Ces galeries qui changent des galeries

M.Le Publié le - Mis à jour le

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Parce que les galeries semblent pour beaucoup d’entre nous des espaces clos seulement accessibles aux connaisseurs ou aux collectionneurs,

Parce qu’une pause artistique dans sa journée – qui plus est, gratuite – ne fait de mal à personne, bien au contraire,

Parce que des artistes belges et internationaux n’ont pas (encore) leur place dans les grands musées mais en méritent une aux cimaises de lieux artistiques plus confidentiels,

Parce que ce sont des lieux d’âme, d’art et de passion partagée,

Parce que toutes contribuent à la réputation arty de la capitale,

Alors, sonnette ou pas, on pousse la porte de ces six galeries bruxelloises.


Maison Particulière

© Maison Particulière

Maison Particulière n’est pas vraiment une galerie… Ni vraiment un musée… Cette maison privée transformée en espace d’art il y a trois ans par deux amoureux de l’art, Amaury et Myriam De Solages, est un lieu inédit à Bruxelles, à deux pas de la place du Châtelain . "Une journée est merveilleuse lorsque nous découvrons une nouvelle œuvre, un nouvel artiste qui nous touche, nous impressionne, nous interpelle, nous fait sourire… " , écrit Myriam de Solages. Un bonheur qu’ils ont décidé de partager, simplement. Maison Particulière invite des collectionneurs à présenter des œuvres de leurs choix autour d’un fil conducteur. Loin de se limiter à les compiler dans une demeure XIXème baignée de lumière qui à elle seule vaut le détour, chaque accrochage est pensé, mûri et subtilement équilibré pour que le visiteur puisse déambuler en toute liberté sans pour autant perdre le fil de l’exposition. A Maison Particulière, rien n’est à vendre, on y entre sans avoir pris rendez-vous. La passion partagée pour l’art suffit à justifier votre invitation et à se sentir le temps de la visite « comme à la maison ».


© Maison Particulière

Actuellement

Une fois n’est pas coutume, Maison Particulière a invité non pas des collectionneurs mais 18 professeurs d’art belges. Chacun d'eux a sélectionné deux jeunes artistes parmi leurs anciens élèves. Sortis de l’école depuis au moins trois ans, ces 45 artistes n’ont pas encore eu l’opportunité d’occuper les murs d’une galerie, c'était une condition de sélection. “Youth, portraits of artists between freedom and fight” est une occasion inédite de découvrir ces artistes plongés dans le monde de l’art mais pas encore reconnus dans le marché de l’art, encore en recherche ou pleinement accomplis. Des photographies coups de poing, des installations vidéo énigmatiques, des fusains délicats… L’exposition permet de prendre le pouls de la jeune création belge, vivace et inspirante. Les œuvres sont exposées sans cartel, un choix délibéré de Maison Particulière. Le visiteur pourra prolonger la découverte de l’artiste dans le catalogue (une première pour Maison Particulière) ou passer son chemin imprégné de ce qui lui a été donné à voir, sans en demander plus. Une belle célébration de la curiosité et de la liberté.

> « Youth : portraits of artists, between freedom and fight », du 4 au 21 septembre 2014.

> Maison Particulière asbl, 49 rue du Châtelain, 1050 Ixelles. Ouvert du mardi au dimanche de 11h à 18h. Prix : 10€, gratuit pour les membres et les étudiants de – 26 ans. www.maisonparticuliere.be


Suzanne Gallery

© Suzanne

Suzanne, c’est la petite nouvelle dans la famille des galeries bruxelloises. Derrière Suzanne (prononcez-le à la française ou à l’anglaise), on retrouve Margaux Auboyneau, Katherine Wanet et Julien Den Doncker . Ces trois amis à l'aube de leurs 30 ans ont décidé de mêler leur différents univers artistiques (stylisme, illu, design) dans un bel espace de 90m2 à deux pas de la place Flagey. Pas de ligne directrice pour la galerie… Les trois complices fonctionneront au gré des rencontres et des coups de cœur. Suzanne fera la part belle à la jeune création, sous toutes ses formes, tant qu'elle suscite la réflexion artistique. Cela passera par des expositions individuelles mais aussi par des collaborations entre deux artistes, invités à partager et confronter leur univers pour créer des œuvres destinées spécialement à la galerie. C'est sûr, Suzanne ne tardera pas à se tailler une place de choix dans le monde des galeries d’art bruxelloises. Et on s’empresse de serrer la main à cette jeune femme audacieuse.

