Magazine

A Woluwe-Saint-Lambert, une petite société a eu l'idée inspirée de proposer un potager partagé dont les locataires n'ont qu'à... venir cueillir les fruits, légumes et plantes aromatiques quand ils le souhaitent. Quatre autres potagers sont en préparation et ce week-end, c'est portes ouvertes pour faire connaissance avec ce nouveau concept !


Mars. Comme chaque début de printemps, Jean-Patrick Scheepers va faire le plein de graines et de plants pour son potager. Il doit aussi racheter des gants, il a évidemment perdu les siens, de même que les outils... Et voilà qu'il se met à pleuvoir, Jean-Patrick remet à plus tard les plantations... Et oublie le tout dans le coffre. "J'adore l'idée d'avoir un potager, de récolter mes propres légumes et plantes aromatiques mais je suis une catastrophe, tout meurt par faute d'entretien et de temps !", explique Jean-Patrick.

© DR
Jean-Patrick Scheepers : parce qu'il ne parvenait pas à entretenir son potager, il a eu l'idée de Peas & Love !


Une ferme urbaine qui crée de l'interaction

Et pourtant, le voici désormais à la tête d'une société qu'il a mis trois ans à faire pousser : Peas & Love, un jeu de mots amusant qui cache un potager partagé dont les parcelles sont à louer mais qui possède un atout de taille... En fait, cette "ferme urbaine" est entretenue par une équipe de jardiniers et grands connaisseurs de plantes et plants. Les locataires (à l'année) n'ont plus qu'à venir pour y prendre ce qui pousse sur leur 3m² de parcelle. "Et dire que tout ça vient de mon incapacité à entretenir un potager", sourit Jean-Patrick qui s'est entouré de pros qui ont planté avec fierté plantes, feuillages et aromatiques pour cette première récolte.

© DR
Des parcelles de 3m² par personne, optimisées côté orientation et irrigation, pour des légumes plus que bio. Aucun engrais n'est utilisé, juste des décoctions de plantes.


"Nous avons commencé à organiser les potagers entre janvier et mars. Et les premières récoltes ont eu lieu en mai", explique Jonathan Wyckmans, le directeur technique. Quasi toutes les parcelles ont trouvé locataires et au-delà de la récolte servant aux repas, c'est le bonheur de venir cueillir qui prévaut. "La plupart n'y connaissent pas grand-chose en potager, ils apprécient qu'on les conseille, qu'on leur explique comment on coupe les herbes pour ne pas compromettre la repousse, même si certains aiment aussi juste venir sur leur parcelle, prendre l'air, du temps, et repartir", raconte Mathias, qui est là tous les jours pour accueillir et conseiller les "farmers".

Côté pratique, l'abonnement annuel se monte à 100€ et la location mensuelle est de 29.95€. Les familles viennent au moins toutes les semaines récolter deux sacs de fruits, légumes et plantes. Il est difficile de comparer mais cela se tient à peu près avec un panier bio familial à venir chercher toutes les semaines par exemple, même si pour l'instant il y a beaucoup de feuilles vertes et de plantes aromatiques mais pas de carottes, de pommes de terre, soit des légumes "consistants" en quelque sorte.

On goûte la plante-huître et la roquette poivrée

© DR
La plante-huître. Chez Peas & Love, on a pris le parti de mêler les plantes classiques avec des propositions bien plus originales.


Comme le potager est installé sur le toit du grand magasin Caméléon, il fallait rationaliser l'espace et le poids des installations. Résultat, les parcelles sont en hauteur, un peu comme des murs végétaux, séparés par des bacs qui sont communs et où pousseront les légumes plus lourds. Là, chacun peut se servir. "On donne des conseils en personne et on envoye des newsletters avec des images des variétés qui poussent, des idées de recettes, des astuces anti-gaspi, ..." explique Jean-Patrick. Et il y a encore du travail ! Ainsi, Jonathan a souri quand un récoltant est venu demander si les feuilles des fraisiers se mangeaient (la réponse est non !).

En ce moment, les heureux "urban farmers" (comme Peas & Love les appelle) récoltent du chou kale, du pakchoï, des salades, du mizuna, de la roquette, des radis, des fraises et plein d'aromatiques étonnantes comme cette plante-huître qui a totalement le goût de son nom. Les tomates devraient arriver en juillet. A suivre courgettes, aubergines et plus tard butternut.

L'an prochain, quatre nouvelles fermes urbaines vont voir le jour à Bruxelles et une autre à Paris (il y en a déjà une quai de Grenelle), les locations seront bientôt ouvertes. Intéressé(e) ? Rendez-vous sur le toit de Caméléon ce week-end pour voir de plus près de quoi il retourne ! Toutes les infos sont sur la page facebook de Peas & Love Caméléon Brussels

© DR