Mode et beauté

A 15h avait lieu ce mardi 27 février le défilé de l'hiver prochain de Christian Dior. Aux commandes Maria Grazia Chiuri qui a réveillé l'image street de la prestigieuse maisin de l'avenue Montaigne.Automne Hiver 2018/2019


Le défilé avait lieu au musée Rodin, comme d'habitude. Mais en revanche, cette fois, côté décor on n'avait pas opté pour les fleurs ou encore le noir et blanc chers à Maria Grazia Chiuri et surtout à la maison de couture. Non, cette fois, le musée Rodin était devenu un immense espace saturé de collages d'une multitude d'images, de magazines féminins comme Vogue, Elle, Harper's bazaar datant de 1968, de "tags" criant "La voix des femmes", d'affiches à caractère politique, de souvenirs de mai 1968... Une atmosphère très révolutionnaire et résolument politique.

Sur la porte d'où vont sortir les modèles, le ton est également donné : "I am a Woman". Apparaît la première silhouette : sur le pull porté sur un sweat à capuche, un message raccord avec le décor : "C'est NON NON NON et NON!" explique la laine verte et crème. "Le féminisme, c'est la liberté. La liberté, c'est s'habiller comme on veut, se définir soi-même", a d'ailleurs commenté la créatrice en coulisses, qui a aussi affiché sur les murs des photos de femmes en minijupes en train de manifester devant un magasin Dior à Londres en 1966.

On remarque tout de suite les grosses bottes cavalières avec des boucles à talons carré, les jambière ou les boots mi-mollets qui permettent une démarche forte et assurée. C'est parti pour 10 minute de woman-power !

Se succèdent des tailleurs jupes revisités pour un style pas ampoulé, on repère directement les casquettes titi parisien qui ont eu tôt fait de signer la patte Chiuri, de même que les tenues en tulle et les jupes en voile de soie ou encore la dentelle blanche et les silhouettes diaphanes qui ponctuent ça et là une pléthore de tenues plus affirmées. Mais le style évolue, encore plus urbain : des T-shirts, des petites vestes taillées XL ou près du corps accompagnent des pièces maîtresses : le layering de style a tout bon !


Mélange des genres

Qui fait cohabiter des tenues très hippie (des jupes à volants, des sabots, des manteaux en mouton retourné, du patchwork très coloré, des robes en crochets, des touchés psyché) ... avec des perfecto ceinturés, ces fameuses bottes, du tartan et des vestes en laines à motifs années 80, du rouge transparent. Les impers se font XXL permettant n'importe quelle combinaison en-dessous, les manteaux chauds ont abandonné la peau pour des fleurs laineuses et colorées. Ici se réinvente le vestiaire pro, bien plus affirmé et plus confort aussi : quand on est bien on peut tout oser...

Le kaki n'est pas omniprésent mais il s'invite en vedette, tout comme le vermillon, les touches de rose plus présent que poudré sont également surprenantes et si elle est plus sage dans les formes, la collection hiver Dior se débride côté couleurs et mélange : les eighties ne sont pas loin !

On aime la nouveauté

Là où les modèles des collections précédentes portaient les vêtements transparents sans sous-vêtements, laissant voir la poitrine comme un geste contestataire, ici, la transparence se joue davantage des jupes et les cols montent haut. La transparence joue les nouveaux décolletés (à vrai dire, il n'y en a pas de notable) et les pantalons taille haute, somptueusement coupés marquent la silhouette avec une élégance assurée !

Voici des femmes urbaines qui, dans le vestiaire professionnel comme personnel, sont sûres d'elles-mêmes et qui savent dire non c'est non... Le message féministe de la directrice artistique se poursuit, en résonance avec le climat actuel...