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Restée à New York depuis l'investiture de son mari, Melania Trump s'apprête à rejoindre le président américain à Washington avec leur fils Barron, des retrouvailles qui mettent fin à une situation inédite dans l'histoire des Etats-Unis.

Selon plusieurs médias américains, l'ancien mannequin d'origine slovène devrait quitter la Trump Tower la semaine prochaine pour la Maison Blanche, qu'elle a déjà faite redécorer selon ses goûts par la designer d'origine laotienne Tham Kannalikham.

Officiellement, elle était, jusqu'ici, demeurée à New York le temps que Barron, 11 ans, termine son CM2 (fifth grade) au sein de la Columbia Grammar and Preparatory School, un établissement huppé de l'Upper West Side, à Manhattan. Jamais dans l'histoire récente des Etats-Unis une Première dame n'avait laissé son époux emménager seul à la Maison Blanche.

L'installation de Melania Trump pourrait contribuer à offrir au couple présidentiel une image plus conforme à la tradition américaine, alors que Donald Trump, selon plusieurs médias, passait jusqu'ici beaucoup de temps seul dans ses appartements. L'occasion aussi de détourner, ne serait-ce que quelques heures, l'attention du scandale des relations entre son équipe de campagne et la Russie, dans lequel le président est plus que jamais empêtré.

Pour autant, de l'avis général, ce rapprochement ne devrait pas renforcer sensiblement la visibilité de la Première dame, volontairement en retrait de la vie publique et peu vue aux côtés du président depuis son entrée en fonction. "Elle donne l'impression de ne pas être intéressée par le travail d'une Première dame", avait estimé, dans un éditorial publié par le New York Times, l'écrivaine Jennifer Weiner.

Quelques interventions policées dans le cadre d'événements institutionnels, une visite d'hôpital à Bruxelles ou Jérusalem, celle qui naquit sous le nom de Melanija Knavs il y a 47 ans limite ses apparitions.

Son compte Twitter officiel se résume à des messages de remerciements et à une poignée de phrases saluant le rôle des femmes, quand son mari, via le même canal, fait feu de tout bois.


Quelle grande cause pour Melania ? 

La Première dame a davantage fait réagir, jusqu'ici, les réseaux sociaux par ses choix vestimentaires, quasi-unanimement salués pour leur élégance et un mélange inspiré de classicisme et de modernité.

Faute de pouvoir se raccrocher à ses déclarations, ses prises de position ou ses décisions, le monde en est réduit à gloser sur le désormais fameux "Hand Swat", qui a vu Melania Trump écarter la main tendue de son mari lors de l'arrivée du couple en Israël, fin mai, un geste censé illustrer la fraîcheur de leur relation. Une fois à Washington, la Première dame va-t-elle s'atteler à une grande cause, comme l'ont fait beaucoup de celles qui l'ont précédée?

Lors d'un discours de campagne, début novembre en Pennsylvanie, elle avait indiqué vouloir contribuer à la lutte contre le harcèlement des enfants, en particulier le cyber-harcèlement, sans formuler de propositions précises. Selon le magazine "Vanity Fair", l'administration Trump aurait reçu des propositions pour constituer un groupe de travail sur le sujet, restées sans réponse. Dans ce portrait, paru en mai, ostensiblement à charge de Melania Trump, plusieurs témoins dépeignent une femme que rien ne passionne hormis son fils et son apparence.

Le fait de succéder à Michelle Obama, très présente dans l'arène publique durant les huit années de présidence de son mari, souligne encore davantage son effacement. La première Première dame noire de l'histoire des Etats-Unis a milité inlassablement pour quelques grandes causes, principalement l'éducation diététique, l'exercice physique et l'émancipation des femmes. Une photo de Michelle Obama souriante, en pleine séance de gym avec des enfants, orne d'ailleurs encore les couloirs de la Maison Blanche. "La seule chose qu'ait faite Melania Trump contre le cyber-harcèlement a été pour elle-même", ironise Cheri Jacobus, qui travaille sur la stratégie du parti républicain, dans l'article de "Vanity Fair".

Mi-avril, la Première dame a ainsi obtenu, devant la justice, des excuses ainsi que des dommages et intérêts du quotidien britannique Daily Mail, qui avait affirmé, sans preuve, dans un article, qu'elle avait été escort-girl durant les années 90.