Psycho et bien-être

Cette semaine, une chronique qui vous permettra de reconnaître les mécanismes qu’utilisent les manipulateurs pour mieux tisser leur toile et vous faire tomber dans leurs pièges. Ce sont des mécanismes bien huilés que l’on ne repère qu’une fois que nous avons conscience qu’ils existent. Je vous avais précédemment parlé des outils des manipulateurs, cette fois-ci, allons un cran plus loin et voyons ce qui se joue entre eux et leurs victimes.

J’entends, très souvent, des personnes me dire : « Mais je n’imaginais pas que ça existait ! Je ne l’ai pas vu venir ! » Cette chronique, je l’espère, vous aidera à flairer les pièges et à les éviter.


Le point de départ

Comment cela commence ? Comment les manipulateurs, pervers narcissiques, amorcent le piège qui se refermera violemment sur leurs proies ?

Les manipulateurs sont dotés d’un sixième sens, d’un instinct qui leur permet de scanner leurs victimes afin de savoir exactement sur quel point appuyer pour que l’engrenage s’enclenche.

De leur côté, les victimes sont des personnes généralement généreuses, empathiques, intelligentes, sauveuses, attentives, attentionnées, honnêtes. Elles n’imaginent pas que certaines personnes peuvent être toxiques au point de détruire l’autre par plaisir. Elles ne soupçonnent pas la méchanceté, la perversité qui peut se cacher derrière une façade sociale tout à fait charmante.

Le point de départ d’une relation d’emprise, si elle n’est pas entre un enfant et son parent, est donc l’association entre un(e) manipulateur/tric et une personne qui n’imagine pas que cela peut exister.


Les mécanismes en jeu

Le lien est donc en train de se tisser, dans un premier temps, tout semble merveilleux. Pendant cette phase, la proie s’endort et se laisse bercer par les promesses, les rêves et les compliments ont le goût du miel. Je dirais même que ça dégouline…

Cette phase est le moment pour le manipulateur de poursuivre le scanning et de savoir exactement quoi vous dire pour vous séduire, vous appâter, vous sensibiliser, vous affaiblir,… Les manipulateurs et manipulatrices arrivent à vous mettre sous emprise et exercer leur contrôle en faisant appel à vos émotions, à votre empathie et à votre générosité. C’est un peu comme si vous étiez endormi…

Une fois l’endormissement total, les ficelles peuvent être tirées. Il/elle aura eu tout le temps de connaître vos faiblesses, vos blessures, vos souffrances. Il/elle peut maintenant appuyer dessus pour vous affaiblir, vous détruire, vous déstabiliser et, dans certains cas, vous rendre fou/folle. En tout cas, vous donner l’impression que vous l’êtes.

Humiliations, violences, insultes, dévalorisations entrent dans votre quotidien. Encore endormi(e), vous n’y voyez pas très clair. Vous vous demandez ce qu’il se passe, mais vous pensez que c’est de votre faute puisque c’est ce que l’on vous fait croire.

C’est de cette façon que les manipulateurs/trices arrivent à tirer les ficelles de votre esprit, de votre corps et de votre cœur. Il/elle occupe tout l’espace mental que vous avez, vous n’arrivez plus à réfléchir, vous prenez systématiquement les torts à votre compte. Vous ressassez, vous ruminez, vous vous repassez les conflits et les disputes. Vous n’avez plus d’espace pour vous, il/elle a pris le contrôle.


Le réveil

À la longue, la longueur de la période étant différente pour chacun, vous commencez à vous dire que quelque chose cloche. D’abord, je vous le disais, vous pensez que c’est de votre faute. Mais un jour… Vous commencez à vous réveiller. Quelqu’un vous fait remarquer quelque chose, un livre, un article sur lequel vous tombez, un film, un reportage,…

Un jour, un peu comme la Belle au bois dormant, vous commencez à sortir de votre long sommeil. Et là, cela peut commencer à coincer. Vos ficelles étant moins souples, le manipulateur se raidit.

Cela peut provoquer des tensions et un resserrage des vis comme on dit. Mais, dans la plupart des cas, une fois que le réveil sonne, il est difficile de se rendormir. Pour autant, il n’est pas facile de quitter la relation. Se réveiller, ne veut pas dire sortir de son lit pour continuer dans la métaphore.


Couper les ficelles

Couper les ficelles, ou en reprendre possession, ce n’est pas simple. Cela se prépare. Il vous faut reconstruire votre estime de vous, votre confiance en vous, en les autres, en la vie. Vous devez apprendre à mettre vos limites, à récupérer de l’espace mental, à sortir de cette dépendance qui s’est créée. Refusez les mauvais traitements, respectez-vous, aimez-vous, faites appel aux ressources que vous avez, en vous et à l’extérieur de vous.

Dites-vous que rien n’est inscrit dans la pierre et que vous avez la capacité et la force nécessaire pour reprendre le pouvoir sur vous-même. Ne le laissez à personne d’autre qu’à vous !

À la semaine prochaine.

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Lire aussi l'ouvrage de Julie Arcoulin, « Survivre aux parents toxiques » chez City Editions, 233p.