People Ce jeudi, le tribunal de Nanterre devrait examiner le référé des enfants de Johnny Hallyday, David et Laura. Ces derniers espèrent obtenir un droit de regard sur l'album posthume de leur père, Je te promets.

L'ambition des enfants n'est pas d'obtenir de l'argent mais bien de "veiller au respect et à l'intégrité" de l'oeuvre de Johnny. Interrogé par le Huffington Post, Maître Matthieu Juglar, avocat à Paris, abonde en ce sens. "S'ils l'obtiennent, les enfants du chanteur pourront s'assurer que l'œuvre respecte bien la volonté de leur père, qu'elle n'est pas modifiée, tronquée, dénaturée -notamment au montage/mixage etc.-, que son nom y est bien associé. Que rien ne trahit sa personne." En cause, le guitariste Robin Le Mesurier a, par exemple, participé aux derniers arrangements de l'album en refaisant certaines parties à la guitare. Comme la direction artistique est assurée par Laeticia herself et la direction musicale par Yarol Poupaud, la démarche a pour unique objectif de se rassurer sur le rendu final.

Dans la lettre envoyée à Laeticia, l'avocat qui représente David et Laura avait déjà tenu à rassurer sur les intentions de ses clients. "Le respect de l'oeuvre de leur père est primordial aux yeux de Laura Smet et de son frère (...) Il ne s'agit en aucun cas pour eux d'interdire la sortie de cet album auquel ils sont très attachés. Johnny Hallyday avait d'ailleurs fait écouter les premiers enregistrements bruts de quelques titres à sa fille en octobre dernier. Mais ils veulent pouvoir écouter le produit fini afin de s'assurer du respect de l'intégrité artistique de leur père."

Une lettre qui avait été très peu goûtée par la principale intéressée, comme le révélait Sept à Huit. "Cette requête, assor­tie d'un délai de 48 heures pour s'exé­cu­ter, prend le ton d'une mise en demeure. Je n'en­tends pas accé­der à cette injonc­tion qui n'est pas fondée."

Le rôle du tribunal de Nanterre dans cette affaire sera de déterminer si ce droit de regard doit être pris en compte selon la juridiction américaine ou française. Dans le second cas de figure, il est possible pour les enfants Hallyday d'obtenir gain de cause.

Possible report de l'audience

Le premier round judiciaire sur l'héritage de Johnny Hallyday pourrait être reporté: David Hallyday et Laura Smet devaient réclamer jeudi au tribunal de Nanterre un droit de regard sur l'album posthume de leur père ainsi que le gel de son patrimoine, mais le fils du rockeur a demandé le renvoi de l'audience.

Depuis plusieurs semaines, la guerre est officiellement ouverte entre les deux aînés de la star et sa veuve Laeticia, devenue l'unique bénéficiaire de l'ensemble du patrimoine et des droits d'auteurs de la légende du rock français, décédée le 6 décembre à l'âge de 74 ans.

C'est Laura Smet qui a lancé l'offensive judiciaire le 12 février. "J'ai choisi de me battre", confiait alors la fille de Nathalie Baye dans un courrier à l'AFP, rejoint dans sa démarche par son demi-frère David, fils de Sylvie Vartan.

Les deux aînés ont déposé un recours sur le fond devant la justice française pour contester les modalités de succession de leur père, rédigées en Californie. Ils estiment que son testament les "déshérite", ce qui est interdit en droit français, et demandent "que la succession soit soumise aux règles de dévolution légales" en France. Aucune date n'a pour l'instant été fixée pour l'examen de ce volet de l'affaire, qui pourrait prendre des mois, voire des années.

En attendant, Laura Smet et David Hallyday ont saisi en référé (procédure d'urgence) le tribunal de grande instance de Nanterre pour qu'il se prononce sur un projet d'album posthume de leur père dont la sortie était prévue courant 2018.