Psycho et bien-être L'enquête de Medor fait grand bruit : selon le magazine trimestriel, les Belges de moins de 50 ans boivent trop d'alcool et n'agissent pourtant pas pour y changer quelque chose. Même si les 2590 répondants à l'appel lancé par le magazine ne sont pas représentatifs de la population (ils sont essentiellement âgés de 20 à 49 ans et avec un niveau de diplôme supérieur à la moyenne belge).


Cette catégorie de la population boit plus que la moyenne, en termes de régularité, pointe Médor. "Seuls 5,93% (des sondés) déclarent ne jamais boire d'alcool, alors que 18% des Belges n'ont rien bu au cours des 12 derniers mois." Les constats ne valent ainsi que pour cette partie de la Belgique.

La majorité (52%) pense que l'on peut réussir sa vie sociale sans boire. Néanmoins, 32% estiment que ce serait difficile. L'alcool festif, l'apéro entre amis, le petit verre pour se détendre après une journée de boulot sont des pièges redoutables. Comment faire alors si on veut calmer le jeu sans pour autant renoncer à sa vie sociale ?

Nous avions demandé à Carine Laforêt, life coach et nutritionniste, avant l'opération Tournée Minérale de faire le tour des écueils concernant sa consommation d'alcool et ce que l'on peut faire pour les éviter. Cette spécialiste "aide la personne dans sa globalité et le rapport à l'alcool en fait partie", pointe-t-elle.


Alcool = sucre

Le sucre est une drogue, lâche-t-elle rapidement, plus on en prend, plus on en veut. Or, il suffit de trois jours sans sucre pour que l'organisme soit sevré. Ensuite, on se persuade qu'on ne peut pas s'en passer psychologiquement. Or, l'alcool est bourré de sucres, de glucides. Ce qui a des incidences sur l'organisme et la santé, c'est à voir ici .

Donc en vous passant un mois d'alcool, à régime alimentaire égal, vous maigrirez, c'est obligé !

Carine Laforêt conseille de faire un bilan de sa consommation hebdomadaire et de son rapport à l'alcool. Le mieux est même d'écrire dans un carnet ce que l'on pense consommer, là où se situent nos faiblesses : si on a l'alcool social, ce sera difficile de se retenir de boire quand on est en groupe par exemple. Imaginez-vous déjà dans ce type de moment et voyez, au calme ce que vous pouvez faire : boire une eau, oser demander un beau verre pour boire un soda, ressentir le plaisir d'un thé.


Un verre le soir à la maison

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Un des moments les plus difficiles à gérer pour beaucoup sera le petit verre le soir quand on rentre à la maison. "On vit tous dans un certain état de stress, on est tous fatigués à la fin d'une journée. Or, une fois rentré, voici notre deuxième job : s'occuper des enfants, faire à manger, ranger, ... bref, s'occuper de tout sauf de soi. On n'a pas le temps de se faire du bien en prenant du temps dans la salle de bains ou en faisant du sport, le plus facile, c'est grignoter quelque chose et accompagner cela d'un verre de vin ou d'une bière, histoire de se détendre : on est moins dans le contrôle ce qui fait du bien à court terme et l'effet sympathique de l'alcool fait son oeuvre."

>> Essayez de conscientiser ce moment pour ne pas vous laisser porter par l'habitude. Et buvez ! Mais un verre d'eau, de jus... Prenez votre plus beau verre à vin et soyez créatif. Mettez-y plein de glaçons pour vous faire un long drink et remplissez de jus de tomate avec du sel de céleri et un bâton de céleri, une eau pétillante avec des tranches de citron vert.

>> Vous aimez les sodas light ? "Même si je ne suis pas pour, mieux vaut vous faire plaisir de toute façon d'une autre manière que de craquer pour un verre de vin ! Rendez votre verre festif avec beaucoup de tralala Ne rompez pas le passage de la journée à la soirée mais faites-en autre chose".


Un apéro entre amis

Le vendredi, c'est apéro avec le bureau. Ou avec les amis. Et samedi, on remet ça avant un bon dîner. C'est convivial, c'est festif et la tentation sera grande de faire "comme tout le monde" et de prendre un verre voire deux ou trois pour trinquer à la semaine finie, ou accompagner un bon repas.

>> Pour éviter d'écouter les autres, dites-vous que vousne buvez pas de verre ce soir pour vous et vous seu l, prenez conscience du bien-être que cela va apporter à votre corps, respirez. Dites-vous aussi que vous n'êtes pas obligé de suivre le comportement de la majorité.


Une sortie au resto

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En duo au resto, voilà un moment redoutable si votre partenaire prend un verre alors que vous avez décidé d'y renoncer cette fois-là.

>> Portez votre attention sur la nourriture, n'hésitez pas à demander là aussi un grand verre rempli de glaçon avec du citron, de la menthe. C'est agréable de boire un belle boisson. Parlez de votre volonté de moins boire, soutenez-vous en en parlant pour contrer les petites remarques, même amusantes mais qui peuvent être insidieuses.


Un cocktail, un événement professionnel

Dites-vous bien que ce n'est pas dans les grands événements que sont servies les meilleures bouteilles !

>> Un verre en main, c'est ce qui compte pour se donner une contenance dans ces cas-là. Alors optez pour un jus ou demandez de l'eau, c'est encore mieux ! L'alcool des autres aidant, vous apprendrez même des choses utiles. Et le lendemain, vous serez frais/fraîche comme un gardon et fier/fière comme un paon.


On est à deux doigts de craquer ?

On prend cinq minutes chrono pour réfléchir en respirant consciemment.

On s'imagine victorieux chez soi, après avoir réussi à vaincre l'envie, à la fierté qui va nous emplir. C'est un sentiment de plénitude qui fait du bien d'avoir résisté !

On le note pour la prochaine fois : pourquoi on a failli craquer, qu'est-ce qui a provoqué l'envie plus forte qu'une autre ?

Soyez dans l'activité, ne vous posez pas en attendant que ça passe, ne continuez pas à faire ce que vous faisiez.

Enfin, prenez un verre, mettez-y des glaçons, remplissez le de ce que vous aimez outre l'alcool, faites tinter, portez-le à la bouche : ces gestes habituels donneront le change à votre cerveau qui réclame et vous, vous conscientiserez vos actes.


On craque ?

"La plupart des gens, quand ils craquent, jettent le bébé avec l'eau du bain. Ils se disent que c'est foutu et vont retomber dans leurs habitudes vis-à-vis de l'alcool dans le cas présent. Or, si on tient 27 jours sur 28 ou même 26 ou 25, c'est déjà vraiment bien ! Ne vous jetez pas la pierre, ne vous culpabilisez pas mais écrivez dans un carnet de route ce qui vous a conduit à craquer. Et réfléchissez-y le lendemain, en reprenant le challenge."

Le lendemain, faites-vous plaisir, un bain, un 1/4 d'heure rien qu'à vous, un super jus vitaminé, un bain chaud, un jogging, une marche rapide, ...

"Je ne suis jamais dans le jugement pour ma part. Vous craquez ? C'est peut-être mieux de craquer une fois plutôt que d'être dans une frustration qui va vous conduire à faire sortir l'enfant rebelle qui est en vous !"