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En ce début février, on va se décomplexer de son rapport à l'art à l'Affordable Art Fair. Près de 100 galeries pour rencontrer des oeuvres contemporaines abordables, compréhensibles mais qui posent question. Coup de coeur à la clé, de 60 à 6000 euros.


L'histoire

L'Affordable Art Fair, c'est l'histoire d'une question qui n'a pas réussi à être formulée, d'un intérêt qui n'a pas réussi à être partagé. C'est l'histoire d'un Ecossais, qui fut longtemps militaire. Et qui aimait l'art. Un jour, Will Ramsey, la trentaine dynamique, pousse la porte d'une galerie londonienne. Ce qu'il voit lui plaît. Ce qu'il a envie de dire reste en lui. Impossible de poser une question. Il se sent un peu paralysé, mal à l'aise. Même s'il apprécie l'art, il se sent déjà jugé avant de parler.

L'homme ne restera pas sur cette vilaine impression en matière d'art. L'art contemporain, il faut en parler, il faut faire parler à son propos, il faut l'ébruiter, le voir, l'approcher, s'y intéresser sans complexe. Il ouvre un premier endroit Will's Art Warehouse en 1995. Les passants qui y entrent adorent, s'y sentent à l'aise parce que face à des oeuvres accessibles au niveau compréhension, au niveau prix et en confiance au niveau humain.

Par la suite en 1999, Will Ramsey va fédérer quelques galeries ayant la même philosophie que lui pour créer une foire. L'Affordable Art Fair est née. Carton plein. Désormais à Londres, il y en a 4 par an ! Et le triptyque qui a mené à la création de l'AAF n'a jamais changé : on y parle prix (6000 euros max) sans être effarouché, on y sélectionne des oeuvres qu'on a envie de regarder, qui déclenchent des coups de coeur et les galeristes viennent y défendre avec coeur des artistes en qui ils croient.


Des AAF partout dans le monde

New York, Sydney, Amsterdam, Milan Hambourg, Hong Kong, Singapour... En tout désormais, il y a 18 foires siglées AAF dans 15 villes différentes ! Et chacune a sa spécificité puisque la grande majorité des galeries sont locales et 80% reviennent l'année d'après. Même si, de plus en plus de galeries ayant participé à l'AAF de leur pays sont partantes pour en rallier d'autres.

Chez nous, la première qui a eu lieu en 2009 a conquis 11 500 visiteurs qui sont repartis avec beaucoup d'enthousiasme et l'ont fait savoir. En 2011, 15 000 personnes allaient à la rencontre des galeries rassemblées à Tour & Taxis.


Des galeries prestigieuses et de la jeunesse

A l'AAF, toujours dans ce souci de faciliter l'accès à l'art, il y a un service emballage (gratuit, ndlr) qui fait que le client repart avec son oeuvre et que les galeristes peuvent mieux s'occuper des visiteurs de passage sur leur stand », explique Julie Constant, la directrice de l'AAF Bruxelles. Et si Art Brussels est sans conteste la plus grande et la plus prestigieuse avec 120 galeries dont de nombreuses très réputées, l'AAF se démarque de plus en plus avec ses 88 galeries et un volume de ventes de 2,4 millions d'euros en 2013. Et des galeries bien installées comme la DS Galerie ne voit aucun souci à s'y poser quatre jours durant. « C'est aussi aller à la rencontre d'un nouveau public. Plus jeune, plus familiale, amateur sans être spécialiste », estime Julie Constant.

Et puis l'AAF, c'est aussi un espaces « jeunes talents » (jamais exposés, moins de 35 ans) qui vaut le détour. En quelques années, l'AAF a ainsi contribué à lancer la photographe Lisa Carletta, le plasticien Christophe Coppers (les magazines "explosés", c'est lui) ou encore Damien Gard, un artiste français qui a ouvert il y a peu la Macadam Galerie. Bref, l'AAF c'est A A Faire !


On aime

  • L'artiste Ben Heine s'est vu choisi pour faire de la nouvelle Mazda 3 une véritable oeuvre. Elle sera exposée au salon et on pourra la croiser sur les routes ou dans les rues puisque l'artiste la conduira pendant 6 mois !

  • L'année dernière, le tunnel d'entrée avait déjà fait sensation. Cette année, c'est ThemSculptures qui a été commissionné pour s'emparer de ce sas, avec une installation qui fait entrer en contact au propre comme au figuré l'homme moderne et la nature. L'interaction est totale et devrait être impressionnante.

  • Quand l'art devient vivant grâce à Joanne Vanden Avenne. La jeune styliste crée elle-même ses imprimés en peignant des tableaux inspirés par différents courants artistiques (pour cette collection Monet). Elle les retravaille sur ordinateur puis les imprime sur tissu. On pourra voir (et acheter) les tenues associées aux oeuvres originales. Joli mélange des genres !


Les +++

  • On peut se faire un petit plat d'Yves Mattagne pour 12 à 15 euros dans son resto éphémère, une raison d'y aller sur l'heure de midi !

  • la Charity Night Auction

  • un espace kids


Pour en savoir plus sur l'artiste qui a réalisé l'image qui illustre l'article, c'est ici

affordableartfair.com/brussels