People

L’actrice française s’est confiée dans Les Inrocks.


« Rêver pour survivre ». Isabelle Adjani le dit elle-même : devenir actrice lui a servi d’échappatoire. Un moyen de fuir un père très dur et une mère autoritaire.

L'histoire d'une "prise d'otage"

Ancien garagiste, Mohammed Chérif Adjani a rencontré la mère de l’actrice durant la Seconde Guerre mondiale, en Allemagne. Une rencontre qu’Isabelle compare plus à une prise d’otage qu’à un conte de fées. « Elle a été emmenée, presque enlevée, quand elle avait 25, par mon père qui en avait 18. Ils étaient très beaux. Elle avait déjà deux petits enfants. Il l’a convaincue de le suivre, s‘est fait menaçant pour arriver à ses fins. Elle était une otage, une otage qui n’a pas pu pardonner à son ravisseur », confie-t-elle.

Le cinéma comme bouée de sauvetage

Plus tard, Emma Schweinberger interdit tout à sa fille, de la danse à la musique. Pour Isabelle Adjani, sa mère lui fait payer son mal-être. « Elle n’avait pas réussi sa vie de femme, elle ne devait pas trouver juste que je réussisse la mienne », estime-t-elle. Le cinéma deviendra donc une bouée de sauvetage pour l’actrice. « J’ai vite compris que j’étais en danger. J’ai ressenti que j’allais m’enfuir par le théâtre, la littérature. Et j’ai continué à croire qu’il fallait rêver pour survivre ».

"Une effraction incroyable"

Cette voie, son père a beaucoup de mal à l’accepter. Isabelle Adjani explique que, pour lui, c’était une « effraction incroyable ». L’ancien militaire n’a jamais supporté que les regards que les autres, notamment les hommes, posent sur sa fille. « Tout au long de mon enfance et de mon adolescence, il m’a demandé de baisser les yeux devant les hommes, de ne pas me faire remarquer, de ne pas montrer ce que je ressentais ». C’est le cinéma qui lui a permis de garder la tête haute.