Mode et beauté

Nous avons rencontré Sarah et Steven pour tout savoir sur l’aventure Rivka, une histoire de famille qui mêle tradition, passion et ambition.


L’air de rien, le regard de Sarah et Steven, la trentaine décomplexée, en dit long. On y dénote de la complicité, de la satisfaction, mais aussi un brin de fatigue. Cela fait plus d’un an que le couple travaille d’arrache-pied pour faire d’un rêve – celui de créer leurs chaussures de A à Z – une réalité. Aujourd’hui, ils préparent déjà la collection printemps-été de Rivka, leur bébé. Le repos, ce n’est pas pour tout de suite, mais ils s’en moquent. Le jeu en vaut la chandelle.

De Molenbeek et la rue du Prado…

Rivka est avant tout une histoire familiale. « Rivka, c’est le prénom de mon arrière-grand-mère. À l’époque, elle travaillait dans un petit magasin de chaussures qu’elle avait ouvert à Molenbeek en 1936, rue du Prado », explique Steven, 36 ans. La passion se transmet de génération en génération. Le garçon est toujours fourré dans l'une des six boutiques de ses parents où il observe, il intègre, il apprend. Une école sans équivalent. Mais arrivé à l’âge adulte, Steven veut voir plus grand et revisiter cet héritage. Il veut ajouter son esprit créatif à l’équation. « Mes parents ne faisaient pas de design, c’était de purs commerçants. J’avais envie de partir dans une autre direction, de créer des chaussures à ma sauce », confie-t-il. Sarah, elle, n’hésite pas à lâcher un stage dans le droit pour l’épauler. À tout juste 30 ans, elle s’occupe, entre autres, de la promotion sur les réseaux sociaux de cette nouvelle marque uniquement en ligne. Une approche 2.0 que la famille de Steven a parfois du mal à cerner. De 1936 à 2018, de Molenbeek à Internet, Rivka c’est aussi une petite page de l’Histoire de la chaussure qui s’écrit.


Aux quatre coins de l’Europe

Le confort de la basket appliqué à des modèles intemporels pour homme et pour femme. Tel est le mot d’ordre de Rivka dès ses débuts. « Nous voulions rafraîchir les grands classiques en les rendant plus urbains, plus colorés », nous explique le couple qui propose des Derby rouge pétant ou encore des Chelsea boots bleu Klein. Le confort, lui, est garanti par une semelle moderne qui fait déjà référence dans l’industrie : la XL Lightweight. « C’est une mousse extrêmement légère et hyper résistante », détaille Steven. Et comme toutes les différentes parties des Rivka, elle est fabriquée en Europe. Si cette semelle provient d’Italie, le cuir intérieur nous vient d’Angleterre, et le cuir extérieur de France. Le tout est assemblé en Espagne. Résultat ? Une chaussure 100% cuir et 100% européenne, une dimension à laquelle Sarah précise être « très attachée » et que l’on retrouve à travers les shootings de la marque. Après Bruxelles, les photos de la nouvelle collection ont été faites à Paris, et Rome pourrait servir de décor à la suivante. Et qui dit Europe ne dit pas forcément hors de prix. Les modèles vont de 129 à 159 euros pour les plus chers.

© La nouvelle collection arrive en mars et elle a été photographiée dans les rues de Paris. - RIVKA/INSTAGRAM


Tournés vers l’avenir

Rivka, c’est aussi le pari d’une marque exclusivement en ligne. Un pari qui n’est pas sans risques, mais qui va dans le sens du vent. D’une part, cela permet d’éviter les intermédiaires entre Steven, Sarah et les clients, et donc de réduire certains coûts. Le but ? Proposer des prix compétitifs sans négliger la qualité. D’autre part, une partie des Belges – dont leur public cible – n’hésite plus à acheter sur un e-shop. « La vente en ligne est un tout autre métier », concède Steven habitué à gérer des magasins. « C’est une nouvelle aventure ». Si l’ouverture d’un magasin n’est pas à l'ordre du jour, l’idée n’est pas complètement écartée pour autant. Chaque chose en son temps. À l’heure actuelle, le couple de trentenaires est en train de recevoir une partie de leur nouvelle collection qui sera lancée au mois de mars. L’une de leurs résolutions pour l’année 2018 était de passer moins de temps sur leurs smartphones et leurs ordinateurs et plus de temps à créer. Il reste encore beaucoup de travail à abattre, mais Sarah et Steven sont déjà fiers du travail accompli jusqu’ici. Celui de se donner le moyen de leurs ambitions. Et ils auraient tort d’être mal dans leurs pompes. Vivement la suite.