Mode et beauté

Se faire un tatouage, c'est cool... changer d'avis et vouloir l'enlever, l'est beaucoup moins ! Heureusement, les derniers lasers dermatologiques promettent des miracles. le point sur les questions que l'on peut se poser.



On peut enlever tous les tatouages

La nouvelle génération de lasers, qui émettent une forte énergie en un temps très court, quelques centaines de picosecondes (soit un milliardième de millisecondes !), est plus efficace que les précédents. Au fil des séances, le tatouage s’éclaircit et disparaît même sur une peau de phototype V et VI. “Mais parfois, l’ancienneté ou la composition des pigments empêchent l’encre de partir totalement”, explique le Dr Marie Jourdan, dermatologue. Toutes les couleurs partent Le noir et le violet restent les plus faciles à effacer. Pour les autres teintes, c’est un peu plus compliqué. Selon les études (réalisées sur un petit nombre de personnes), 75 % du vert est éliminé après deux à quatre séances, 80 à 85 % du rouge et du jaune après sept traitements. “Les couleurs les plus difficiles restent les bleus et turquoise, désormais accessibles, précise le Dr Pomarède. Il suffit d’adapter la longueur d’onde du laser à la couleur et d’augmenter le nombre de séances.”

Ça fait mal

Tout dépend de la sensibilité de chacun, de la profondeur de l’encre, de sa densité, mais aussi de la localisation. C’est pourquoi une crème anesthésiante est normalement appliquée une heure avant le rendez-vous.

Il ne faut pas négliger les effets secondaires

Les jets de lumière sont très puissants, ils créent une inflammation et font gonfler la zone traitée immédiatement après la séance. “Des cloques se forment. Au bout de quatre ou cinq jours, elles se transforment en croûtes, prévient le Dr Jourdan. On les recouvre de crème cicatrisante et d’un bandage pendant dix jours. La première nuit, vous risquez de ne pas pouvoir vous appuyer sur la zone qui pique, démange…”

Cela ne laisse pas de cicatrice

“Ces lasers sont tellement rapides qu’ils n’endommagent pas la peau, souligne Marie Jourdan. Mais tout le monde ne réagit pas de la même façon. Si une personne marque trop, on espace les séances à une toutes les six semaines au lieu d’une par mois et on réduit la puissance du laser.”

On peut le faire en toutes saisons

Aucun laser n’est utilisé sur une peau bronzée, au risque de la dépigmenter et de faire des taches blanches. “On pourrait le faire avec les réglages adaptés aux peaux noires. Mais c’est moins efficace”, précise Marie Jourdan. De la même façon, on n’expose pas une zone fraîchement traitée au soleil, au risque cette fois-ci, de créer des taches pigmentaires.

C’est assez rapide

Si la séance dure moins de 5 minutes pour une fleur ou un papillon à 30 minutes pour un tatouage complexe sur l’avant-bras, le protocole complet demande du temps. Il faut attendre un mois entre chaque séance, le temps que la peau se répare, et compter plusieurs séances : 4 séances pour un effacement de 60 à 85 % du tatouage et de huit à douze mois pour un effacement total.

Ce n’est pas dangereux

Le laser n’est pas dangereux, c’est l’évacuation des encres qui peut poser problème. D’après le site Vigipil, une association de médecins qui assure la vigilance d’actes esthétiques, l’encre pulvérisée est détruite par des globules blancs puis éliminée par les reins pour être évacuée dans les urines. Il semblerait que “devant un amas important de pigments, ces cellules soient inefficaces”, indique le Dr Jean-Claude Larrouy, dermatologue. Or, une étude de 2012 portant sur 56 encres montre la présence de taux de nickel, chrome, cobalt, trop élevés par rapport à la norme autorisée par les allergologues. Favorisent-ils l’eczéma ? Augmentent-ils le risque de cancer ? On n’en sait encore rien.