Mode et beauté

Pour Carine Gilson, c'est une envolée. Vers un nouveau lieu, un nouvel accueil, une nouvelle aventure toujours aussi couture, chic et intime. 


Comme un signe, le nouvel emblème qu'elle a choisie comme une évidence s'imposant à elle forme des ailes. Des ailes très Art Déco, un courant artistique qui a toujours parlé à Carine Gilson et qui lui a chuchoté à l'oreille des inspirations de soieries et de dentelles jamais vues auparavant. Ces ailes habillent les portes, les pieds des portants, les tiroirs des semainiers, le bas des causeuses, magnifient un miroir... "Les architectes m'ont fait assez de propositions pour que je sache, quand je les ai vues que c'était elles, qu'elles représentaient tout ce que j'ai pu faire et tout ce que je vais faire encore, elles sont intemporelles et frappées de modernisme", explique les yeux brillants la créatrice de dessous, de déshabillés, de kimonos, de beautés faites main qui habillent le jour comme la nuit de dentelle de Chantilly et de soies de Lyon. 

Le trio créatif s'est tout de suite entendu : chacun a l'oeil et la passion du détail et le projet a évolué selon cette philosophie du très très beau... Clin d'oeil art déco encore dans les miroirs triptyques, les couleurs rose blush, rose poudré et céladon. Bien loin de l'univers girly, bien plus près de la femme fatale à la James Bond Girl. Comme celle (Berenice Marlohe) qui porta un déshabillé signé de la créatrice belge dans Skyfall, faisant connaître ses pièces délicates, sexy et couture dans le monde entier !

De la fluidité, un accueil dans l'intimité

© Frederik Vercruysse/Maison Carine Gilson

La boutique de Carine Gilson du quartier Dansaert va donc doucement disparaître : les clientes fidèles (et les autres) ne perdront pas au change. Avec la collaboration active du cabinet d'architectes de Beyrouth David/Nicolas, Carine Gilson a voulu et fait naître un veritable écrin en arrière cours du 26, boulevard de Waterloo. Un lieu caché et précieux pour des dessous très chics, c'était l'évidence même.

Mais à ce très bel espace qui donne sur une terrasse et un jardin, Carine Gilson a voulu rajouter une âme particulière : elle y reçoit comme à la maison. "Les cabines d'essayage avec des triptyques sont grandes comme des chambres d'amis", sourit Carine "Nous voulons prendre soin des clientes, qu'elles se sentent en harmonie avec les lieux, à l'aise".

Et de l'art !

© Frederik Vercruysse/Maison Carine Gilson

Dans cette boutique, pas de rangées de soutien-gorge et de culottes : les parures sont rangées dans des semainiers et des meubles sur mesure : on laisse place à l'aérien d'un déshabillé de dentelle, à la soie fluide d'un kimono, à une fine nuisette de dentelle greige... "Les pièces couture et les intemporels habillent cette maison désormais !" De même que des oeuvres d'art qui sont comme des échos au travail d'orfèvre de l'atelier Carine Gilson : des pièces de Michel François, Cris Brodahl et Albert Watson.

Et comme depuis presque 30 ans, Carine Gilson propose autre chose que ce que l'on a l'habitude de voir... Plus que de la couture, c'est de l'art qu'elle conçoit, pour une féminité magnifiée. Dans des collections (3 fois par an) qui font le tour du monde et contribuent à faire connaître le savoir-faire belge.

Boulevard de Waterloo, 26 (intérieur cour) - 1000 Bruxelles.