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Les festivals de têtes rousses sont de plus en plus organisés, et pas qu'en Irlande. La France a vu la première édition de "Red Love" se terminer ce week-end, dans l'Ouest. Un festival où l'on a beaucoup parlé des douleurs passées : être roux, ce n'est toujours pas si facile...


Rouge, orange ou encore blond vénitien... Toutes les teintes de roux étaient représentées samedi à Châteaugiron, dans l'ouest de la France, à l'occasion de la première édition du Red Love, festival destiné à "afficher fièrement" sa couleur. "Je suis né roux, je resterai roux et je suis beau comme tous ceux autour de vous! ", clame Simon, 32 ans. L'agriculteur a fait le déplacement pour se retrouver "avec des gens comme nous". "J'ai subi des railleries quand j'étais enfant: Poil de carotte, Spirou", raconte t-il. "C'est la même chose qu'avec les gros", dit-il, s'estimant heureux d'avoir été "bon au foot", ce qui lui a épargné des moqueries.


Traumastismes en série


Autour d'un food-truck, Liam Fife et ses trois amis attendaient patiemment qu'on leur serve leur galette. La bande s'est rencontrée lors du "Roodharigendag", plus grand rassemblement au monde dédié à la rousseur organisé chaque année aux Pays-Bas. "Jusqu'à 15 ans, ça a été terrible pour moi", confie le jeune homme à la longue barbe carotte. "Tu pues le vomi, t'es moche", sont des phrases que Liam a du entendre. Depuis, il a "regagné confiance" et parcourt les festivals de roux. "Dès que je vois un enfant, je le réconforte, l'encourage, je n'ai pas envie qu'il subisse le même isolement".

A 57 ans, Paule garde un traumatisme: "des garçons ont voulu vérifier si j'étais totalement rousse". Depuis, son rapport avec "les hommes est compliqué. En grandissant, vous devenez leur fantasme", explique celle qui espère que ses "petits-enfants ne seront pas roux".


"Rouquine, ta mère !


En surfant sur le net, Bertille, originaire d'Essonne, département près de Paris, "est tombée sur le rassemblement". Elle a fait venir alors sa fille et son mari "rouquemoute". "Quand il m'a draguée, la première chose que j'ai dit à mes copines: "il est roux", se souvient la jeune mère. Cyril, son mari, lui, n'a jamais souffert: "je jouais bien au foot, ca aide ! ". Il s'est même créé son propose surnom, à l'image du Brésilien Ronaldinho, "Rouquinhio".

Crépus, bouclés, dreadlocks, court, long... Toutes les crinières se baladaient sur le grand terrain mis à disposition par la commune de Châteaugiron. Les concerts et spectacles dont un défilé de 18 femmes rousses en robes de mariée s'enchaînaient jusqu'à 22 heures. Les festivaliers pouvaient profiter du stand de coiffure tandis que les accessoires et t-shirt humoristiques se vendaient comme des petits pains. "Rouquine, TA MERE" ou "Ginger is the new black" faisaient partie des best-sellers.

A la mi-journée, plus de 1.200 personnes avaient fait le déplacement, se réjouissait d'ailleurs Pascal Sacleux, l'organisateur de l'évènement. Il nourrit "l'espoir que peut-être un jour les blagues sur les roux deviendront obsolètes, qu'on s'apercevra que c'est ringard, infondé, stupide".