Love & Sex Lili Sohn nous parle de Vagin Tonic, un livre réalisé un peu comme une thèse mais avec beaucoup d’humour.

Comment est née l’idée de Vagin Tonic ?

"J’ai été malade, on a regardé mon corps dans tous les sens et je me suis rendue compte que ce corps-là, je ne le connaissais pas. Mais surtout lorsqu’on m’a prélevé des ovocytes. Je ne connaissais absolument pas le processus de reproduction. Je n’avais pas pris conscience que dans notre corps, il y a les ovocytes de toute notre vie. Personnellement j’avais envie d’en savoir plus sur ce sujet. Et parallèlement je voulais parler de tout ce qui faisait la féminité. Qu’est ce qui fait une femme ? Et j’ai entamé ce projet."

Pourquoi avoir concrétisé ce projet dans une bande dessinée ?

"J’avais déjà fait une première bande dessinée sur mon parcours lorsque j’ai eu le cancer du sein et elle a pu aider de nombreuses personnes. Je me suis dit qu’évoquer le corps féminin en bande dessinée pouvait aussi être intéressant."

Vous avez dû effectuer de nombreuses recherches ?

"J’ai vraiment eu l’impression d’avoir potassé comme sur une thèse. J’ai mangé des livres le plus possible et un moment il a fallu que je m’arrête (rire). Mais j’ai aussi eu beaucoup de discussions avec des gynécologues, une sage-femme et même au-delà de l’aspect médical avec mes amis. Et pour finir, un gynécologue a relu le tout, histoire que je ne raconte pas de bêtises."

Vagin Tonic nous apprend beaucoup de choses sur la femme mais à qui est-il destiné ?

"Tout le monde devrait le lire. Beaucoup de femmes l’ont acheté et racontent que leur mari et leur copain l’ont lu aussi et même leur adolescent. Il y a tellement un manque de connaissance sur la femme que tout le monde peut le lire. Et puis surtout chez les adolescents, ce n’est pas forcément un sujet qu’on a envie d’évoquer avec nos parents et donc ça peut être un recours d’avoir un livre comme celui-là qui répond à quelques questions."

Même s’il y a peu de connaissance, les gens sont ouverts à aborder ce sujet, le corps féminin ?

"On est sur le bon chemin. Il y a un tas d’études qui ont été faites sur le corps masculin et il y a encore beaucoup de choses à faire sur le corps féminin mais on est sur la bonne voie. Mais que les gens soient gênés de parler de ce sujet, je ne suis pas sûre que ça passera."

Vous ne pensez pas que si les cours d’éducation sexuelle étaient intégrés régulièrement dans le parcours scolaire, les gens auraient plus facile à parler du corps en général ?

"Oui tout est lié. Il y a des parents plus libérés qui en parlent davantage à leurs enfants. Des cours d’éducation sexuelle permettraient de mettre tout le monde au même niveau."

L’humour est constamment présent dans ce livre, c’était pour aborder ce sujet tabou de manière légère ?

"Oui, j’ai eu envie d’aborder le sujet de cette façon. Et puis c’était aussi une manière de révéler que moi je ne connaissais pas ce corps féminin et que finalement il y avait peut-être plein de monde qui avait des interrogations et j’avais envie de partager tout cela, avec légèreté."

© D.R.