Magazine Lequel de nous n'a pas déjà affirmé qu'une chanson ne l'avait pas marqué à la première écoute, voire qu'il ne l'appréciait pas, avant de finalement ne plus pouvoir s'en passer pendant un certain temps et de la mettre en bonne place sur sa playlist préférée ?

Si vous vous croyez lunatiques ou peu sûrs de vos choix, rassurez-vous il n'y a rien d'anormal à cette ambivalence comme le révèle une étude menée par une équipe de l'université de Caen.

"L'effet de préférence fonctionne à partir de la deuxième écoute, des études le montrent bien" indique Hervé Platel à nos confrères de Slate.fr. Pour démontrer ces résultats, ce professeur de neuropsychologie, qui dirige l'étude universitaire, s'appuie sur la nature humaine qui a tendance à juger plus intéressant le familier que le neuf. Ce qui a pour effet que "les sujets vont avoir tendance à considérer comme plus intéressants les extraits qu’ils auront déjà entendus au moins une fois".

Valable pour des rythmes propres à un genre apprécié, qu'en est-il des styles auxquels l'oreille est moins familière ?

Pour Hervé Platel, il suffit de reproduire le processus propre à chaque chanson en prenant l'habitude de se confronter à des rythmes peu ou pas connus.

"On peut augmenter la sensibilité et l’appréciation esthétique justement en écoutant plusieurs œuvres du même style" explique le professeur de neuropsychologie. "Il faut apprendre à savoir en quoi un morceau peut être intéressant."

Utilisé par les radios commerciales pour habituer leurs auditeurs aux nouveautés, le processus doit s'effectuer dans la douceur en provoquant un phénomène d'accoutumance évolutif.

"Amener la personne de manière progressive vers le plaisir que l’on éprouve soi-même, c’est la meilleure manière de faire aimer une chanson" ajoute encore le directeur de cette étude.

Ce qui tend à démontrer pourquoi certains rythmes prennent du temps avant de devenir les tubes planétaires, qu'ils aillent des Beatles aux hits actuels de Taylor Swift.