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Une exposition touchante et forte parle des femmes atteintes par le cancer du sein en montrant qu'il y a une personne et une vie derrière les cicatrices.


Isabelle Lenfant fabrique des bijoux-messages, en argent : sa bague avec un éclat parle de fêlure assumée, celle en forme de pansement vous fait du bien une fois mise, on aime ausi sa bague SOS en morse et la boucle d'oreille "Liberté" pour celles qui n'ont pas de trou ! Bref, ses bijoux signés IL sont des petits morceaux de son coeur... qu'elle a grand.

Cette gigoteuse qui se lève, s'assoit, repart, vit ce qu'elle dit (et dit ce qu'elle vit aussi !) est toujours occupée, toujours intéressée par les autres. A la mort de sa maman partie en 7 mois d'un cancer du sein, elle s'est lancée l'année dernière à corps perdu dans un projet qui l'a secouée et lui a insufflée en même temps une énergie qu'elle n'aurait pas cru possible : une expo photo rassemble des portraits de femmes aux cicatrices visibles mais au sourire d'espoir, fières, belles, volontaires. Elles ont toutes été atteintes par le cancer du sein, certaines sont encore malades. Isabelle Lenfant, à travers les photos réalisées par Jurgen Rogiers,  voulait remettre l'humanité au centre de notre regard et la force au coeur de ces femmes.

Elles ont accepté de poser devant l'objectif du photographe, après avoir longuement discuté avec Isabelle qui n'en peut plus qu'à notre "époque de botox et compagnie, dans ce monde superficiel, il y a encore trop de femmes qui ont honte d'elles parce qu'elles sont malades et que le cancer du sein les touche dans leur féminité".

"Femmes Fatales" est une exposition coup de poing pleine d'humain : les photos sont fortes mais on y sent toute la douceur du regard de Jurgen Rogiers, toute la force de ces femmes qui bravent ici quelque chose pour toutes les autres. Et elles nous vont droit au coeur. 

C'est arrivé, cela peut arriver à tout le monde : le cancer du sein se soigne de mieux en mieux mais on en oublie trop souvent les conséquences psychologiques. Perdre ses cheveux, perdre un sein, les deux, supporter un état de fatigue pénalisant, sentir une épée de Damoclès au-dessus de soi, vivre avec des prothèses, voir son corps devenir autre, devoir porter les soutiens-gorge remboursés qui n'ont plus rien de sexy, aux dires de certaines : c'est dur, terriblement dur. Et si en plus cela se passe sous les regards fuyants, gênés, déroutés des autres, c'est encore plus difficile. Aidons-les en en prenant vraiment conscience !

Ecoutez Isabelle Lenfant nous parler de cette exposition ultra forte, touchante et pleine de force. 


"Femmes fatales" à voir à partir du 18 octobre au 23 octobre au Square Meeting Center à Bruxelles


© Jurgen Rogiers