Comment gérer ses règles dans l'espace lorsqu'on est astronaute ?
C'est le genre de question auquel on ne pense pas spécialement. Futile ? Pas tant que cela. Si vivre dans l'espace n'est clairement simple pour personne, une difficulté supplémentaire s'ajoute aux femmes : les menstruations.
- Publié le 26-04-2016 à 12h59
- Mis à jour le 26-04-2016 à 13h05
C'est le genre de question auquel on ne pense pas spécialement. Futile ? Pas tant que cela. Si vivre dans l'espace n'est clairement simple pour personne, une difficulté supplémentaire s'ajoute aux femmes : les menstruations.
Déjà sur Terre, c'est un moment de la vie féminine qui est peu apprécié, pire encore dans certains pays où les conditions d'hygiène sont parfois dramatiques. Mais dans l'espace, tout vol et l'eau est une denrée rare. Alors comment font ces astronautes qui partent en mission trois ans ?
Une étude publiée jeudi dernier dans la revue npj Microgravity se penche justement sur les situations compliquées rencontrées par les femmes astronautes et les solutions qu'elles y apportent. "Une station spatiale est une boîte de conserve", explique à Mashable Varsha Jain, "gynécologue de l'espace", auteure de l'étude avec Virginia E. Wotring, spécialisée en pharmacie et en astronomie. L'hygiène y est déjà un challenge pour tous au quotidien et la gestion des déchets n'est pas évidente. Alors, beaucoup d'entre elles décident de suspendre leurs règles le temps de la mission, en choisissant par exemple de ne pas interrompre leur prise de pilule. "C'est très important de comprendre qu'il s'agit d'un choix complètement personnel. Il n'existe aucune règle venant de la NASA ou de l'Agence Spatiale Européenne", explique la spécialiste. Solution simple et toute trouvée ? Oui à priori pour les courts trips spatiaux, mais pour les longs voyages, cela se corse...
1100 pilules à emporter dans son bagage !
On l'oublie souvent, mais pas question de s'envoler pour l'espace avec la valise qu'on emporterait volontiers en vacances. La charge et le volume doivent être limités au risque de compromettre la mission. Le moindre gramme économisé est une chance supplémentaire de réussite. Et, trois ans de contraception, cela équivaut à 1100 pilules ! C'est sans compter que "la stabilité du médicament n'a pas été testée pour un traitement hormonal sur une si longue durée dans l'espace ou avec l'impact des radiations de l'espace", explique Varsha Jain. Aussi, certains spécialistes s'inquiètent du risque de développement d'un caillot de sang dans les jambes ou les poumons.
Et si les astronautes choisissent tout de même d'avoir leurs règles, malgré les difficultés liées à l'absence de gravité et à l'hygiène, le problème du stockage reste identique, vu la quantité de serviettes et tampons à emporter dans l'espace.
Une autre option ?
Bien entendu, il existe d'autres alternatives que la pilule en continu. Le stérilet ou les implants ? Ce serait évidemment la solution idéale pour les astronautes, à condition de les supporter. Seulement, ces moyens de contraception n'ont pas encore été testés. Les scientifiques redoutent d'ailleurs les effets du décollage et de l'atterrissage. Peu de femmes les utilisent donc.
Pour les deux auteures de cette étude, il est temps de réaliser des recherches sur le sujet, ainsi que sur les effets des différents moyens de contraceptions dans l'espace, même si les femmes astronautes sont encore sous-représentées.
