Mode et beauté

Ce 3 décembre, au Club de Lorraine, naguère encore aux Merode, on va vendre des bijoux uniques, belges et français, entre autres.


C'est à 16h que l'on vous proposera en face du Palais de Justice de Bruxelles une vente magnifique car dense et peuplée de choses rares. Si ce sont bien des bijoux à porter en broche, au poignet, au cou ou aux mains, ce sont aussi de véritables sculptures. Les créateurs sont belges ou français, espagnols ou américains du nord et ils sont artistes polyvalents. Ils affrontent le bijou presque comme un jeu, comme un peintre ferait une miniature, flirtant entre minuscule architecture et design à vivre au quotidien. C'est hardi, parfait, élégant sauf exception et c'est finalement peu cher quand on détaille le catalogue.

Celui-ci est en ligne sur le site de la salle de ventes de feu le compagnon d'Yves Saint Laurent. 256 lots sont à se disputer et il n'y a pas grand-chose sous les 600 €. Parfois cela monte jusque 10 000 ou 15 000 €, mais ce n'est pas fréquent. La plupart des objets proviennent de la collection de Nelly Van den Abbeele et ce furent des objets créés pour cette dame illustre du monde la mode. Cette riche personnalité collectionnait également les objets africains et océaniens et elle avait écrit un livre sur les coiffes du monde entier ou presque, avec Daniel Biebuyck en 1984. On vendit déjà une part de ses collections en 1999 et juin 2003 chez Christie's, à Paris.

Par ailleurs, Marjolaine Hanssens qui dirige le magnifique musée de l'orfèvrerie de Seneffe, a donné une conférence sur cette collection de bijoux ce 21 novembre. Ceci pour dire que ce sera un moment unique en son genre et que sur la place de Bruxelles on s'échauffe à l'idée de savoir ce que cette vacation va donner. Patrick Sigal (Ciel mes Bijoux), qui est sorti de la foire de Namur avec des pépites dans les yeux, nous disait : "Il y a tout simplement que la collection de Nelly Van den Abbeele est mythique. Les pièces de la collection ont été prêtées dans la plupart des expositions internationales consacrées aux bijoux depuis plus de quarante ans et représentent l’essence de la création belge d’après-guerre. On retrouve les oeuvres de Pierre Caille, Emile Souply, Vic Gentils, Félix Roulin et Jacques Moeschal et d'autres encore. La plupart de ces artistes ont réalisés des bijoux en pièces uniques pour Nelly Van den Abbeele".

C'est l'occasion de rappeler ici l'importance de l'Exposition universelle de 1958 et les changements formels qu'elle suscita chez les artistes. Avec en contrepoint l'importance de l'école d'orfèvrerie de Maredsous, véritable foyer de recherches plastiques. A la fin des années soixante la Flandre va créer un alter ego à Maredsous au sein de l'Académie d'Anvers. Et cela va foisonner sur l'ensemble de notre pays pendant plus de trente ans. Nelly Van den Abbeele était au centre de ces créations et elle s'en sépare pour les monter en épingle, pas seulement sur des costumes joliment portés mais pour que nos artistes soient mieux reconnus. Cette vente est donc un marche-pied et un événement culturel comme le fut la récente exposition à La Patinoire royale, à Bruxelles, "Sculpting Belgium", avec un grand nombre de ces mêmes sculpteurs qui là travaillaient en mode monumental.


Infos : Exposition de vendredi 18h30 à 21h, samedi de 10 à 19h, dimanche de 10 à 15h, 6, place Poelaert à Bruxelles. Tél. : 02. 504.80.30, Olivia Roussev.

Légende de la photo: Ce pendentif en or de Pierre Caille, "Polichinelle", 1970, est annoncé ce 3 décembre chez Bergé entre 2 000 et 3 000 €.