Love & Sex

Marie de Hennezel est l’auteure du livre Sex and the Sixty rebaptisé aujourd’hui L’âge, le désir et l’amour pour le format poche. Dans son ouvrage, la psychothérapeute démontre, exemples à l’appui, que la vie sexuelle peut rester intense et épanouissante à plus de 60 ans.

La sexualité, qui n’est pas l’apanage de la jeunesse, serait même "mieux" et plus importante que dans la jeunesse. "C’est un témoignage qui m’avait été donné par Macha Méril", nous dit-elle. "Elle avait 74 ans à ce moment-là. Elle me disait que la sexualité était mieux si elle était liée à l’amour . Avec la maturité et l’expérience, nous connaissons mieux notre corps. Si ces moments de partage sexuel sont liés à des relations affectives de qualité, cela peut même être mieux qu’à 30 ou 40 ans! L’expérience, notre capacité d’aimer joue en faveur de la sexualité!"

D’autres raisons expliquent aussi cette libération sexuelle sous la couette à plus de 60 ans. "Les enfants ne sont plus là, on a plus de temps, on est plus disponibles pour des relations sexuelles plus lentes" , ajoute-t-elle. On a moins de pression liée au travail ou à certaines obligations . "Il arrive aussi que les sexagénaires, septuagénaires et plus âgés encore vivent une nouvelle histoire d’amour. Les amours tardives ou le retour d’un ancien amour sont signe de renouveau. Le désir et l’énergie reviennent naturellement, dans un contexte plus apaisé. Ces personnes se sentent plus libres aussi. J’ai rencontré de nombreuses Sexagénaires et septuagénaires très épanouies sur le plan sexuel. Bien plus qu’avant."

Pourtant, le sujet est tabou. Lors de la promotion de son livre, à Bruxelles, elle avait déclaré: "C’est un sujet qui met mal à l’aise. Il crée un certain malaise parce que la sexualité est associée, dans nos pays en Occident, à la jeunesse. Imaginer que des personnes plus âgées, vieillissantes puissent continuer à vivre une activité sexuelle et désirer un autre, c’est difficile à imaginer pour les jeunes, d’abord. Pour la société, dans son ensemble, ensuite."

Aujourd’hui, elle l’a constaté. "C’est drôle. J’ai changé le titre de mon livre pour le format poche. Il ne s’appelle plus Sex and the sixty. Il s’appelle désormais L’âge, le désir et l’amour. Ils partent comme des petits pains. J’ai constaté que le titre sous lequel il était sorti faisait peur. Il y a des personnes plus âgées qui n’osaient pas montrer qu’elles avaient de telles lectures à leur famille ou à leurs proches. C’est un vrai tabou, qui s’est observé dans les librairies", ajoute-t-elle dans un sourire. "Le mot sexe, encore trop imprégné de préjugés peut encore être tabou chez certaines personnes plus âgées."