Magazine

Lauren Wasser n'a pas perdu sa motivation et compte bien briser le tabou autour de cette maladie rare mais dévastatrice.

Alors qu'elle avait déjà été amputée d'une jambe suite à des complications liées au port d'un simple tampon hygiénique, Lauren Wasser a annoncé il y a quelques jours qu'elle allait également perdre son autre jambe.

"Ma jambe gauche est un ulcère ouvert qui n'a ni talon ni orteils. Au fil des années, mon corps a produit beaucoup de calcium, ce qui fait que mes os poussent sur ce pied. J'ai dû subir une opération chirurgicale pour enlever ces os, car c'était impossible de marcher", a-t-elle confié au Washington Post. "Je souffre atrocement tous les jours", a-t-elle poursuivi révélant que les traitements quotidiens ne suffiront pas à sauver son autre jambe qui devra "inévitablement" être amputée également.

Mais que lui est-il arrivé?

Une seule nuit a suffi pour que tout bascule. En 2012, alors qu'elle est âgée de 24 ans, la jeune mannequin est transportée à l'hôpital dans un état très grave. Inconsciente, fiévreuse, Lauren a fait une attaque cardiaque durant la nuit. Les médecins parviennent à lui sauver la vie mais Lauren reste plongée dans le coma durant plusieurs jours. A son réveil, elle remarque qu'elle a perdu la jambe droite et les orteils du pied gauche. Quand elle demande ce qu'il s'est passé, les médecins lui expliquent qu'elle a été victime d'un choc toxique.

Bien évidemment, il lui a fallu du temps pour se remettre de cette terrible épreuve qui lui a toutefois donné un nouveau but dans la vie : sensibiliser les femmes à cette maladie rare mais dévastatrice.

"Je pense que mon but est de sensibiliser les femmes et je ne voudrais le changer pour rien au monde", confiait-elle d'ailleurs au Washington Post.

Depuis 2015, la jeune femme se bat à la fois pour briser le tabou autour de cette maladie mais également pour que les fabricants publient la liste des composants des tampons hygiéniques. Et sur ce dernier point, elle pourrait peut-être bientôt obtenir gain de cause puisqu'un projet de loi porté par la sénatrice démocrate Carolyn Maloney est actuellement à l'étude aux Etats-Unis. Si le "Robin Danielson Act" (du nom d'une jeune fille morte à cause du choc toxique) était adopté, les fabricants seraient obligés d'indiquer clairement la liste entière des composants des tampons hygiéniques.


Qu'est-ce que le syndrome du choc toxique?

Avant tout, il convient de rappeler que le problème ne vient pas du tampon lui-même (ou de la coupe menstruelle ou de la serviette hygiénique). Le choc toxique touche uniquement les femmes qui sont porteuses du staphylocoque doré (Staphylococcus aureus) dans leur vagin, soit 1% de celles-ci.

Avec un tampon, "le fluide menstruel est bloqué, il va rester au chaud. C'est donc un milieu de culture formidable et s'il y a cette fameuse bactérie, elle va se mettre à produire une toxine (TSST-1) qui va passer dans le sang", expliquait il y a quelques mois le professeur Gérard Lina.

Les hommes, comme les bébés, peuvent être touchés par le choc toxique étant donné qu'il suffit d'une plaie. "Les portes d'entrées les plus fréquentes pour le staphylocoque sont le nez et le vagin", peut-on lire sur l'Obs.

Dans les cas les plus graves, le choc toxique peut conduire à la perte de certains membres et à la mort. 

Pour éviter les problèmes, les médecins invitent les femmes à changer de protection hygiénique assez souvent, comme c'est indiqué sur les notices des produits utilisés et à ne pas porter le même tampon plus de 4h de suite.