Début séduisant du Belge Raf Simons chez Dior

AFP Publié le - Mis à jour le

Mode et beauté

Robes fendues sur pantalon, manteaux en astrakhan bleu vif et une certaine austérité... dans l'opulence: le premier défilé haute couture pour Dior de son nouveau styliste, Raf Simons, tranche, mais s'efforce de rester fidèle à l'esprit maison.

C'était l'ambiance des grands jours lundi. Joie retrouvée et changement de décor pour les débuts de "Raf", loin du musée Rodin habituel: des magnums de champagne accueillent les invités dont de nombreuses stars, dans un hôtel particulier à vendre.

Un million de fleurs, toujours selon cette source, tapissent les murs de salons contigus, roses bien sûr chez Dior, mais aussi du bleu ou des orchidées blanches. Les grandes rédactrices de mode sont là, mais aussi plusieurs couturiers: Marc Jacobs de Vuitton, Alber Elbaz (Lanvin) et Pierre Cardin, 90 ans, qui a travaillé avec le fondateur de la maison.

La première collection d'un styliste pour une vénérable maison relève forcément du numéro d'équilibriste: il faut respecter tout en réinventant les codes établis. A l'opposé de John Galliano à la flamboyance baroque, mis à pied en mars 2011, le Belge néerlandophone Raf Simons, 44 ans, d'abord spécialiste de la mode masculine, est connu pour son exigence minimaliste, sa rigueur et son esprit d'avant-garde.

Difficile à concilier avec l'élégance parisienne de Dior? Pas forcément, s'est-il évertué à démontrer lundi.

M. Dior "venait souvent ajouter un détail" pour rompre "la perfection absolue de ses modèles", offrant ainsi aux vêtements "un supplément d'âme", note le couturier en quête d'épure architecturale.

"Raf" a trouvé des robes de bal dans les archives dont il s'est inspiré, les coupant en robe courte ou même en haut porté sur un pantalon cigarette noir, pour mieux refléter le mode de vie actuel.

A l'issue du sobre défilé, loin des moues provocatrices des modèles de l'ère Galliano, les avis sont partagés malgré les vivats largement distribués par une armada de représentants de la maison.

Alber Elbaz est séduit: il a vu "de la poésie" dans cette collection qui reflète "la fragilité de Raf et la modernité de Dior", confie-t-il à l'AFP. L'actrice Marion Cotillard, égérie maison, est "plus que ravie", trouve tout "sublime". Tout comme Grace Coddington du Vogue américain qui précise avoir "toujours des attentes très fortes".

Bernard Arnault dit avoir offert carte blanche au créateur: "Je le laisse faire. Je lui ai dit : +Donnez-nous votre version, votre imagination de ce qu'est Dior aujourd'hui, voilà le résultat, c'est fantastique", a-t-il déclaré à la presse en coulisses, affirmant que "Raf" était "très relax" et même "prêt à l'avance" pour sa première collection.

Dior contribuant largement au rayonnement de son empire du luxe LVMH, il s'est félicité d'avoir pris le temps - un an d'intérim après Galliano assuré par son ancien bras droit Bill Gaytten - pour trouver "le plus grand talent, de loin, pour la plus grande maison".

M. Cardin a salué le fait que le créateur, "très jeune", "respecte la maison, mais avec le temps, il faut qu'il soit aussi lui-même s'il veut être un grand couturier, il faut qu'on reconnaisse que c'est lui" sur le podium.

Quand Sharon Stone se réjouit de l'arrivée du couturier "très intellectuel", l'ex-mannequin Inès de la Fressange, fine mouche, trouve sa collection "graphique, romantique, mais avec un côté un peu vintage: c'est un travail honnête mais très raisonnable, assez sérieux", ajoute-t-elle dans un rire.

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