Mode et beauté

Cela s'appelle du "blackfishing" : une façon de s'approprier les codes culurels et de style considérés comme "cool" de la communauté noire quand on est blanc. Une façon pour certaines influenceuses d'être suivies par plus de followers. Et la polméique autour de cela prend de l'ampleur.


Il y a le blackface, une tradition raciste renvoyant aux teribles heures de l'histoire et à la ségrégation raciale quand des comédiens ou hommes/femmes blancs se maquillaient en noir pour se moquer des Afro-Américains. Cette façon de colorer sa peau en noir pour les Blancs a valu des levées de boucliers encore récentes contre Antoine Griezmann autant que contre Gigi Hadid qui ont dû très vite s'excuser et rétro-pédaler en exprimant leur ignorance par rapport à la symbolique désastreuse du "déguisement en personne noire'".

Les codes du cool de la communauté noire

Mais de plus en plus, on parle de "blackfishing". Une pratique qui consiste pour des jeunes femmes non noires à adopter une peau foncée et tous les codes de la beauté et du cool adoptés par la communauté afro et notamment les artistes et les célébrités qui revendiquent leur couleur de peau avec succès sur les réseaux sociaux.

Par exemple, depuis quelques semaines, des posts tournent sans cesse sur les réseaux sociaux soupçonnant Ariana Grande de rendre sa peau de plus en plus caramel pour se rapprocher de la famille des artistes rap et Rn'B noirs.

Le blackfishing "c'est quand une personne qui n'est pas noire imite une personne noire sur Internet", explique une jeune femme noire, Fiona I Am, en vidéo. "C'est de la récupération culturelle" dit Pintsizenurse et "c'est injuste, car j'ai dû beaucoup me battre pour aimer ma peau alors que ces jeunes femmes peuvent tout enlever quand elle le veulent", exprime la youtubeuse The Blasian Barbie.

Une appropriation culturelle offensante

D'autres tweets s'indignent : "Le black est offensant. Ma couleur de peau n'est pas un look de maquillage que tu peux "essayer". ma culture n'est pas un costume", témoigne MRJSDDK, repris par le site Simone Media.

C'est la journaliste afro-américaine qui a pointé du doigt le problème sur Twitter en posant cette question et en écrivant une grande opinion sur le sujet : "Peut-on commencer à dénoncer toutes les filles blanches qui se déguisent en femmes noires sur Instagram ? Affichons-les parce que c'est alarmant". Les médias plus traditionnels ont suivi, expliquant cette tendance malsaine et mercantile puisque visant à attirer des followers dont le nombre se monnaye par la suite.


Une Suédoise prise en flag' ?

Dans la tourmente, on note cette jeune fille suédoise, Emma Hallberg, que l'on prend directement pour une métisse européenne et qui en fait est blanche.

La jeune influenceuse a utilisé une story instagram d'une dizaine de posts pour réfuter tout cela en expliquant qu'elle n'a pas utilisé du spray bronzant, de mélatonine, n'éa pas eu recours à des permanentes ou des injections labiales. Selon elle, les photos ont été prises "durant l'été 2016-2018. Voici comment ma peau bronze naturellement pendant l'été". Une story à voir ici. Au vu de ses photos, on peut quand même se poser des questions.

Elle n'est en tout cas pas la seule blogueuse, influenceuse et personne en vue des réseaux sociaux à surfer sur la tendance du "black is cool'... quand on est blanc.