur musical et la pub lui a permis d'apporter une dynamique différente à la vidéo de mariage. Il utilise les mêmes techniques de montage et pense de la même manière pour un artiste que pour des mariés. La vidéo prend finalement la forme d'un clip hybride entre clip musical et reportage.

Le mariage diffère cependant du clip dans son rapport à l'intime. "Ce que je dis aux mariés, c'est qu'à partir d'un moment ils vont m'oublier. Et en général ça se produit naturellement. Je filme tout ce qui se passe mais j'essaye de rester à distance. Pendant la cérémonie j'utilise un zoom. Les mariés n'ont pas envie qu'on leur demande de faire des choses qu'ils n'ont pas envie de faire. Ils ont envie d'un cameraman discret, sur tous les fronts et qui capte des moments inédits. "



"Mon challenge c'est d'arriver à faire pleurer les mariés"

© Caroline Dehareng

L'aventure de Caroline a débuté par hasard il y a trois ans. A l'occasion du mariage de l'une de ses amies, la vidéaste a proposé à la mariée de lui offrir la vidéo de ses noces. Après l'avoir postée sur les réseaux sociaux et son site internet, elle a été contactée pour une autre vidéo et ainsi de suite.

La jeune femme combine difficilement son activité dans le domaine musical avec la saison des mariages qui coïncide souvent avec celle des festivals et grands événements musicaux. Elle couvre à peu près deux mariages chaque année.

Son objectif est de sublimer les gens dans un film qui demeure au-delà du simple souvenir. Elle veut mettre en avant les séquences que les mariés vivent mais aussi des petits moments qui leur ont échappé, comme celui où une grand-mère verse une larme, ou celui où un enfant va chiper des bonbons sur une table. Souvent, ses clients lui donnent comme retour qu'ils ont l'air d'acteurs alors que l'ensemble reste très naturel. C'est alors gagné pour la vidéaste dont l'approche s'éloigne du court métrage cinématographique en slow motion prisé par nombre de ses collègues. "Très souvent mon challenge c'est d'arriver à faire pleurer les mariés en leur montrant la vidéo et souvent j'y arrive", rit-elle.

Elle ne fait jamais poser les mariés mais assiste souvent aux séances photos durant lesquelles elle se concentre sur l'envers du décor. "Par exemple s'ils doivent passer par un champ de maïs pour prendre les photos, je vais filmer la manière dont le mari a porté son épouse parce qu'il y avait de la boue partout."

>> Voir un exemple de vidéo ici


Photographie-moi un mariage

Difficile de lire la presse belge ou de surfer sur les réseaux sociaux sans avoir vu passer le nom de Jehanne Moll. La photographe a eu sa première expérience artistique dans un mariage il y a déjà 11 ans alors qu'elle étudiait à Saint-Luc, à Liège. A l'occasion d'un reportage commandé par ses professeurs, elle a dû se confronter à l'exercice des photos de mariage. Le travail consistait en une série de photos "cliché", une "checklist" à réaliser et c'est sur ce schéma qu'elle a commencé à œuvrer.

Après s'être rendu compte que l'exercice n'était pas celui avec lequel elle était le plus à l'aise, elle a fait une pause d'un an. Suite à quoi de nouvelles commandes dans un cadre plus léger lui ont été faites et ont changé sa manière de voir le mariage. C'est en découvrant des photographes américains tels que Jonas Peterson qu'elle a entrevu un autre point de vue sur la représentation du mariage par l'image. Dans la foulée, Jehanne participe au salon du mariage "Marry me". Aux côtés des blogueurs, vidéastes, créateurs de mariage, la photographe découvre une vision plus simple du mariage et décroche plus de 40 rendez-vous qui seront déterminants pour elle, ouvrant son rayonnement au-delà de Liège.

"J'approche chaque événement, mariage ou portrait et je traite mes photos de la même manière, que ce soit un mariage, un portrait ou un concert. Je crois que c'est à ça que l'on reconnaît mon style", souligne-t-elle.

Son créneau, c'est une approche naturelle, et c'est d'ailleurs pour ce style qu'elle pense être contactée par ses clients. Guider, ce n'est pas mettre en scène. C'est par exemple orienter les modèles par rapport à la lumière ou leurs poses le tout avec un maximum de spontanéité. "J'ai des yeux partout, j'essaye de me laisser surprendre par ce qui se passe mais c'est maîtrisé dans le sens où je ne vais pas aller à un mariage en me demandant qui sont les parents. Je sais qui ils sont, j'ai leurs photos dans mon téléphone et ça me permet de 'préparer' la spontanéité."

Et le tarif ?

Interrogés sur leurs tarifs, les artistes interrogés donnent une fourchette variant de 1500 à 3500 euros selon le mriage. Cette somme s'explique par le temps de la rencontre avec les mariés avant le jour-J, la journée en elle-même, le montage et parfois quelques modifications demandées par les mariés en post-production.

L'offre est large pour ce type de services. Pour citer quelques collègues de ces trois artistes, nous pouvons vous conseiller de vous intéresser à SEPTANTE-SIX ou Hadrien Hanse, et la liste est encore longue.