Mode et beauté

Chez Prabal Gurung ou Diane von Furstenberg, les femmes étaient appelées dimanche à prendre leur destin en main, preuve que le mouvement #MeToo trouve un écho chez de nombreux créateurs. Et la créatrice indonésienne Vivi Zubedi a montré que voile ne rimait pas avec traditionalisme. Temps forts de la quatrième journée de la Fashion week new-yorkaise

© ap
 Stars et encouragement aux mannequins chez Prabal Gurung

Les stars étaient de sortie pour le défilé du créateur américain d'origine népalaise Prabal Gurung, avec sur le podium Gigi et Bella Hadid et Ashley Graham, la mannequin grande taille la plus courue du moment. Aux premiers rangs, des célébrités comme la rappeuse Cardi B, l'initiatrice du #MeToo Tarana Burke, ou encore Huma Abedin, conseillère d'Hillary Clinton.

Sur le podium, la nouvelle collection automne-hiver était une ode au violet - décliné en robes, en doudounes ou en longs pulls oversize à col roulé. Beaucoup de motifs type jacquard sur les pulls oversize ou sur les robes. Et de la fourrure sur les cols, le bas des pulls et de robes, voire sur les chaussures. Dans les vestiaires du créateur de 38 ans, les mannequins avaient droit à un message d'encouragement: "Vous êtes le présent, vous êtes l'avenir, c'est vous qui dirigez le monde, marchez déterminées!" leur intimait une affiche.

© ap
Relance chez Diane von Furstenberg

Diane von Furstenberg va-t-elle redynamiser sa marque avec le retour du créateur Nathan Jenden, déjà aux commandes de 2001 à 2011? La femme d'affaires de 71 ans, qui a connu une valse de créateurs ces dernières années et s'est séparée du dernier, Jonathan Saunders, après 18 mois à peine, a émis l'espoir que Jenden l'aiderait, à l'heure du mouvement #MeToo, à faire de sa marque "l'incarnation du pouvoir des femmes". "A travers les générations, la femme DvF a toujours été une femme qui décide de sa vie, qui décide avec qui elle couche, qui décide de ce qu'elle fait", a-t-elle souligné en souriant.

© vivi zubedi
Hijab et casquette de base-ball

La créatrice indonésienne Vivi Zubedi, qui faisait son premier et unique défilé "solo" à New York, a eu un vif succès avec ses hijabs bordés de perles et ses casquettes de baseball vissées sur des têtes voilées.

Zubedi a lancé sa marque en 2001, en faisant de l'abaya, la longue tunique couvrant tout le corps obligatoire notamment pour les femmes saoudiennes, comme vêtement emblématique de sa collection de "mode modeste": une mode destinée aux riches musulmanes qui veulent respecter les codes vestimentaires de leur religion, en forte croissance ces dernières années. Preuve que le marché est porteur, les grands magasins américains Macy's doivent lancer ce jeudi une ligne de vêtements créés par une femme qui ne trouvait plus de vêtement à son goût après s'être convertie à l'islam. En 2016, une autre Indonésienne, Anniesa Hasibuan, avait été la première à présenter à la Fashion Week un défilé où tous les mannequins portaient le voile.

© reporters
Victoria Beckam garde le cap sur la mode

L'ex-Spice Girl Victoria Beckham a présenté une collection automne/hiver toute en austérité androgyne, lors d'un défilé qui se voulait discret avant son retour à Londres à l'automne pour fêter le 10e anniversaire de sa transformation en femme d'affaires. Au premier rang: son mari et superstar David Beckham et trois de leurs quatre enfants: Harper, Romeo et Cruz. Alors que les rumeurs ont enflé ces derniers jours sur une possible nouvelle tournée des Spice Girls, l'ex-"Posh" a cependant démenti. "Je ne vais pas faire de tournée, les filles ne vont pas faire de tournée", a-t-elle assuré samedi au magazine Vogue. Créatrice de mode, a-t-elle insisté, "c'est ce que je fais maintenant".

Espoir pour la Fashion Week new-yorkaise

Alors que beaucoup de créateurs boudent la Fashion Week new-yorkaise, la créatrice hongroise Sandra Sandor, dont la collection se situe comme son pays au carrefour de l'Est et de l'Ouest, a elle préféré New York à Paris pour sa première participation à une Semaine de la mode.

Son choix devrait rassurer les organisateurs de la Fashion Week: elle a estimé avoir plus de chance de trouver un public aux Etats-Unis, en raison de leur forte concentration d'"influencers", ces bloggeurs/bloggeuses dont les messages sur Instagram pèsent aujourd'hui très lourd dans la communication des marques.