"Non aux retouches photo": une nouvelle tendance?

Stéphanie Carion Publié le - Mis à jour le

Mode et beauté Furax, le mannequin canadien Coco Rocha proteste contre sa photo en couverture du magazine Elle Brésil de ce mois de mai. La jeune femme y apparaît nue et recouverte d’étranges tatouages. Or, ces photos ont été prises alors qu’elle était vêtue d’un body sous une robe transparente. « Je suis très déçue que mes souhaits et mon contrat aient été ignorés. Je pense que tous les mannequins ont le droit d’établir des règles sur la manière dont elles sont prises en photo et dans mon cas, ces règles ont clairement été contournées », explique-t-elle sur son blog.

En Angleterre, le combat contre Photoshop fait rage avec pour première cible le poids des modèles. En quelques clics, ce logiciel permet en effet de gommer un ventre considéré comme « trop rond » et des hanches « larges ». Les dérives de cette mode ont d’ailleurs alimenté la polémique lorsque la marque London Fog a affiché une Gisèle Bünchen à demi nue exhibant un ventre plat alors qu’elle était enceinte de plusieurs mois. Même constat lorsque l’enseigne de cosmétique Olay a présenté le visage de Twiggy (âgée de 60 ans) sans la moindre ride.

On se souvient également de la retouche grossière d’une photo de Filippa Hamilton à ses dépens. La maison Ralph Lauren a diffusé un cliché sur lequel le mannequin franco-suédois apparaissait anormalement maigre. La jeune fille était extrêmement choquée, d’autant qu’elle aurait été licenciée pour son poids jugé trop important aux yeux du couturier.

Dernièrement, une ballerine de 14 ans, Julia Bluhm, a déposé une pétition dans les bureaux new-yorkais de la publication Seventeen. «Je voudrais voir des filles normales qui me ressemblent dans ce magazine qui est censé m’être destiné», a-t-elle écrit. Le papier a recueilli 48 000 signatures en quelques jours.

Si en Angleterre, les règles sont plus strictes en matière de publicités trompeuses, d’autres pays commencent à s’insurger contre ce fléau qui gomme l’identité et la féminité des femmes. On l’a vu, certains mannequins n’apprécient guère que leur image soit déformée par des logiciels informatiques. Cette année, le magazine Glamour a d’ailleurs annoncé qu’il communiquerait des consignes strictes à ses photographes. Désormais, ils devront s’abstenir de retoucher les clichés des mannequins qui ne le souhaitent pas. Malgré ces bonnes intentions, les dérives persistent dans la majorité des magazines féminins et pour bon nombre de marques. Mais, une nouvelle vague de plaintes voit le jour, ce qui est plutôt bon signe…

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