Mode et beauté Jehanne Moll est célèbre pour ses photos de mariage lumineuses, douces, sincères et empreintes de poésie, bien loin du mièvre ou des photos sans âme. On adore ! La photographe artiste nous explique à quel point il faut entrer en complicité avec les mariés pour leur offrir des photos qui n'appartiendront quà eux.


Photographe de mariage depuis 10 ans, Jehanne Moll est indépendante à temps plein et reçoit plus de 150 demandes par an. “C’est complètement dingue” confie-t-elle. “J’ai été publiée sur des blogs, notamment And I Said Yes, mais aussi Love & Tralala et Un Beau Jour, référence blog mariage en France.” Malgré ce succès, Jehanne Moll reste très naturelle par rapport à son travail. Ce qui lui plait ? La rencontre avec les gens. “Certains sont même devenus des amis” glisse-t-elle. L’agenda de la photographe affiche complet pour la saison 2017. Pour la saison 2018, il faudra attendre “Je ne veux pas négliger les clients de la saison pour prendre d’autres demandes.” La jeune femme est réservée plus d’un an et demi à l’avance.


Comment êtes-vous devenue photographe de mariage ?

Un peu par hasard. J’étais à Saint Luc et un professeur nous avait demandé de faire des photos de mariage. Mon premier mariage, j’y suis allée avec une check-list en tête : le premier regard, les bijoux, le bouquet à côte du registre,… C’est vraiment en 2013, qu’il y a eu un changement dans ma carrière. J’ai participé au salon du mariage Marry Me, c’était la première édition, et là j’ai rencontré des gens du domaine du mariage, moins traditionnel et moins conventionnel. Par exemple, j’étais super étonnée au niveau des robes, on est pas obligé de porter une longue robe blanche. Et c’est aussi à ce moment là que j’ai découvert le travail d’autres photographes, dont Jonas Peterson, photographe australien. Ça a changé mon travail, j’ai rencontré plein de personne qui avait une autre vision du mariage. Et aujourd’hui, le bouquet près du registre, je ne fais plus. J’essaie d’aller vers plus de simplicité.

Vous avez un style de mariage particulier ?

Oui et non. Il y a parfois des gens qui pensent que je ne fais plus que des mariages “bohèmes”, s’il faut leur donner un nom, mais je fais également des formules plus traditionnelles. J’ai beaucoup de mariés en petit comité et j’ai de plus en plus de cérémonies laïques, je pense que c’est une tendance, les gens sont moins dans le traditionnel et ils pensent que ça permet de personnaliser.

Comment fonctionnez-vous avec les clients ?

Dès le premier mail, j’essaie de les impliquer, je leur demande qu’ils me parlent de leur projet. Il y a des gens qui m’envoient des selfies, qui me racontent leur rencontre, dès le premier mail. C’est assez chouette. Quand les mariés me laissent entrer dans leur histoire, je me sens d’autant plus apte à faire de meilleures photos, des photos qui leur ressemblent. Souvent, ils me laissent libres mais je leur demande aussi s’ils ont des exigences, s’il y a des personnes de la famille à ne pas rater,... En général, ils me font confiance parce qu’ils connaissent mon style.

On réserve quand ?

En général, c’est 1 an et demi, 1 an ou 6 mois. Personnellement, je prends maximum 3 mariages par mois. Parfois j’ai des personnes qui me demandent pour novembre 2017, je n’ai rien donc j’accepte. C’est un peu comme le Lotto… Il y a des dates que j’ai rempli seulement il y a quelques semaines. Ça se remplit au hasard et en fonction des dates, ça dépend.

Comment se prépare un mariage ?

C’est une discussion avec les futurs mariés. On fait le point ensemble, ils me donnent un programme et je leur pose des questions. Je dis toujours aux mariés, que s’ils ne me disent pas les choses, je ne sais pas les deviner. Par exemple, pour un mariage à Londres, la mariée m’a expliqué que c’était une de ses amies qui avait fait les fleurs et donc que j’essaie de les avoir. Plus ils m’en disent, mieux c’est. De cette façon, il y a pas de mauvaises surprise le jour du mariage.


Proposez-vous parfois aussi des séances photos avant le mariage ?

Oui, on attend que les beaux jours reviennent et on peut aller dans plein de lieux différents. En général, ils me le demandent pour faire connaissance avant le mariage. Se faire prendre en photo n’est pas naturel, donc très peu de personnes on des photos d’eux en couple à part des selfies où des photos où on n’est pas forcément mis en valeur. Et donc c’est l’occasion d’avoir de belles photos à deux, de faire connaissance avec le photographe, de démystifier le fait de se faire prendre en photo. Parfois certains les utilisent pour en faire des souvenirs, les afficher pendant la cérémonie et les mettre dans le livre. Je laisse toujours le choix de choisir la séance ou pas mais je trouve que c’est chouette.

Un conseil pour les futur(e)s marié(es) ?

Même si ça permet d’avoir des bonnes idées, à un moment il faut arrêter de regarder les blogs et Pinterest. C’est un problème typiquement féminin, les mariées ne se rendent pas toujours compte que la majorité des photos sur pinterest sont faites en Amérique, en Italie ou dans un jardin en Provence. Des paysages que l’on n’a pas en Belgqiue. Mais ce n’est pas grave, il ne faut pas faire la course au mariage parfait. Pas mal de personnes oublient que le mariage, c’est avant tout s’engager avec la personne que l’on aime. Et ce n’est pas grave s’il pleut, si les confettis ne sont pas da la bonne couleur ou que la déco n’est pas top. Il faut pouvoir lâcher prise et se rappeler que c’est un engagement. Et surtout arrêter de stresser pour la météo parce qu’il y a une chance qu’il pleuve. (rires) Il y a plein de choses qu’on ne peut pas maitriser. Une mariée m’avait dit qu’il y aurait peut-être des poussières dans l’emploi du temps et je trouvais ça super mignon.


Après avoir été à plus de 80 mariages, vous avez certainement des anecdotes ?

Chaque mariage a des histoires un peu cocasses et des beaux souvenirs. Par exemple, au mariage d’un de mes amis, une dame a eu la bonne idée de se garer devant l’église un jour de mariage. La mariée voulait absolument une photo de tous ses invités devant. Les témoins ont relevé les manches de leur chemise pour déplacer la voiture. Ce sont des petites anecdotes dont on se souviendra.

Et vous comment vivez-vous cette journée ?

Je révise surtout le programme le jour avant. Parfois je cherche quelques photos des lieux sur internet mais je ne peux pas tout contrôler, la lumière peut être différente par exemple. Ce qui me stresse le plus, c’est d’arriver à l’heure aux différents endroits (rires). J’essaie aussi d’être la plus discrète possible, parce que j’e n'ai pas envie qu’on se dise "on a vu que la photographe pendant l’échange des alliances", parce que c’est une moment assez intense ! Mais si je sais qu’il y a une photo que je dois absolument avoir, je ne vais pas hésiter.

L'actualité à venir ?

Ce que je trouve intéressant maintenant, c’est de sortir de ma zone de confort. Je suis d’autant plus créative quand je découvre de nouveaux paysages. Si je vais à Londres, je trouve ça adorable d’entendre dans le métro “Mind the gap”, les vieux taxis,… Mais un Londonien ne les voit même plus. Changer de paysage me permet d’apporter un regard frais. Je fais également des formations de storytelling.