Magazine On sait que le Musée des Egouts a rouvert en novembre 2015. Mais saviez-vous que sous Bruxelles se cachent de nombreuses surprises, dont la Senne.

Dans le brouhaha de la chaussée de Mons et du boulevard du Midi, nous entrons dans l’un des pavillons d’octroi de la Porte d’Anderlecht. D’ici une heure, nous clôturerons la visite en sortant par l’autre pavillon. Entre les deux, c’est sous terre que nous allons nous promener (en partie) dans les égouts.

Au commencement était la Senne

"Saviez-vous qu’avant 1871, la Senne était un égout à ciel ouvert ?", introduit notre guide du jour, un ancien égoutier de la ville. La visite démarre avec une carte en relief sur laquelle on reconnaît les différents quartiers de Bruxelles. On y voit la Senne traverser la Capitale. Une scène qui ne sera plus qu’un vieux souvenir en 1871, lors de l’inauguration de son premier voûtement. Avant cela, en 1847, 45 kilomètres d’égouts existaient déjà, 110 kilomètres en 1878, et aujourd’hui, plus de 350 kilomètres de tunnels recueillent les eaux usées des Bruxellois.

Le début de la visite est principalement historique. Au fil des maquettes, des petits films et des objets exposés, nous découvrons l’histoire des égouts bruxellois. Nous apprenons les différentes techniques de leur construction, etc. Face à quelques rats empaillés, le guide nous explique aussi que sous Bruxelles se cachent une faune et une flore surprenantes !

Une centaine d’égoutiers

Quelques salles plus loin, c’est un métier méconnu qui nous est présenté. Et pourtant, un métier encore d’actualité. Celui d’égoutier. En 2016, pour la Région de Bruxelles-Capitale, une centaine de personnes remplit cette fonction, en curant les égouts, les collecteurs et les bassins, en entretenant les raccordements et en désengorgeant les avaloirs." Il suffit d’une forte pluie pour que les égouts se remplissent en quelques secondes", nous annonce notre guide, juste avant de nous emmener à sept mètres sous terre.

Un Bruxellois qui prend une douche

Le moment tant attendu de la visite des égouts arrive enfin. Après une descente de quelques escaliers, en suivant l’odeur nauséabonde (mais pas non plus insupportable) des eaux, nous voyons la Senne. A côté de cette rivière oubliée, des eaux pluviales et des eaux usées témoignent de l’activité humaine. Dans les murs, de l’eau sort de temps en temps des trous. C’est un Bruxellois qui prend une douche ou qui tire la chasse. Surprenant… !

Les plus aventuriers seront déçus d’une visite des égouts, qui nous emmène finalement très peu dans les égouts… Le visiteur redécouvre toutefois Bruxelles sous un angle original : ses sous-sols, et revient avec une tonne d’informations précieuses sur l’histoire de la Capitale.