Psycho et bien-être Joie, peine, peur, colère : nos émotions influent sur notre vie, à l’œuvre lorsque nous décidons, résolvons, conversons, séduisons… Décharges d’énergie, elles sont un facteur déterminant de l’épanouissement. Et méritent que l’on en prenne soin. Sans se laisser envahir.

1 Enrichir son vocabulaire émotionnel

Clarifier ce qui se passe en vous vous aidera à bien le verbaliser. "Ce n’est pas pareil de dire ‘Je vais mal’, que de dire ‘Je suis agacée, déçue, irritée, exaspérée, écœurée’ expose la coach Latifa Gallo. Ni de s’exclamer ‘C’est génial, je suis aux anges’ , alors que vous êtes seulement content. Plus le mot sera précis et juste, mieux l’entourage sera apte à vous écouter et à vous comprendre." Notre langue recèle une large palette de substantifs pour caractériser un ressenti dans toutes ses nuances. Relisez des romans, piochez des listes d’émotions sur le Web. Petit exercice : sur une feuille blanche, souvenez-vous d’une expérience récente, qui vous a perturbé : quels étaient vos pensées, vos émois, vos troubles ? Écrivez-les, sans vous refréner.

2 Accueillir et accepter ses sentiments

"Pas de quoi se fâcher", "Arrête de pleurnicher", "N’aie pas peur"… Ces phrases sont autant d’interdits à exprimer sa sensibilité. "Les émotions sont pourtant nos alliées, même si elles nous font souffrir, parce qu’elles nous indiquent des besoins insatisfaits", souligne Latifa Gallo. Un besoin d’être réconforté (tristesse, peur, jalousie), d’obtenir un changement (colère, honte), de partager (joie) ou d’être respecté (dégoût)… Elles nous donnent la direction. Pourquoi les étouffer sous prétexte de convention sociale ? Vous avez le droit de pleurer, de trembler… Pour les apprivoiser, faites-en le portrait chinois : si votre émotion était un animal, ce serait… une couleur… une odeur…

3 Détecter ses émotions cachées

Son garçon a failli se faire renverser par une voiture alors qu’il courait la rejoindre. Olivia l’a grondé en hurlant : "Tu ne dois pas courir comme ça…" Et la gifle part ! De fait, cette mère a manifesté de la colère, plutôt que sa terreur. L’émotion première - la peur - a été supplantée par la seconde - la fureur -, mécanisme que les psys nomment "racket émotionnel". "L’émotion exprimée est alors disproportionnée", relève Céline Peres-Court, psychologue et consultante-experte auprès de Cegos, un organisme de formation professionnelle. "Tout comme l’émotion élastique , liée à une situation non traitée du passé, et qui revient dans une situation similaire du présent." Nul chef, nul conjoint, nul ami, qui se retrouve face à vous, ne peut deviner que cette crise de larmes ou ce fou rire déplacés viennent de loin. La solution : l’expliquer. Et si tout ne peut pas se raconter, l’émotion-racine peut être dite. Listez les émotions qui vous traversent durant une journée : quelle est celle que vous dévoilez le plus et celle que vous dévoilez le moins ? La seconde est l’authentique.

4 Observer les autres

Les messages que nous envoyons, verbaux ou non verbaux, ont un impact émotionnel sur l’entourage. Mieux vaut le discerner afin de rester en phase ou d’éviter d’abîmer la relation quand l’autre ne sait pas exprimer son ressenti, ou l’exprime mal, créant des malentendus. "Ses réactions, positives ou non, à un propos, une attitude, se voient dans sa gestuelle", ajoute Céline Peres-Court, "car les émotions se manifestent physiquement." D’où l’intérêt de savoir lire le langage corporel d’autrui en vue de se réajuster. Les bras croisés, le recroquevillement sont signe de fermeture : Vous agacez ? Vous vous trompez ? A contrario le dos redressé, les bras ouverts sont signe de bien-être : Vous faites plaisir ? Vous satisfaites une attente ? Exercez-vous à ce décryptage avec des gens de confiance. Peu à peu, cela deviendra naturel.

5 Multiplier les occasions de vivre du positif

Chez Jean et Marie, les week-ends étaient un enfer. Entre les courses, les repas à préparer, le ménage à faire, le rapport à finir, les partiels de l’aîné, les jeux avec les petits… tout le monde se disputait. Le couple a donc pris une décision : organiser des dimanches libres. "Ce jour-là, chacun - parent et enfant - agit à sa guise, se sert dans le frigo à l’heure qu’il veut, passe l’aspirateur ou non, s’isole dans sa chambre ou discute dans le salon. Au total, s’improvisent de vrais moments de plaisir partagé", raconte Céline Peres-Court qui relaie ce témoignage. Dès lors qu’il n’y a pas de portée émotionnelle pour vous ou les autres, vous pouvez lâcher prise sur des contraintes matérielles (horaires, aspirateur, smartphone), et positiver.