Psycho et bien-être Les pneumologues et les urgentistes rappellent que des crises sévères mettent encore en danger la vie des patients, alors que l’on sait comment les éviter.

"Les malades dont l’asthme n’est pas très important ne prennent pas leur traitement assez régulièrement. Ce sont eux les plus exposés aux crises", souligne le Dr Jean-Philippe Maffre, pneumologue. Les médicaments sont en effet la condition indispensable pour bien gérer son asthme, c’est-à-dire ne plus ressentir de symptôme et ne plus faire de crise que très exceptionnellement, et sans gravité.

Penser chaque jour à son traitement

Seul l’asthme intermittent, défini par des crises courtes et peu fréquentes (moins d’une fois par semaine, et moins de deux crises nocturnes par mois) ne nécessite pas de prendre tous les jours des médicaments. Dans tous les autres cas, c’est le seul moyen de réduire l’inflammation des bronches et d’éviter les crises. "Il s’agit le plus souvent de cortisone en inhalation, associée ou non à des molécules qui relâchent les muscles des bronches, les bêta-2 mimétiques, ou à d’autres médicaments anti-inflammatoires", détaille le Dr Anne Tsicopoulos, pneumologue. Vous n’aimez pas l’idée de prendre de la cortisone tous les jours ? "Nous avons beaucoup de recul", affirme le Dr Maffre. "Nous savons que l’inhalation ne pénètre que très peu dans l’organisme et n’a pas d’autres effets secondaires que d’irriter légèrement les cordes vocales." Un désagrément évitable en se rinçant la bouche après chaque prise.

Par ailleurs, il faut toujours garder son bronchodilatateur avec soi car une crise n’est jamais totalement exclue : "L’asthme peut être déstabilisé si la personne est confrontée à un facteur inhabituel très irritant, comme une maison particulièrement humide ou des chats, si elle est allergique", poursuit le spécialiste. Il faut aussi continuer à consulter son pneumologue pour surveiller la maladie, tous les ans pour un asthme sévère, ou tous les trois ou quatre ans s’il est bien contrôlé.

Déminer son environnement

Même sous traitement, on doit éviter autant que possible ce qui irrite les bronches.

Les allergènes du quotidien : neuf malades sur dix ne supportent pas les acariens. On les combat par une aération quotidienne, en traquant la poussière à l’aide d’un aspirateur à filtre, et en supprimant les tissus d’ameublement. Il est plus difficile de se protéger des pollens. On ouvre les fenêtres plus tôt le matin, et on pense à se rincer les cheveux et à se changer après une promenade à la campagne. Les réflexes sont les mêmes contre les poils d’animaux. Il faut aussi éviter toute moisissure dans la salle de bains. Enfin, l’asthme peut être déclenché par des allergies alimentaires qui doivent être recherchées.

La fumée : mieux vaut se tenir éloigné de toute cigarette. Fumer réduit l’efficacité des traitements, et même le tabagisme passif est très irritant. Le vapotage reste largement préférable, mais il n’est pas exclu qu’il puisse, parfois, provoquer une crise d’asthme. "Le problème vient probablement du propylène glycol qui a un effet desséchant sur les voies respiratoires", dit le Dr Maffre.