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Une trentaine d'hommes expriment leur "solidarité" avec le mouvement de libération de la parole des femmes #MeToo, dans lequel ils voient une "chance unique" de "refonder" les relations femmes-hommes, dans une tribune publiée mardi sur lemonde.fr.


"Contrairement à ce que certains ont voulu affirmer, le mouvement #MeToo n'est en aucun cas l'expression d'un puritanisme ni d'une haine des hommes", affirment les signataires dans une allusion à une autre tribune, signée par une centaine de femmes dont Catherine Deneuve, fortement médiatisée début janvier. 

"C'est bien plutôt une occasion unique pour ces derniers de s'affirmer, non pas comme des prédateurs sexuels, harceleurs, agresseurs, prostitueurs, violeurs aux besoins sexuels irrépressibles, mais au contraire comme des compagnons, des maris, des amants soucieux d'un désir et d'un plaisir partagés (...)", ajoutent-ils. "Si nous prenons la parole, c'est pour exprimer notre souhait que ce mouvement continue de s'amplifier et qu'il transforme plus profondément encore la société", ajoute-t-il. "Car il est peut-être l'impulsion décisive dont nous avons tant besoin pour délivrer les relations femmes-hommes des carcans et des rôles codifiés".

Des signataires variés

Parmi les signataires figurent des élus comme le conseiller régional EELV Julien Bayou, l'eurodéputé socialiste Edouard Martin ou le maire PS de Strasbourg Roland Ries, des féministes comme Gérard Biard et Patric Jean de Zéromacho, le secrétaire général du Mouvement du Nid, engagé dans la lutte contre la prostitution, Grégoire Théry ou le médecin Gilles Lazimi, le président du Mouvement des Jeunes Socialistes Benjamin Lucas, le philosophe Vincent Cespedes, l'économiste Alain Lipietz ou encore le psychiatre Gérard Lopez.

Samedi, l'essayiste Raphaël Glucksmann, directeur de la rédaction du Nouveau Magazine Littéraire, et le réalisateur Michel Hazanavicius avaient publié une autre tribune dans ce mensuel, intitulée "We too. Nous aussi, nous voulons l'égalité". "Nous pensons que la liberté des femmes à ne pas être importunées est ici la question centrale", écrivent-ils en réaction à la "liberté d'importuner" prônée par Catherine Deneuve et les autres femmes dans leur tribune.

"Loin de nous angoisser, ce mouvement d'émancipation nous réjouit car il ne s'agit pas d'une révolte des femmes contre les hommes mais d'un combat commun contre les injustices faites aux femmes", écrivent les deux hommes, qui avec #MeToo ne voient "pas poindre le puritanisme, mais une libération sexuelle".​