Magazine "Je ne suis pas vraiment contre la prise de drogues lors des festivals. Il vaut mieux laisser les consommateurs de drogues en paix lors des festivals, les aider, les encadrer et les conseiller. Les risques augmentent, par contre, lorsque la consommation s'effectue dans une rave party, où aucun contrôle n'est possible", analyse Antoine Boucher, chargé de la communication d'Infor-drogues. La musique, les amis, mais surtout l'absence de sanction ont tendance à pousser les festivaliers à la consommation. Antoine Boucher confirme, "il y a un lien direct entre la consommation de drogues et les festivals. Plus un festival est long, plus la consommation augmente. La drogue a une réelle fonction. Elle permet aux gens de se redonner de l'énergie, de bien se réveiller pour le concert qu'ils attendaient. Et puis sans doute que pour les personnes qui consomment de la drogue pour la première fois, le festival est l'occasion idéale. Mais la plupart du temps, ce sont des consommateurs réguliers. Ils se retrouvent dans leur groupe d'amis, avec qui ils ont leurs habitudes de consommation. Un festival ne génère pas spécialement beaucoup de nouveaux consommateurs." Pas vraiment de surprise quant aux types de drogues présentes lors de ces évènements, "elles sont identiques à la vie quotidienne. Ce sont souvent les amphétamines, le speed et le cannabis qui se retrouvent dans les festivals." Mais prendre de la drogue a de nombreuses conséquences, même avec un encadrement. "On peut bien entendu tomber malade, avoir la gueule de bois, faire un coma, et puis il y a tous les dangers liés à la conduite de son véhicule sous influence. L'accumulation de tous ces excès fatigue terriblement l'organisme. Le corps est vraiment mis à contribution et de façon intensive." A côté des drogues habituelles, on retrouve des "fausses drogues". Un véritable problème selon Antoine Boucher, "car on ne sait pas les contrôler puisqu'on ignore leur composition, si elles ont été coupées, etc. Bref, les effets sont imprévisibles. Les consommateurs essayent de se procurer leur drogue toujours chez le même dealer ou chez un ami, mais le risque reste bien présent." Les festivals n'ont jusqu'à présent causés que très peu de dégâts, "mais ce n'est pas une raison pour banaliser la drogue". Le combat d'Antoine Boucher ne s'arrête pas là, il insiste également sur "les quantités impressionnantes d'alcool écoulées lors des festivals".