© Atelier Bingo / Charlotte Simonis


Prochainement

Pour sa première exposition Suzanne collaborera avec deux artistes aux disciplines distinctes. Atelier Bingo - duo de graphistes/illustrateurs/sérigraphes français défenseurs d’un travail « à l’ancienne », à l’univers coloré et délicieusement déjanté- et Charlotte Simonis , designer textile belge fraîchement diplômée à l’origine d’une technique inédite d’"upcycling", le tissage de plastique. Choc des techniques, confrontation des matières, mise en commun des univers, ils ont conçu ensemble l’exposition inaugurale de la galerie Suzanne.

> Charlotte Simonis & Atelier Bingo, vernissage le 23 octobre.

> Suzanne Gallery, 102, Chaussée de Vleurgat, 1050 Ixelles. www.suzannegallery.com


Galerie Valérie Bach

© Mireille Roobaert

Française débarquée à Bruxelles en 2005, Valérie Bach a inauguré en 2012 sa galerie éponyme au Sablon d’abord, modestement, avant de multiplier les mètres carrés quelques années plus tard. Elle est depuis 2011 installée dans l’ancienne patinoire royale, un hangar du XIXème siècle de 300 mètres carrés. Sous la superbe charpente métallique surplombée d’un toit en verre, Valérie Bach met en valeur le travail créatif d’ artistes belges et internationaux multidisciplinaires. Une galerie innovante pour qui l'original prime sur le commercial. Si pour l’instant seule la petite salle est accessible, un nouvel espace d’exposition devrait prochainement voir le jour dans la salle principale de l’ancienne patinoire.

© Pattern Paintings / Zurstrassen


Actuellement

Pour préparer cette exposition personnelle à la galerie, Yves Zurstrassen , peintre originaire de Verviers, a travaillé un an sur de nouvelles toiles : des oeuvres grand format, dans une bichromie noir blanc. A la manière d'un alchimiste, l’artiste, qui compte Antoni Tapiès parmi ses influences, poursuit sa quête sur la matière.

> "Pattern Paintings" d'Yves Zurstrassen, du 13 septembre au 1er novembre 2014.

> Galerie Valerie Bach, 6 rue Faider, 1060 Bruxelles. www.galerievaleriebach.com


Galerie Emilie Dujat

© Fontenoy
 (Crédit: Julien Mouffron-Gardner)

A la dénomination "galerie libertine", Emilie Dujat préfère aujourd’hui "espace de sensualité et sensorialité dans l’art" , terme moins galvaudé qui décrit mieux l’âme de ce lieu d’art atypique et unique en son genre à Bruxelles. Française tombée dans la casserole de l’art dès sa naissance, Emilie Dujat a eu envie d’interroger par l'art les aspects historiques et sociologiques du rapport amoureux. Les femmes, la sexualité, l’homme, les baisers… Toutes ses expositions questionnent l’intime, la fragilité, le mystère. La galerie d'art se veut aussi un espace de rencontre et de dialogue. Et se transforme parfois le temps d'une soirée en salon littéraire.

© Roland Delcol "Sans Paroles"


Prochainement

"Le surréalisme représente réellement des objets irréels. Je peins la femme, objet réel, d'une manière irréelle" écrivait Roland Delcol , artiste peintre belge. La galerie Emilie Dujat ouvre ses portes à cette figure de proue de l'hyperréalisme belge avant de devenir résolument post-moderne et ami du célèbre écrivain et poète surréaliste Louis Scutenaire. Ses peintures et dessins, dont les femmes sont toujours l'élément essentiel, troublent avec poésie et humour.

