Mode et beauté On ne demande même plus l'adresse de De Greef, la bijouterie est inséparable de la rue au Beurre, à un jet de pierre de la Grand-Place. Elle lui a quand même fait une petite infidélité de quelques mois l'an passé pour s'installer rue Dansaert. Comment ? Voulait-elle conquérir un nouveau public ? Penser cela serait bien mal connaître De Greef et les frères Wittmann qui en tiennent les rênes depuis plus de 20 ans maintenant ! Les 3000 fidèles clients (le savaient mais) peuvent être tranquilles : le déménagement était dû à une transformation radicale de l'espace de la rue au Beurre. Personne ne s'en cache, la tache n'a pas été aisée : il fallait respecter le bâtiment classé, écouter l'âme des lieux tout en lui apportant de l'espace (administration, ateliers, boutique, ...) et un abord encore plus luxueux et exclusif pour les clients.

Mission accomplie ! Depuis quelques mois, la joaillerie a repris son rythme de croisière... Enfin, pas tout à fait. De Greef fête ses 170 ans cette année. Mais au-delà d'un si vénérable anniversaire, c'est un nouveau départ dans cet espace qui cristallise bien la philosophie des deux frères à la tête de la joaillerie. Ils ont été rejoints récemment par Brice, le fils de Jacques, qui s'occupe de la communication et du marketing, « bien que tout le monde ici soit polyvalent, l'apanage d'une entreprise familiale ». Sept générations y auront travaillé désormais. La pérennité et la fidélité, cela paye, même si “la filière familiale n’a jamais été une obligation. Il faut se lancer dans ce métier si l’on est passionné“, estime Arnaud Wittmann.


Le centre ville "forever"

C'est d'ailleurs ces valeurs qui ont poussé De Greef à toujours rester dans le centre-ville, alors que la place des grandes bijouteries se situent plutôt au Sablon.

« Le centre, on y croit », affirme Arnaud Wittmann, le créatif de De Greef. « Il y a un fameux challenge, à rester là, c'est vrai mais à long terme, on est gagnant. La Grand-Place, on ne la bougera jamais et nous sommes fiers d'être associées à celle-ci. Le centre-ville a vécu difficilement ces dernières années mais une nouvelle dynamique se met en place. Bruxelles se vend de mieux en mieux et la clientèle internationale est intéressante pour nous, elle représente environ 1/3 de notre clientèle », constate pragmatique M. Wittmann.

Le projet de rénovation totale de la bijouterie a d'ailleurs été pensé en ce sens avec un espace exclusif consacré à la marque de montres Patek Philippe. Une maison hautement luxueuse et très renommée des collectionneurs du monde entier, que l'on ne trouve que là, dans un espace comme un écrin contigu à la joaillerie.


Flash-back

© Archives De Greef

En 1848, Prosper De Greef décide d’ouvrir une petite boutique rue au Beurre, dans le quartier des bijoutiers à deux pas de la Grand-Place. Il ne savait probablement pas que six générations plus tard, cette maison serait devenue une joaillerie-horlogerie de renommée internationale.

Désormais les frères Wittmann le savent assurément et agissent en conséquence. Pendant que l’un parcourt le monde à la recherche des plus grandes montres (huit labels haut de gamme sont proposés dans la boutique, dont quatre détenus en exclusivité par De Greef), l’autre dessine les collections de joaillerie avec originalité et un amour qui ne s'est jamais démenti pour la pierre précieuse et surtout le diamant. Ce designer des métaux précieux s’inspire du style Art Nouveau pour développer des bijoux sur mesure, aux formes et aux volumes raffinés, qui l’ont fait rentrer dans le cercle très fermé des joailliers de luxe.


Diamants et e-commerce

© site online De Greef

Savoir-faire, tradition et artisanat, des mots que revendique vraiment De Greef. Mais aussi désormais nouveautés, réseaux sociaux et web. « Nous travaillons avec l'agence Base Design avec qui on a retravaillé un nouveau logo et qui nous a conseillé côté e-commerce. Nous ne pouvons pas ne pas y être », remarque Arnaud Wittmann. Le nouvel e-shop De Greef se veut donc reflet virtuel de la boutique et entrée facile pour une clientèle potentielle qui aurait un peu peur de pousser la porte d'une joaillerie de luxe... Ainsi une partie du site est consacrée aux alliances, on peut y créer son alliance en ligne. Tous les prix sont clairement affichés et l'on peut personnaliser en tout point son bijou. Mais le rêve est encore présent, même online : les bijoux sont livrés par un chauffeur à domicile, une façon d'amener la patte De Greef partout en Belgique !

Ce nouveau fer de lance n'est rien moins qu'un retour à l'essentiel selon Arnaud Wittmann : "Ce qui fait notre force c'est que nous avons, de tout temps, accompagné notre clientèle tout au long de leur vie. Nous continuons désormais en nous adaptant aux mode de vie qui ont changé". "Depuis 30 ans que l'on travaille dans le métier, on a les choses en main et si tout le travail de réflexion autour des marques a été compliqué à propos de notre site, on a compris une chose : c'est l'accueil finalement que l'on a voulu mettre en avant. Pour une maison de luxe, l'accueil et le service sont importants, et le site doit être le reflet de notre ADN. On a été particulièrement attentifs aux petits privilèges, aux petites attentions, et au rêve qui se dégage des pierres »


Un peu de fantaisie mais surtout le respect des bijoux et l'accueil

© Bracelet en céramique noire et galet or rose, 450€ / Bague en weirdium et or blanc non rhodié 1.975€

Si De Greef ne tient pas à se disperser et continue à travailler le diamant "qui fait 70% de notre CA", cela n'empêche pas toute fantaisie : certains bijoux sont réalisés en céramique par le créateur Demeglio et Arnaud Wittmann apprécie le travail de Dada Arigoni pour des pièces plus jeunes, plus estivales par exemple.

Autre nouveauté dans la continuité, les bijoux pour les hommes qui sont de plus en plus dans la tendance. Stars, chefs étoilés, managers : montres ou bagues, ils sont nombreux à arborer des bijoux, bracelets ou bagues ou bien sûr des montres. Imaginée par le designer de la joaillerie Arnaud Wittmann, la collection Men propose une déclinaison de bracelets en céramique noire mate.


170 ans en... 2 bijoux

Et ces 170 ans alors, cela se fête ! C'est là encore la qualité et l'exclusivité qui vont primer. Arnaud Wittmann a décidé de marquer cette longévité en réinventant un modèle phare dessiné il y a quelques années. Les croquis définitifs sont achevés depuis quelques semaines : un pendentif et une bague en grenat mandarin dessinés sur du papier velin. Les traits sont purs, les formes grandioses. "J'avais envie de marquer le coup avec de l'ambition et des pièces très bien réalisées", un coup d'éclat exclusif et éternel, plus qu'un éparpillement. L'image même de la maison finalement.


© De Greef