Psycho et bien-être

Beaucoup de personnes en burn-out, expriment un grand sentiment d’incompréhension de la part de leur entourage. Ils n’osent pas en parler, éprouvent une sensation de honte et de gêne. "Le problème, c’est que je n’ai pas l’air malade, alors les gens ne comprennent pas." C’est vrai, c’est bien là tout le problème du burn-out, on ne le voit pas. Il s’agit d’un état interne difficilement descriptible si on ne l’a pas vécu. Cette semaine, faisons le point sur ce mal grandissant.


C’est quoi le burn-out ?

Cette semaine, pas plus tard qu’hier, des chiffres ont été communiqués. 28 000 Belges sont touchés par le burn-out. Lorsque l’on cherche un peu sur le Net à ce sujet, les chiffres varient un peu. Mais quoi qu’il en soit, ils sont suffisamment importants pour que ce mal soit pris en compte et de plus en plus sérieusement.

De plus, si dans ces 28 000 personnes il y a, peut-être, des faux burn-out, sont absents de ces chiffres tous ceux qui en font un mais qui continuent quand même à travailler. Faire un burn-out debout, c’est rare, mais c’est possible. Je pense à tous les indépendants et entrepreneurs que le médecin voudrait arrêter mais qui ne peuvent tout simplement pas se le permettre. Il y en a bien plus qu’on ne le pense. Le burn-out des indépendants n’est d’ailleurs pas assez pris en compte, mais c’est un autre sujet.

Faire un burn-out, c’est atteindre un tel niveau d’épuisement que le corps lâche. Il y a évidemment des signes annonciateurs, mais la plupart du temps on ne les écoute pas. Ils sont mis sur le compte d’un peu de fatigue, de l’hiver, de ce dossier difficile qui est presque terminé, etc. « Une bonne nuit de sommeil et je serai requinqué(e) », vous dites-vous.

C’est bien là que les problèmes commencent, les bonnes nuits de sommeil n’existent plus. Elles sont saccadées, l’endormissement tarde à arriver, les réveils sont difficiles. De plus en plus difficiles. De là s’enclenche le cercle vicieux : manque de sommeil, irritations, palpitations, humeurs changeantes, manque d’énergie. Les symptômes feront l’objet d’une chronique entière prochainement, mais vous pouvez les trouver facilement en attendant.

En gros, imaginez une batterie qui clignote à l'orange depuis un sacré bout de temps. Ensuite, elle est passée au rouge, mais vous avez continué à utiliser l’appareil. Forcément, à un moment, l’appareil s’éteindra. Vous le remettez en charge, mais il faut un certain temps avant que la batterie soit suffisamment rechargée pour que l’appareil se remette à fonctionner. Puis, une fois qu’il fonctionne, il faudra encore le laisser branché pour qu’il se recharge. Sinon il va s’éteindre à nouveau. C’est ça, le burn-out.

L’épuisement est tel que la batterie est complètement à plat. Ce n’est pas que physique, c’est émotionnel, physiologique et psychologique. Tout semble être une montagne infranchissable. Absolument tout demande une mobilisation d’énergie incroyable, même les tâches les plus banales du quotidien.


Tu ne travailles pas, tu peux bien faire ça !

© Reporters

L’erreur fatale à ne pas commettre ! Les gens pensent que parce qu’ils sont en arrêt maladie, ils ont plein de temps pour faire d’autres choses. Lorsque le diagnostic du burn-out tombe, c’est un médecin qui le confirme. Il établit un certificat afin de mettre la personne au repos. Ce côté « oui mais t’es en congé, t’as le temps ! » ne s’installe d’ailleurs pas que dans la tête de l’entourage. Les personnes concernées le savent bien, elles ont tendance à avoir du mal à s’arrêter. Pourtant, les personnes mises en arrêt ne le sont pas pour en faire 10 fois plus que d’habitude. Elles sont en convalescence, censées se reposer, récupérer de l’énergie, prendre soin d’elles, dormir, en faire moins.

Vous ne pouvez pas attendre de quelqu’un qui est en « congé maladie » (cette appellation est d’ailleurs franchement à remettre en cause) de gérer toute la maison, de s’occuper des parents malades, de prendre votre part en charge, de réaliser toutes les navettes familiales, de repeindre la maison, de trier les armoires, de s’occuper systématiquement du souper. Il est vraiment contre-productif de charger la « to do list » d’une personne dont la mission principale est de prendre soin de sa santé. Il faut, au contraire, l’alléger et la soulager afin de lui permettre de se RE-PO-SER.


Comment aider la personne en burn-out ?

Les personnes souffrant d’un burn-out sont généralement des hommes et des femmes ayant des difficultés à mettre leurs limites, ils sont sur tous les fronts en même temps, ne se respectent pas, font passer les autres avant eux, ne savent pas dire non, en font toujours plus, mettent un point d’honneur à être parfait,…

Il faut vraiment arriver à voir ce passage de vie comme une merveilleuse occasion d’apprendre. De toute façon, si les apprentissages ne se font pas cette fois-ci, la vie s’arrangera pour qu’ils se fassent d’une autre façon. Donc, autant en profiter.

Ce que vous pouvez faire pour aider la personne de votre entourage :

  • Lui rappeler qu’elle doit changer de comportements pour se guérir. Si, en étant à l’arrêt, cette personne continue à faire comme elle a toujours fait, ce n’est pas près de s’arranger. Il faut impérativement diminuer le rythme aussi longtemps que nécessaire.

  • Faire en sorte d’alléger ses tâches. Ce n’est pas parce la personne est à l’arrêt qu’elle doit prendre encore plus en charge. Bien au contraire.

  • L’encourager à prendre soin d’elle/de lui. Des temps de pause, du repos, du calme aussi souvent que possible.

  • Inviter la personne à se faire accompagner par quelqu’un. Les personnes en burn-out ont souvent la croyance qu’elles doivent s’en sortir seule.

Il est donc important que vous soyez un gardien, en quelque sorte. Les personnes sujettes au burn-out sont généralement incapables de ne rien faire. Quand je leur dis en consultation : « Faites des siestes », c’est généralement la panique à bord ! Pourtant, c’est indispensable pour les remettre sur pied.

En cas de burn-out ou dans l’entourage de quelqu’un qui en fait les frais, tenez aussi compte du fait que le temps est un allié important. Sans doute le meilleur. Il faut s’armer de patience et laisser au temps le temps de faire son boulot.

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