People L’actrice a refusé de faire partie des votants de l’Académie. Elle s’explique…

Le moins qu’on puisse écrire, c’est qu’elle n’est pas contente, Emmanuelle Seigner. Mais alors, pas contente du tout. Et elle entend bien le faire savoir, en publiant une lettre ouverte dans le Journal du Dimanche.

En cause ? L’invitation que l’actrice a reçue pour devenir - comme 927 autres personnalités internationales - membre de l’Académie des arts et des sciences du cinéma, et de rejoindre le collège des votants aux Oscars.

"Cette Académie pense probablement que je suis une actrice suffisamment arriviste, sans caractère, pour oublier qu’elle est mariée depuis 29 ans avec l’un des plus grands metteurs en scène. Je l’aime, c’est mon époux, le père de mes enfants", s’insurge-t-elle dans le JDD. "Roman Polanski a donné naissance à des personnages féminins inoubliables interprétés par Sharon Tate, Catherine Deneuve, Mia Farrow, Faye Dunaway, Nastassja Kinski, Sigourney Weaver. Et l’Académie des Oscars voudrait que je me désolidarise de cet homme ?"

Féministe ? Évidemment

Car, pour rappel, le 3 mai dernier, cette même académie avait exclu Roman Polanski, le mari d’Emmanuelle Seigner depuis 1989. "L’Académie américaine des arts et des sciences du cinéma me propose de la rejoindre, en compagnie d’autres actrices, au nom d’une féminisation par ailleurs nécessaire. Qui peut croire que je ne me sente pas concernée par l’égalité des femmes et des hommes ?", écrit-elle encore.

Mais elle ajoute : "Féministe, je le suis depuis toujours, mais comment puis-je faire semblant d’ignorer que l’Académie, il y a quelques semaines, a mis à la porte mon mari, Roman Polanski, pour satisfaire l’air du temps. La même Académie l’avait récompensé de l’Oscar du meilleur réalisateur pour Le Pianiste en 2003. Curieuse amnésie."

Et de conclure : "Roman n’est en rien cette caricature machiste, symptôme du mal qui ravagerait le cinéma."