Mode et beauté

Bien s'habiller sans détruire la planète. C’est l’idée du e-shop Everybody Agrees, lancé il y a peu par une jeune entrepreneuse bruxelloise, avec l'envie d'offrir une alternative à la surconsommation vestimentaire.


La consommation de vêtements explose, les grands centre commerciaux se multiplient. On peut aujourd’hui s’acheter un T-shirt à deux euros et hésiter entre 50 modèles de baskets "made in China". Cela n’est pas sans conséquence pour l’environnement. L'industrie de la mode, avec sa quantité de produits chimiques déversés dans l’eau, est d'ailleurs la deuxième industrie la plus polluante au monde après l'industrie pétrolière. A ces dégâts environnementaux s’ajoutent aussi les conséquences humaines sur les travailleurs exploités, mis en lumière, notamment par le drame du Rana Plaza. L'effondrement de ce bâtiment abritant plusieurs ateliers de confection pour des marques occidentales en 2013 avait coûté la vie à plus d'un millier de personnes.

Katherine Wanet a constaté de très près les dérives de l’industrie textile."En travaillant dans une grande enseigne de prêt-à-porter, j’ai découvert la "face cachée" de ce marché : le gaspillage, l’incinération des invendus,les conditions de fabrication parfois inhumaines, et le peu d’intérêt pour les matériaux utilisés dans les grandes enseignes de fast fashion", explique-t-elle. Cette jeune entrepreneuse a décidé de proposer une alternative à cette surconsommation vestimentaire. C’est ainsi qu’est né il y a quelques mois Everybody Agrees, un e-shop éco-responsable.


Même du vegan !


"Tout ce que je propose est écoresponsable et européen, made in Danemark, Espagne, Hollande ou Suisse. Deux marques sont 'designées' en Europe mais créées en Asie, mais il y a une transparence totale sur la matière et les conditions de travail ", explique Katherine. Dans un souci de circuit court, la jeune femme a pensé proposer des marques belges, mais elles s'avéraient trop chères pour la gamme de prix de son e-shop. En outre, 80% de la collection est vegan, un mode de vie de plus en plus apprécié tant dans l'alimentation que dans la mode.

Des basiques branchés


Oubliez l’image « hippie » qui colle encore à la mode durable. Les vêtements proposés ici sont à l’image du style de la jeune femme : minimaliste, sobre, street. On retrouve des basiques, t-shirt, sweat, pantalons,... "Ce sont les pièces qui composent ma garde-robe", explique Katherine. L'idée de se tourner vers les basiques est aussi une façon d'aller à l'essentiel, parce qu'il n'y a pas de secret, pour consommer mieux, il faut consommer moins. Pour l’été la jeune femme prévoit quand même de vendre deux ou trois pièces fortes. L'e-shop propose aussi des sacs à main, et même des sous-vêtements en modal, textile bio produit à partir d’une fibre extraite de la cellulose de bois.

Les vêtements sont évidemment plus chers que dans les grandes enseignes. Sur Everybody Agrees, on paye un T-shirt autour de 40 euros ou un pull à 60 euros. Les jeans avoisinent les 100 euros, comptez le double pour les manteaux... Le "vrai prix"de la mode, quand elle respecte les conditions de travail et l'environnement.

Mettre tout le monde d'accord


"L’idée, avec le nom Everybody Agrees, était de mettre tout le monde d’accord. De satisfaire autant la personne qui veut un basique que celle qui a une conscience environnementale et qui veut consommer autrement", explique Katherine.

"Je ne suis pas extrême, moi aussi il m'arrive évidemment d'acheter des vêtements dans des grandes enseignes. Mais je veux au moins donner la possibilité à des personnes désirant consommer autrement d’avoir des lieux pour le faire", défend-elle. Et la demande existe. D’après les chiffres issus de Close To The Loop, une plateforme de promotion de la mode circulaire mise en place par le Fashion Flanders Institute : "68 % des femmes veulent acheter durable mais seulement 11% savent où aller".

E-shop : www.everybodyagrees.com