Magazine Le sourire est large, l'accueil chaleureux mais avant de bifurquer vers le bureau où elle reçoit des personnes qui ont eu un cancer pour des séances de coaching, Magali Mertens nous emmène à l'étage, dans son salon. Parce qu'aujourd'hui, c'est cette jeune femme qui s'est battue à partir de 2011 contre un cancer agressif et rare des glandes salivaires, qui va parler. De son parcours et surtout de son association « Travail et cancer » qui vient à peine de voir le jour et qui entend mettre le focus sur un vaste sujet de société : le retour au travail et la réinsertion professionnelle des personnes ayant affronté et vaincu un cancer. Magali Mertens est l'invitée du Samedi de lalibre.be


En 2011 le diagnostic vous concernant tombe comme un couperet alors que vous ne vous y attendez pas du tout. Vous êtes dans le bonheur, enceinte de 7 mois...

Tout s'est passé très vite effectivement, 15 jours après les résultats, on a provoqué mon accouchement et mon bébé a été placé en soins néo-nat. J'ai été opérée sur-le-champ et à trois reprises ensuite, c'était très lourd et handicapant, je n'ai pas pu manger ni parler normalement pendant des années. Ce fut un combat au jour le jour que mon mari a vécu auprès de moi. J'ai évidemment dû arrêter de travailler.

Le cancer est-il encore tabou dans le monde du travail ?

Oui, même si les choses bougent peu à peu depuis que le bien-être au travail devient un thème plus central dans les entreprises. Moi, ce que j'ai vécu, ce que je vois, ce que je crois et ce que je veux faire passer comme message, c'est que les personnes qui ont eu un cancer et s'en sont sortis ont traversé un ouragan. Parce qu'ils ont été confrontés à la mort, ils ont réfléchi à la vie, ce qui entraîne un travail sur soi. Ils comprennent mieux où sont leurs limites, ils connaissent au mieux leurs ressources, ils savent affronter, supporter, prendre sur eux, faire preuve de courage pour eux et les autres. C'est une richesse incroyable. A l'heure où l'on parle de plus en plus de la valorisation des compétences, eh bien voilà une solide compétence. Accompagner le travailleur dans son retour au travail, c'est aussi un coup gagnant pour les entreprises qui ne doivent pas être responsables d'un burn out, payer des indemnités, former quelqu'un d'autre, ... C'est un levier de création de valeurs à la fois pour le malade et pour l'entreprise.

Comment les personnes qui ont eu un cancer retrouvent-ils le chemin de leur emploi ?