Magazine Le 28 février 2011, Magali Mertens apprend rudement qu'elle a un cancer. Un coup de massue pour cette jeune femme de 30 ans, enceinte de son premier bébé qui doit arriver dans deux mois.

Cette jeune Belge va se battre, subir, vaincre. Accoucher de son premier enfant, Théodora, à 34 semaines pour pouvoir être opérée au plus vite de la tumeur qui devient de plus en plus volumineuse. Un courage énorme, l'envie de vivre à tout prix vont la porter durant ces longs mois.

Trois ans plus tard, Magali a voulu partager cette expérience éprouvante mais qui lui a montré à quel point la vie est importante. Elle a livré un témoignage qui touche le monde entier : plus de 500 000 personnes en Amérique du Sud l'ont lu, sur Facebook, il a été relayé près d'un million de fois.

  • "J'avais envie de partager mon expérience, à tout prix. Et récemment, j'ai entendu parler d'Esperity, un réseau social qui met en contact les personnes atteintes de cancer. je me suis inscrite tout de suite. Le co-fondateur du site, le médecin Erard Le Beau de Hemricourt, m'a contactée après avoir lu mon histoire et il m'a demandé si je voulais témoigner. J'ai écrit cela", explique simplement Magali, contactée par LaLibre.be.

Aujourd'hui, Magali Mertens a une deuxième petite fille, Aliénor, née en février de cette année. Mais elle ne vit plus de la même façon, comme elle l'explique dans ce texte émouvant, paru en anglais, en espagnol, en français et en néerlandais sur le site esperity.com, un site d'infos et d'actualités sur le cancer, qui a mis en place un réseau social mettant en contact les malades entre eux.


LE TEMOIGNAGE de MAGALI MERTENS

A la maternité, avec ses deux petites filles. Un bonheur incommensurable.


28 février 2011.

Je me souviendrai toujours de cette date fatidique, de ce moment d’incompréhension quand le stomatologue, qui venait me donner les résultats de la biopsie, a soufflé le mot cancer. Cancer, cancer, cancer… Ce mot résonnait dans ma tête, ça ne pouvait pas être vrai, pas moi, pas maintenant. J’ai tout juste fêté mes 30 ans, et suis enceinte de mon premier enfant prévu pour fin avril. C’est impossible docteur, vous voulez sans doute dire qu’il y a un « risque de ». Son hochement de tête de gauche à droite me fit l’effet d’un coup de poignard. Je me suis retrouvée seule en larmes dans le grand hall de l’hôpital. Le vieux médecin n’avait pas eu le comportement le plus adéquat certes, mais de toute façon le messager d’une nouvelle comme celle-là ne pouvait être reçu avec chaleur.

Cancer. Ce simple mot pourtant devenu tellement courant aujourd’hui, retentit différemment à l’oreille quand c’est de soi qu’il s’agit. Et toute la panoplie de peurs associées à ce mot commence à vous envahir : mort, chimiothérapie, perte de cheveux, perte de quoi d’autre ? Et mon bébé ? Mort… Quoique l’on fasse, et bien que la médecine ai fait des avancées considérables dans le domaine, l’idée de la mort reste tenacement accrochée au diagnostic.


C’est pourtant tout autre chose qui s’est passé, et qui, je pense, se passe pour bien d’autres patients ayant eu affaire au crabe; le cancer est venu dans ma vie comme un cadeau. La vie est un présent dont on oublie trop vite la valeur. Cette maladie a fait ressortir le meilleur en moi et dans bien d’autres personnes de mon entourage dont je ne soupçonnais pas qu’ils pouvaient avoir autant d’amour à partager.


Je vais certainement aller à contre-courant d’une large opinion, mais je le dis « le cancer, c’est la vie ». Le cancer c’est la vie qui viens vous crier qu’il est temps d’aimer, de donner, de pardonner, de partager. Le cancer c’est un réveil, certes assez abrupt et plutôt façon douche froide que lever de soleil sur une plage, mais c’est l’occasion de renaître à soi-même.

Avec le rythme de la vie moderne, on court. On court de son lit, au boulot, du boulot à la crèche… On est sans cesse dans la course contre la montre. Pour un meilleur job, pour une plus jolie maison, pour tant de choses que l’on croit essentielles. Et on a tendance à s’oublier.

J’ai connu deux jeunes femmes dont l’issue de la maladie a été fatale. J’en ai pleuré, je me suis demandée pourquoi et pourtant toutes les deux ont laissé le même message « le cancer m’a (ré)appris à aimer et c’est le plus beau des cadeaux ». Et je me rappelle à l’instant du dernier post sur Facebook d’une de ces jeunes femmes qui se terminaient pas ces mots « et avant toute chose, j’espère que vous allez bien ».

Alors, que vous soyez malade, guéri, en rémission, proche d’une personne atteinte du cancer, j’espère que vous allez bien et je vous souhaite une très belle journée sous le beau soleil d’été.

Magali Mertens 33 ans, survivante du cancer.


L'été passé, Magali avec Théodora. Elle attend son deuxième enfant.