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Une Iranienne qui pratique la moto, des hommes qui se barbouillent de rouge à lèvres, un film sur le mariage forcé, une grève générale des femmes, etc. 

Le 8 mars, c'est l'occasion de rappeler que partout dans le monde, les droits des femmes ne sont pas acquis, avec l'espoir qu'un jour cette Journée spéciale disparaîtra du calendrier. Le chemin est encore très long, mais heureusement de nombreuses initiatives fleurissent au quotidien. Aujourd'hui plus particulièrement... En voici cinq parmi tant d'autres.


A moto... en Iran

© AFP

A 27 ans, Behnaz Shafiie est un symbole du combat des Iraniennes. Dans son pays, le pouvoir interdit aux femmes de circuler à deux roues sur la voie publique. Obstinée et courageuse, elle a pu réaliser son rêve en obtenant récemment l'autorisation de pratiquer la moto sur circuit ou sur piste, mais aussi d'organiser et de participer à des compétitions. Plus jeune, elle s'habillait en garçon pour pouvoir pratiquer sa passion. Et lorsque qu'elle était repérée, soit on l'encourageait, soit on lui disait que sa place était  "à la cuisine". La piste pour femmes de Téhéran s'est ouverte il y a deux mois, un premier combat remporté par Behnaz, gagnante de la première compétition féminine de motocross jamais organisée en Iran. "Beaucoup d'Iraniennes se plaignent des restrictions qui les empêchent de faire plein de choses dans le pays", mais "beaucoup brillent malgré les contraintes", affirme la jeune femme qui dit avoir "voulu montrer l'exemple". "Lorsqu'on se bat pour ses idées, on peut certainement réussir". 


Messieurs, mettez du rouge à lèvres !


Jusqu'au 8 mars, les hommes étaient invités à poster sur les réseaux sociaux une photo d'eux avec du rouge sur les lèvres. Une campagne pour les tourner au ridicule ? Certainement pas. L'idée de cette opération, c'est que les hommes s'engagent, qu'ils entrent dans le débat, qu'ils se positionnent face à la violence faite aux femmes, car lorsqu'on parle de ce triste sujet, ils disparaissent de l'image, laissant les femmes seules face à ce fléau. Plusieurs personnalités sont entrées dans le jeu et le mouvement #mettezdurouge a pris de l'ampleur.


Des filles aux feux rouges

© AFP

A la fois félicitée, à la fois critiquée, cette opération a le mérite d'initier le débat. A Melbourne en Australie, les bonhommes traditionnels sur plusieurs feux rouges de carrefours fréquentés ont été remplacés par des personnages féminins en ce 8 mars. L'objectif de l'ONG Comité de Melbourne est de promouvoir l'égalité entre les sexes et de supprimer les préjugés inconscients. Car comme le rappelle Fiona Richardson, ministre des Droits des femmes de l'Etat de Victoria, "Il y a plein de manières d'exclure les femmes de l'espace public, qui semblent insignifiantes mais qui sont symboliquement importantes". "La culture du sexisme est faite de petites touches, comme les figures masculines aux carrefours, et de questions plus graves, comme les taux de violence domestique subis par les femmes. Notre gouvernement travaille à l'égalité entre les sexes pour toutes les femmes", a-t-elle poursuivi.


Un jour sans femmes

© Montage avec REPORTERS, AFP et AP

Que se passerait-il si les femmes arrêtaient toutes de travailler au même moment partout dans le monde ? C'est le pari de cette Grève internationale des femmes organisée pour ce 8 mars dans une cinquantaine de pays. Il s'agit d'une première : une mobilisation sur les cinq continents avec le même slogan "la solidarité est notre arme". Un vent de contestation qui est soutenu par la Belgique, même si les femmes ne sont pas appelées à faire grève à proprement parler, mais elles "seront là où on ne les attend pas d'habitude", prévient le mouvement Vie Féminine. "L'idée est d'exercer une pression sur les gouvernements afin de faire avancer les choses en matière de violences à l'égard des femmes, qu'elles soient physiques, économiques, politiques, verbales ou morales", estime Céline Coudron, coordinatrice nationale de l'ASBL. Vêtues de noir, les femmes sont invitées à se réunir en rue et sur les marchés pour faire entendre leur voix. De Bruxelles, à Charleroi en passant par Liège, Louvain-la-Neuve, Nivelles, Mons, Verviers et encore Arlon, Namur, Tournai et Huy, la mobilisation se concentre sur les violences féminines. "Passées sous silence, banalisées, excusées, niées, ces violences restent largement sous-estimées", soutient Vie Féminine.


Au cinéma


Le mercredi, c'est le jour des sorties ciné. Et en ce 8 mars, le film qui tombe à pique, c'est "Noces", du Belge Stephan Streker. Il raconte le destin contrarié de Zahira, une jeune Belgo-Pakistanaise, dont les parents poussent à épouser un homme parmi les trois qu'ils ont choisi pour elle, un Pakistanais qu'elle devra rencontrer par Skype. De son côté, elle résiste et s'enfuit. Il s'agit du portrait d'une femme qui dit non face aux traditions et à la pression religieuse, un film questionnant également les fondements moraux du vivre ensemble. Une histoire qui rappelle combien de filles dans le monde ne peuvent décider de leur avenir. En Inde par exemple, seules 5 % des femmes choisissent leur mari. Et deux tiers de ces mariées forcées rencontrent leur conjoint pour la première fois le jour du mariage.