Magazine Un vieux bateau, une poule rousse comme coéquipière, une vie d'aventure autour du monde avec comme bagage l'optimisme et le courage : c'est l'extraordinaire histoire de Guirec Soudée, un jeune explorateur breton qui veut montrer qu'il est possible de vivre ses rêves. Il vient de sortir de 4 mois d'hivernage éprouvant dans les glaces du Groenland.


Au début, cela n'a été qu'un « buzz » qui fait sourire sur le web : Guirec Soudée, Breton d'une vingtaine d'années, une tête brûlée idéaliste, se met en tête de faire le tour du monde en solitaire. Pendant sa traversée de l'Atlantique, il s'arrête aux Canaries et adopte une poule rousse. Clin d'oeil à Corentin de Chatelperron, un jeune aventurier ingénieur developpant de la "low-tech" .

Elle s'appelle Monique, a vite fait d'adopter la patte marine et pond oeuf sur oeuf. Pas timide pour un sou, elle suit le jeune Guirec partout, un vrai chien.

L'histoire est drôle, les images belles. Guirec Soudée et Monique font le tour du web tout en faisant le tour du monde par étapes. Après la traversée de l'Atlantique, une année passée aux Antilles, le marin a repris la route vers le grand Nord en passant par le Canada, Saint-Pierre et Miquelon puis le Groenland par la côte Ouest. L'objectif final : survivre en milieu extrême pendant tout un hiver...

© Le voyage d'Yvinec
 


Une expérience bouleversante et dure

Hier, il a d'ailleurs donné ses premières nouvelles après des mois seul sur son bateau (pris (volontairement) par les glaces en pays inuit. Quatre mois et quelques jours très très éprouvants. Qui commencèrent par la mort de son père... Le jeune homme a dû ensuite affronter des tempêtes terribles, une banquise mouvante qui l'obligeait à déplacer son bateau pour ne pas être écrasé par des plaques de glace et une météo abominable pendant au moins 3 mois. « Si cet hivernage a été loin de ce qu’il avait imaginé, cette expérience aura été très enrichissante pour Guirec à de nombreux points de vue. Il m’a dit avoir pris beaucoup de recul sur les choses, cela a été un véritable voyage initiatique pour lui », témoigne Virginie Nolen, une amie qui le suit de près. Monique a été d'un immense réconfort moral pour Guirec : "C’était une vraie présence pour lui, il lui parlait tous les jours et elle le suivait partout, ce qui est la preuve de l’existence d’une réelle complicité entre eux". De retour à Saqqaq, le jeune homme avoue une aventure "magique et horrible à la fois".

Son incroyable aventure est à lire ici



 
Au-delà de cet improbable duo homme-gallinacé, il y a un rêve absolu de liberté, une volonté hors-normes, une débrouille qui laisse pantois et une curiosité pour l'Autre (oui avec un grand « A ») qui font de ce jeune voyageur un rassembleur et un vrai moteur de vie pour tout le monde.

Ils ont déjà plus de 32 000 followers sur Facebook. Et cette vidéo incroyable (tournée avec un drone et un ami en visite quelques jours) présentant son aventure au Groenland a été vue plus de 270 000 fois.

 


Tout quitter pour réaliser son rêve

Et ça n'est pas Virginie Nolen qui pourra le nier. Ex-avocate, cette Suisse a vécu à Saint-Barth et a rencontré Guirec là-bas où ils sont vite devenus amis. Chien fou à l'optimisme toujours affiché, sociable, infatigable raconteur, proche des enfants qui l'adoptent aussitôt, Guirec a l'enthousiasme communicatif mais pas toujours les moyens ni la « façon » pour partager au mieux et au plus grand nombre ce qu'il vit.

Peu à peu, c'est devenu le rôle de Virginie : « Avec Guirec, j'écris des livres pour enfants pour raconter leur histoire (du point de vue de Monique) et donner envie aux jeunes de poursuivre leurs rêves… Guirec voudrait se servir de ces livres comme supports lorsqu'il ira dans les écoles partager son expérience et dire aux jeunes qu'on peut tout réaliser dans la vie à condition de s'en donner les moyens », explique-t-elle.

Et c'est comme cela que tout a commencé pour le Breton : le jour de ses 18 ans, il vend sa moto, part en Australie avec 200€ d'argent de poche et sans parler anglais... "Et il a galéré ! Mais il a un culot incroyable et s'est fait embaucher sur un crevettier. 6 mois après, il avait de quoi s'acheter un vieux bateau avec une coque en acier... pleine de trous. Alors il est devenu vendeur de fenêtres à Paris pendant 6 mois pour avoir les moyens de réparer son bateau", rit Virginie. A 21 ans, fin 2013, il était prêt à se lancer dans une transatlantique, vite rejoint par Monique.

© Le voyage d'Yvinec
Un jour après avoir rejoint le village inuit de Saqqaq. Retour à la civilisation...



L'aider à avancer!

Les deux premiers tomes de ses aventures sont déjà écrits et relatent leur rencontre et la traversée de l'Atlantique jusqu'à St Barth pour le premier tome « La Transatlantique de Monique » et leur année passée aux Antilles pour le second « Monique sous les Tropiques ».

Mais tout cela a un prix : « Pour nous aider à financer le premier tome de ces livres, j'ai lancé une campagne sur la plate-forme de crowdfunding Ulule. Nous avons atteint 100% de notre objectif en 9 jours, preuve que cette histoire intéresse du monde ! »

Devant ce succès, Virginie, Guirec (et Monique) veulent aller plus loin : "Si nous atteignons 160% de notre objectif nous pourrions aussi éditer (en version numérique) le tome 2 Monique sous les Tropiques". Un projet presque accessible : ils en sont pour l'instant à 127% ! Toutes les infos pour aider Guirec à publier ses aventures sont ici : http://ulule.com/transatlantique-de-monique


Mais au-delà de tout, suivre les aventures de Guirec sur son bateau Yvinec en compagnie de la poule Monique c'est du rêve dont on peut profiter pleinement aussi. Alors autant l'aider à continuer. « Dans vingt ans vous serez davantage déçus par les choses que vous n’avez pas faites que par celles que vous avez faites. Alors sortez des sentiers battus. Mettez les voiles. Explorez. Rêvez. Découvrez. » Une phrase de Mark Twain écrite sur la page d'accueil du site de Guirec ...
© Le voyage d'Yvinec
Une poule sur une corde qui dort en pleine mer...