A beauté raisonnable, la slow cosmétique

Laurence Dardenne Publié le - Mis à jour le

Mode et beauté Invitation

ON CONNAISSAIT LE SLOW FOOD, mouvement - né en Italie en réaction à la malbouffe généralisée - auquel nous avons déjà fait la part belle dans ces colonnes. Voici à présent venue la slow cosmétique ! Inscrite dans la grande tendance "slow attitude" qui prône le "vivre slow". En d’autres mots : "Vivre plus lentement, plus harmonieusement, le plus souvent en accord avec la nature", comme le rappelle Julien Kaibeck, auteur de "Adoptez la slow cosmétique" (1).

Soit, mais quel peut bien être le rapport entre la volonté de "vivre slow" et la cosmétique ? "Les cosmétiques que nous consommons dans notre recherche incessante de jeunesse et de beauté ne sont pas tous respectueux de la nature", rétorque l’auteur belge enseignant l’aromathérapie et la cosmétique naturelle chez nous ainsi qu’en France. "En outre, l’industrie cosmétique nous incite à consommer toujours plus et crée de nouveaux besoins qui ne sont pas toujours essentiels. [ ] La slow cosmétique est une invitation à consommer la beauté différemment. Il s’agit d’un mouvement porté par les consommateurs et acteurs de la beauté naturelle en réponse aux dérives de l’industrie cosmétique conventionnelle."

Et si l’on opte pour des cosmétiques certifiés bio ? "C’est un choix résolument éthique qu’il faut encourager", admet l’esthéticien cosméticien. "Mais la slow cosmétique va plus loin en nous invitant à réfléchir à chaque achat : le produit convoité répond-il vraiment à un besoin ? Quel est son impact réel sur l’environnement ? Et sur ma peau ?", interroge encore Julien Kaibeck, reconnaissant cependant que "la législation sur les cosmétiques est telle que, dans le monde occidental, il n’existe plus à proprement parler de ‘mauvais’ produits, chaque formule devant être validée par une autorité compétente avant sa commercialisation".

Dès lors, comment et que consommer ? Pour ce convaincu, la réponse paraît évidente : elle se trouve dans la slow cosmétique qui "fait la part belle aux ingrédients naturels et peu transformés. Elle prône un retour à l’essentiel : l’utilisation d’huiles végétales, de plantes aromatiques, de minéraux et d’aliments pour une beauté plus responsable. Elle propose aussi certains gestes de beauté pour lesquels aucun produit n’est nécessaire. La gymnastique faciale est un bon exemple".

S’il fallait donc résumer la slow cosmétique en quelques mots, on dirait que ce doit être une cosmétique intelligente qui répond de façon adéquate à des besoins réels de la peau, utilisant pour cela des ingrédients vivants et naturels qui apportent quelque chose de positif à la peau (acides gras essentiels, vitamines, antioxydants ). Une cosmétique pleine de bon sens, qui ne crée pas de nouveaux besoins et limite le nombre de produits à utiliser pour maintenir la peau belle et en bonne santé, sans pour autant promettre l’impossible, mais en nous invitant à nous recentrer et à réfléchir à chaque acte de consommation d’un produit. C’est aussi une cosmétique naturelle et écologique, formulée sans ingrédients dérivés de la chimie de synthèse ou de la pétrochimie, et sans parfum de synthèse. C’est, enfin, une cosmétique qui invite aux plaisirs simples, qui rappelle l’authenticité des végétaux et des minéraux bénéfiques pour la peau, et qui invite à entrer en contact direct avec la nature

(1) "Adoptez la slow cosmétique, conseils et recettes de beauté pour consommer moins et mieux", Julien Kaibeck, Leduc Editions, 15 €.

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