> "L'ordre nu" de Roland Delcol, du 18 septembre au 24 octobre 2014.

> Galerie Emilie Dujat, 69 rue Defacqz, Châtelain,1060 Bruxelles. Sur rendez-vous: info@galeriemiliedujat.com . www.galerieemiliedujat.com


Esther Verhaeghe-Arts concepts

© Facebook Esther Verhaeghe

Esther Verhaeghe de Naeyer travaille depuis toujours dans le milieu de l’art. Après avoir fait ses armes dans des musées ou salles de ventes de renom entre Munich, Londres, Maastricht, elle a décidé de poser ses valises à Bruxelles et d’y ouvrir sa galerie en mars 2013.
C'est là qu'elle exprime sa créativité, expose ses coups de coeur, toutes disciplines confondues. Car Esther Verhaege déteste se limiter à un style ou une époque... Un goût des mélanges inédit qu’elle tire de son expérience de responsable de "Shabby chic", un concept de vente d’objets éclectiques style cottage anglais, chez Pierre Bergé. Pour comprendre ce concept, demandez à Esther de visiter la cave de sa galerie aménagée en "Wunderkammer", son cabinet curiosités rempli d'objets de toute sortes, d'animaux empaillés et de trophées de chasse. La galeriste n'hésite pas non plus à mettre en valeur des artistes moins connus ou peu considérés. En témoigne notamment l’exposition "Inside Outside" qui réunissait les œuvres d’artistes du Creham (centre de créativité et de handicap mental).

© Virginie de Limbourg / Turner


Prochainement

« Fragile, absorbant, délicat, rugueux, la papier est la matière de prédilection où pour Virginie de Limbourg se lient désir de dessin et dessin du désir » (Daphné de Hemptinne). L’artiste belge de 39 ans qui vit à Tournai décline sur papier un univers végétal et onirique. Ses œuvres colorées emmènent le regard dans un tourbillon de rêves et de plaisir.

> « Reflections » de Virginie de Limbourg, du 25 septembre au 23 octobre 2014.

> Galerie Esther Verhaeghe- Art Concepts- 51 rue Mignot Delstanche, 1050 Ixelles. Ouvert du jeudi au samedi de 14h à 18H ou sur rendez-vous. www.estherverhaeghe.com


Galerie Arielle d'Hauterives

© Arielle d'Hauterives

Dans sa maison de ville typiquement bruxelloise, Arielle d'Hauterives met en valeur depuis 2010 le travail d'artistes femmes émergentes ou confirmées. Pourquoi des femmes ? Arielle D'Hauterives était indignée par le "manque de visibilité de la création féminine dans les événements artistiques importants". Ses diverses expositions dévoilent tout le talent et la personnalité d'une nouvelle génération d'artistes femmes.

© Bénédicte Vanderreydt


Actuellement

Jusqu'au 20 septembre, Arielle d’Hauterives ouvre ses portes à une série photographique de Bénédicte Vanderreydt. Intitulée I am fourteen , cette série croise le portrait de trois adolescentes de 14 ans, issues de Bruxelles, du camp de réfugiés de Dheisheh, en Palestine et de Lubumbashi au Congo. Trois jeunes filles, trois villes, trois modes de vie, trois regards différents sur l’adolescence. Les photographies interrogent le rapport à leur image, qu'elles construisent sur les réseaux sociaux et au rôle paradoxal de ces nouveaux journaux intimes, vitrines de la personnalité.

> "I am fourteen" par Bénédicte Vanderreydt, du 28 août au 20 septembre 2014.

> Galerie Arielle d'Hauterives, 37 Rue Tasson Snel, 1060 Bruxelles. Ouvert du jeudi au samedi de 14h à 19h ou sur rendez-vous. www.arielledhauterives.be

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