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Elle joue une femme forte et ambitieuse dans la série Baron Noir qui vient d'entamer sa deuxième saison. Tourne en ce moment même avec Matthias Schoenaerts avant d'embrayer avec Fabrice Lucchini et Camille Cottin. L'actrice belge Astrid Whettnall a carrément le vent en poupe en 2018.


Elle aimerait tourner avec Jane Campion, Céline Sciamma, Fien Troch. Elle a été totalement touchée par "Three Billboards" mais aussi "King of the Belgians" ou encore "Noces" de Stefan Streker, des réalisatrices et des films forts et très différents les un(e)s des autres. A son image : Astrid Whettnall, actrice enthousiaste et généreuse adore toucher à tout, au théâtre, au cinéma comme dans la vie. Une vie qu'elle partage avec sa famille à Bruxelles.

Le cinéma belge la connaît et la reconnaît (elle a reçu l'an passé le Magritte de la meilleure actrice pour "La route d'Istanbul"), et la France monte depuis quelques années au créneau. On comprend : sa légèreté, sa beauté élégante et lumineuse, sa bonne humeur communicative et un contact "à la belge" doivent faire mouche à Paris ! Elle, ne tire pas de plans sur la comète, ne rêve pas de carrière loin des siens et se concentre sur ses projets à venir, qu'elle a nombreux.

Mais avant d'en parler, Astrid Whettnall, les yeux brillants parle "séries". Celles qu'elle regarde, françaises ou américaines : "Quand on tourne, on attend pas mal et l'on n'est pas chez soi... Alors je regarde des séries comme autant de pépites, ça tient en haleine, c'est plein d'adrénaline, c'est bon pour mon jeu et ça change des livres ! J'en ai vues énormément".


Baron Noir, des rôles denses pour les actrices comme les acteurs


La sienne, c'est Baron Noir, dont la 2e saison, efficace, vient de débuter sur Canal+. Elle y incarne une femme forte, l'ambitieuse Véronique Bosso, première adjointe au maire de Dunkerque qui va mener loin sa carrière pour devenir conseillère de Amélie Dorendeu (Anna Mouglalis) amenée à devenir Présidente de la République.

L'un des atouts de la série pour Astrid Whettnall c'est cette égale densité dans les rôles masculins et féminins qu'elle a tout de suite ressentie : "C'est rare que les hommes et les femmes aient effectivement autant de poids. Ils ont la même capacité au travail, ils sont aussi riches et aussi complexes, ce sont des animaux politiques et des êtres humains à part entière. C'est d'autant plus remarquable que cela fait 4 ou 5 ans que les scénaristes ont commencé à bosser sur cette série. On est bien loin de l'image tellement vue et revue de la femme se tournant vers l'homme en disant « Il y a un problème, qu'est-ce qu'on fait ». Ils ont travaillé sur des personnages féminins, pas des faire-valoir", souligne Astrid Whettnall pour qui la saison 2 tombe d'autant mieux en ce moment, après le scandale Weinstein et la libération de la parole des femmes au travers de #MeToo notamment.


Une série qui a changé sa façon de voir la politique

Elle a pourtant failli ne pas faire partie du casting. Deux jours avant de commencer à tourner "La Route d'Istanbul" de Rachid Bouchareb, Ziad Doueri, le réalisateur de Baron Noir qui connaît son travail, l'appelle pour travailler quelques séquences de sa nouvelle série, parce que le personnage est encore flou. "Il me dit que le rôle n'est pas pour moi et j'arrive relax... Mais l'équipe m'appellera quelques jours plus tard pour me proposer le rôle de Véronique Bosso !"

Astrid Whettnall accepte tout de suite. "J'avais reçu le scénario des deux premiers épisodes. C'était super bien écrit autour de personnages complexes, avec des dialogues efficaces, une montée d'adrénaline, que je ressentais même à la lecture ! J'ai senti directement la qualité de la série".

Depuis, Astrid Whettnall a changé sa façon de voir la politique. "Cette série a éveillé ma conscience au politique mais dans le même temps, on parle d'hommes, de passions, d'idéaux, c'est l'être humain dans sa splendeur et ses compromissions".


Les femmes, le désir et le cinéma

La lourdeur, le harcèlement, les gestes déplacés, les a-t-elle vécus dans le cinéma belge ? Astrid Whettnall s'anime là encore : "J'ai eu de la chance. Et j'ai aussi fait beaucoup de théâtre, là où les rôles féminins au-delà de l'image du désir ont toujours existé. J'ai commencé tard finalement ma carrière dans le cinéma avec Vincent Lannoo et « Au nom du fils » et je n'ai jamais vécu quoi que ce soit de déplacé."

Mais au-delà de son cas personnel, elle est attentive à tous les progrès dans l'égalité hommes/femmes. "Les métiers du cinéma ont été dans la lumière parce que par définition, ils font rêver, qu'il y a un rapport très fort au désir et que tout est parti de l'affaire Weinstein. Simone de Beauvoir disait « La femme sera l'égale de l'homme quand elle sera universellement l'égale de l'homme », on en est encore loin mais c'est ensemble qu'on y arrivera. Et en travaillant sur les représentations féminines, notamment dans le cinéma."


Des films avec Matthias Scoenaerts, Fabrice Lucchini et Camille Cottin

Elle vient de finir le tournage de « Territoires » de David Oelhoffen avec Matthias Schoenaerts et Reda Kateb notamment. Et a commencé début mars celui de Rémi Besançon avec Fabrice Lucchini et Camille Cottin. "C'est l'adaptation du livre de David Foenkinos « Le mystère Henri Pick », qui se passe dans le milieu de l'édition parisienne. J'y joue le rôle d'Inès de Cressy, la directrice de Gallimard, une femme brillamment intelligente dans un milieu plutôt machiste. C'est une comédie très enlevée avec du suspense", décrit-elle.

Elle enchaînera ensuite un film pour Arte « Tout contre elle » de Gabriel Lebomain, "Un drame où là aussi j'incarne une femme forte qui, à cause d'un moment de faiblesse, va voir sa vie transformée... en cauchemar !"

Et c'est début 2019 que reprendra le tournage de la saison 3 de "Baron Noir".