Hande Kodja : la belle âme romantique

Gilda Benjamin Publié le - Mis à jour le

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Avec sa blondeur, son visage d’ange et son allure juvénile, elle donnerait envie à tous les réalisateurs de lui confier les meilleurs personnages romantiques en costumes. Romantique et passionnée, l’actrice belge Hande Kodja, tout juste 30 ans, l’est dans « Rosenn », le film du Français, belge de cœur, Yvan Le Moine. Entre Paris et Bruxelles, la jeune fille, ne recule jamais devant la difficulté.

Vous tournez régulièrement avec des réalisateurs belges. Si c’est le hasard, au gré des rencontres et des coups de cœur, il correspond à un réel désir de servir ce cinéma si particulier porté par une saveur et une imagination uniques. Je reste attachée à mon pays où j’y puise une poésie que je ne rencontre nulle part ailleurs, même si l’essence de mon métier est de tourner partout et de découvrir d’autres sensibilités et d’autres cultures.

Tournage dans les îles, paysages paradisiaques… « Rosenn » fut une expérience de rêve ou difficile ? Le plus dur à supporter fut la chaleur. Pas évident de tourner en corset quand il fait si chaud. Mais je n’ai pas à me plaindre, j’ai été très gâtée durant six semaines et j’ai eu le temps de m’imprégner de mon personnage, une fille très nature, ancrée dans la terre. D’autant que tourner sur une île est très intense, on se retrouve loin du bruit du monde, de notre monde, et la cohésion de l’équipe s’en trouve renforcée. Je me suis très bien entendue avec mes partenaires Ruppert Everett, Stanislas Merhar et Jacques Boudet qui joue mon père. Malgré la portée très dramatique de mon personnage et mes rapports passionnels j’étais très copine avec tout le monde. J’avoue n’avoir jamais expérimenté des tournages conflictuels, j’aurais du mal à me montrer désagréable hors caméra parce que le rôle le demande. Peut-être arriverai-je un jour à prendre plus de distance s’il y a nécessité. Ce qui n’empêche pas la concentration. Sur le film « Marieke », qui est très sombre, je passais pas mal de moments seule à écouter de la musique car je n’avais tout simplement pas envie de parler et de rire.


Les réalisateurs semblent en effet sentir en vous une portée dramatique. Est-ce ma voix (assez grave) ? Mon physique ? On m’appelle toujours pour des films tristes alors que je suis plutôt une rigolote ! De toute façon, c’est comme ça depuis toujours, à l’école, au théâtre, on ne me confiait jamais les trucs marrants. Dans la vie, je ris tout le temps, j’adorerais jouer dans une comédie. Dans « Rosenn », mon personnage est au début très solaire, espiègle, une petite « voyoute » moderne qui bouscule les codes. Elle séduit sans chercher à séduire. On me dit souvent que je porte bien le costume. J’avoue avoir un petit côté rétro, années 60, petit col Claudine début XXe, bibelots anciens, mais pas les trucs pourris qu’on trouve souvent dans les brocantes.

Vous avez eu un parcours artistique dès votre enfance. Était-ce un désir personnel ? Ma mère m’a forcé à faire de la musique très tôt et tout est parti de là. Je l’ai détestée pour ça pendant deux ans avant d’avoir un déclic. J’ai commencé par le piano puis le violon, la flûte… J’ai passé ma vie à l’académie pendant que les autres enfants jouaient le mercredi et les week-ends. Mon professeur de violon m’a fait toucher la magie de la musique. J’aurais pu faire carrière, surtout en piano, mon professeur Wanda Niewiarowska m’inspirait beaucoup mais je n’étais pas assez assidue et j’avais aussi envie de m’exprimer autrement, même si la musique est toujours très présente dans ma vie. Quand je suis partie à Paris pour suivre le Cours Florent et le Conservatoire, j’ai continué à jouer mais moins jusqu’au jour où je me suis rendue compte que je perdais tous mes acquis, tout ce qui avait nourri mon adolescence. Du coup, j’ai repris un piano et je m’y suis remise.

Pourquoi votre maman tenait-elle tant à vous initier à la musique ? Pour éveiller mon cerveau ! D’ailleurs je sais maintenant que je ferai pareil avec mes enfants. Maman a fait un peu de piano plus jeune mais mes parents ne sont pas du tout dans le milieu artistique. Hande est un prénom perse, mon papa est russo-turc. Petite, j’avais du mal à ne pas m’appeler comme tout le monde.


Musique, théâtre, vous aviez des envies de comédie musicale ? Ah non, je déteste les comédies musicales ! Il n’y a pas de passage obligé pour trouver sa voie. Je suis partie à Paris avec l’envie de découvrir autre chose. J’ai d’abord pensé à l’Inde mais maman a dit non, puis à l’Angleterre pour finalement choisir Paris en toute logique. Maman a toujours cru en moi car elle a vu mes projets s’enchaîner, un film en entraînant un autre. Ça et là, les réalisateurs m’ont remarquée. En dix ans, j’ai bien travaillé et même quand je ne tourne pas j’ai mes journées jalonnées de rendez-vous, de lectures…

Comment vous ressourcez-vous ? En voyageant. J’aime partir pour mieux revenir et me dire que je suis bien là où je suis. Je suis allée récemment à New York, j’ai eu très chaud et très froid. J’adore me plonger dans un autre univers, découvrir. C’est un peu comme de découvrir les acteurs lors d’une première répétition, une grâce à part. Je me partage vraiment entre Paris rive-gauche et Bruxelles où j’adore le Sablon et le quartier de la rue Antoine Dansaert où j’ai des copains qui ont ouvert un super concept-store Siblingsfactory. J’aime les boutiques design, ça me repose.


  • "ROSENN" LE FILM

         1909, l’île de Bourbon dans l’Océan Indien. Rosenn vit heureuse et libre auprès de son père, peu pressée de se marier malgré les sentiments de       son cousin. Quand le célèbre écrivain anglais Lewis Lafoly débarque dans leur propriété pour s’y reposer et trouver l’inspiration, un vent de passion va tous deux les emporter, douloureux et dévastateur.

         Librement inspiré du roman de Jean de Kerlecq « Rosenn », le film d’ Yvan Le Moine offre à Hande Kodja un grand rôle romantique aux côtés d’un Ruppert Everett étonnant.


Gilda Benjamin

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