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A 13 ans, cette jeune Britannique est passée de l’ombre à la lumière grâce à “Stranger Things” la série fantastico-horrifique de “Netflix” qui rassemble des millions de fans. Millie qui joue Eleven dans le show nous explique en quoi la notoriété a bouleversé son quotidien. Elle analyse aussi le succès tournant autour de cette histoire très années 80.


A quel moment précis, avez-vous compris que “Stranger things” n’était pas une série comme les autres et qu’elle allait connaître un tel succès ?

Je m’en souviens précisément. C’était un 15 juillet. J’étais à bord d’une voiture entre le Lake Tahoe et San Diego ! La série venait juste d’être programmée par Netflix. Par curiosité, j’ai jeté un coup d’oeil sur mon compte Instagram. Juste avant d’être au générique de “Stranger things”, j’avais 24 followers à tout casser. Trois mois plus tard, j’atteignais les 2 millions. Et ça continue de grimper, c'est incroyable. J’ai le sentiment d’être dans une espèce de tourbillon. Tout est allé si vite.


Trop vite ?

Pas du tout ! C’est vraiment super excitant ce qui m’arrive ! Maintenant c’est clair que ma vie ne ressemble plus à celle d’avant. Aujourd’hui, les gens retiennent mon nom alors qu’avant il fallait que je le répète plusieurs fois ! Il y a aussi une espèce de folie qui anime certains fans quand ils me croisent. A part ça, mon emploi du temps est bourré à craquer. Mais je ne me plains pas. J’aime le métier d’actrice et le fait de tourner dans “Stranger Things” me donne une visibilité extraordinaire aux quatre coins du monde. Quand je vois la série à la télé, je me vois grandir. C’est assez étrange comme impression...

© Production
Cheveux rasés, regard déterminé, Millie est Eleven dans Stranger Things.


Et vos camarades à l’école, ils ne sont pas trop jaloux de votre notoriété foudroyante ?

Je fais l’école à la maison depuis quatre ans. Je n’ai donc pas trop d’amis. Ce qui ne me pose aucun problème, je vous rassure ! Mes amis, ce sont les acteurs et actrices avec qui je tourne “Stranger Things”. Je n’ai besoin de personne d’autre.


Il paraît que sur le set, vous n’arrêtez pas de vous faire des blagues entre vous ?

Pas qu’entre nous vous savez ! Récemment, nous avons fait une blague au téléphone dont nous ne sommes pas très fiers. Nous avons appelé notre costume designer, dans “Stranger things” pour lui annoncer que son mariage avait été annulé. Elle devait convoler en effet dans les jours à venir. On croyait qu’elle allait nous dire: “Bien joué ! Mais je n’y ai pas cru ! ”. Le souci, c’est qu’elle a gobé notre histoire. Elle a commencé à s’énerver à l’autre bout de la ligne. Et là; on lui a demandé de patienter en écoutant de la musique. Visiblement, cela ne l’a pas fait sourire du tout. Nous nous sommes donc excusés. Il faut croire qu’elle était très remontée après ce coup pendable car elle a refusé de nous parler pendant deux jours ! (Rires)

© Reporters
 Millie Bobbie Brown n'a que 13 ans et semble beaucoup, beaucoup plus âgée sur les tapis rouges. Comme ici suite au lancement de la deuxième saison de Stranger Things. Ce qui a récemment relancé le débat sur les enfants acteurs et leur hypersexualisation à des fins marketing.


Stranger things” se déroule dans les années 80. C’est une époque que vous n’avez pas connu puisque vous n’étiez pas née. Pour autant, en faisant vos recherches qu’aimez-vous ou que n’aimez vous pas à propos des eighties ?

Déjà dans les années 80, il n’y avait pas de smartphone. C’était mieux dans la mesure où on devait être moins dépendant à un écran. D’un autre côté, on n'avait pas les réseaux sociaux et cette ouverture sur le monde. Ou ces accès à tous types d’informations. Il n’y avait pas non plus cette technologie Bluetooth. Quand vous vouliez écouter de la musique, il fallait mettre une cassette dans un lecteur ou mettre un disque. Finalement, c’était beaucoup plus simple aujourd'hui. Pas de réglages à faire ! Ce que je n’aime pas en revanche, c’est ce qu’on appelait la Guerre Froide. Nous portons également sur le set des fringues des années 80 que je trouve mal coupées. Et ces coupes de cheveux... Pas du tout structurées !

© Reporters et DR
Millie Bobbie Brown a commencé sa carrière à 12 ans, comme Natalie Portman. Aura-t-elle le même parcours ?


Pourquoi le show cartonne selon vous ?

Parce qu’il rappelle une époque que nos parents ont vécu. L’époque des “Gremlins”, des “Goonies”, de “E.T” etc. “Stranger things” est une série qui fait le lien, la jonction entre nos parents qui avaient notre âge dans les années 80 et puis nous qui n’avons pas connu ces temps-là. Mais dont on nous parle souvent. Quand je voyage avec mes parents, ils me disent “Tiens, écoute cette chanson ! C’était notre préférée quand on avait 12/13 ans !”.

L’autre truc qui fédère, c’est cette idée d’une bande de gamins qui vit une aventure hallucinante ensemble. Que l’on soit né dans les années 80 ou dans les années 2000, on aime bien se retrouver entre amis et vivre des trucs dingues. Enfin, il y a cette dimension fantastique, ce suspense, ces choses surprenantes qui peuvent arriver à tout instant et ça, il n’y a pas d’âge quand il s’agit de sursauter dans son fauteuil!


Jouons un peu sur le titre de la série si vous le voulez bien. Qu’elle est la chose la plus étrange que vous ayez vécu récemment ?

C’est une rencontre avec Leonardo DiCaprio. On me l’avait présenté. J’étais en transe. Quand je lui ai dit que j’étais fan de “Titanic” et de tout ces autres films, il m’a répondu: “Eh bien moi, j’adore ta série !”. J’étais sur un petit nuage. Puis, avec le recul, je me suis dit qu’il avait peut-être dit ça pour être poli. Jusqu’à ce que je réalise que rien ne l’y obligeait après tout...

© Reporters
L'équipe au complet des jeunes de la série à succès.


Vous avez remporté au SAG (Screen Actors Guild), un prix d’interprétation en même temps que Winona Ryder. Winona a commencé comme vous très jeune sa carrière d’actrice. C’était comment de travailler avec elle ?

C’est une personne incroyable ! Comme une seconde maman pour moi. Elle me donne toujours de bons conseils. Quand je ne sais pas tourner telle ou telle scène, elle m’explique comment l’appréhender et l’aborder. Un jour, par exemple, j’ai eu une crise de hoquet. C’était vraiment embarrassant. Je ne savais pas comment m’en débarrasser. A ses débuts, Winona avait souffert aussi de crises de hoquet. Cela doit être nerveux. Bref, à travers moi, elle s’est rappelée de son adolescence. C’est vraiment un honneur et un privilège que de travailler avec une femme ayant eu tel parcours.


Après “Stranger Things”… a « bigger thing”, vous attend? Vous serez à l’affiche du prochain “Godzilla”…

Je n’ai rien droit de vous dire. Si je vous dis quoique se soit, la bête risque de me manger toute crue ! (Rires)