Psycho et bien-être

Il y a quelques mois, vous avez été très nombreux à vous reconnaître dans la chronique intitulée « Penser trop et tout le temps, ça s’explique ». Cette semaine, j’avais envie de vous donner un début de mode d’emploi pour penser "mieux". Le mode d’emploi complet, vous le trouverez dans le livre « Je pense mieux » de Christel Petitcollin, aux éditions Trédaniel.


Pour ceux qui auraient loupé la première partie de cette chronique, à lire ici, voici un petit résumé. Les personnes qui pensent trop sont celles qui n’arrivent pas à mettre leur cerveau sur pause. Il mouline tout le temps, les fait voyager d’une pensée à l’autre, d’une idée à l’autre, d’une question à l’autre. Quand vous commencez une recherche « Google », vous finissez avec 38 onglets ouverts et vous devez faire un effort pour vous souvenir de la question de départ.

Ces personnes qui pensent « trop » sont souvent jugées « trop sensibles », « susceptibles », décalées, avec un humour spécial. Ils dissèquent les infos qu’ils reçoivent, les remettent en question, les approfondissent. Bref, leur cerveau, comme le dit Christel dans son livre, fonctionne comme un « ouistiti bondissant d’une branche à l’autre ». Sauf qu’eux bondissent d’une idée à l’autre.

Dans « Je pense trop », le lecteur découvre cette pensée complexe, il l’analyse, trie, s’y reconnaît ou pas. Dans « Je pense mieux », il découvre davantage comment s’adapter face à ceux qui ne fonctionnent pas avec cette pensée complexe et à mieux vivre leur cerveau en ébullition.


Est-il possible d’arrêter de penser ?

Je vais vous le dire sans rond de jambes : NON. Personne n’a encore trouvé le bouton OFF. Bien sûr, il existe des techniques qui peuvent vous aider à diminuer le flot de pensées, à ne plus être dirigées par elles. Mais les pensées sont impossibles à arrêter. En fait, il ne s’agit pas d’essayer d’arrêter de penser, mais bien de choisir son focus de pensées.

Les personnes qui pensent trop ont, généralement, tendance à se sous-estimer, ce manque de confiance entraîne souvent des pensées négatives, des anticipations moroses, des scénarios catastrophes. Quand je vous ai face à moi en consultation, je suis toujours ébahie par votre capacité à envisager toutes les options possibles dans une situation. Evidemment, inutile de vous préciser que vous le faites de façon pessimiste puisque vous n’avez pas vraiment confiance en vous.

Dans ce vaste nuancier de gens qui pensent trop, il y a aussi les optimistes invétérés, les « Bisounours » qui ne comprennent pas que les autres ne fonctionnent pas comme cela et qui voient le positif dans tout. Eux non plus ne peuvent pas s’arrêter de penser. Mais leurs pensées sont dirigées de façon différente. Vous saisissez ?


Un déficit d’ego

Toujours lui ! Ou souvent lui. L’ego. Il a mauvaise presse. Pourtant, il est en partie nécessaire. L’excès d’égo ou l’excès de manque d’égo sont à proscrire. Je vous l’ai déjà dit, mais tout est toujours une question d’équilibre. Les personnes à pensée complexe ont un énorme déficit d’ego. Christel Petitcollin, dans ses livres, nous en parle beaucoup. Elle explique : « En fait, votre problème n’est pas votre manque de confiance en vous, mais votre déficit d’égo. Or, la nourriture à ego, ce sont les « Merci » et les « Bravo » En repoussant vigoureusement les uns et les autres, vous affamez votre ego. » Voici quelques traits dans lesquels vous pourriez vous reconnaître :

  • Quand on vous fait un compliment, vous êtes déstabilisé(e), vous le mettez sur le dos de la chance, du travail d’équipe, du hasard,… Mais certainement pas de vos compétences et/ou qualités.

  • Vous minimisez le mal qu’on vous fait, les frustrations qu’on vous inflige ou que vous vous infligez.

  • Vous faites preuve d’un altruisme hypertrophié, d’un humanisme têtu et vous êtes incapable de vous la jouer perso.

  • Vous trouvez toujours des circonstances atténuantes aux « méchants » et êtes incapable de mettre des limites.

Ce ne sont là que quelques exemples, le livre entier en est truffé. Si vous vous y reconnaissez, je vous recommande vivement de le lire.


Comment on fait pour penser mieux ?

Il faut nourrir votre confiance en vous. Dans ce livre, Christel Petitcollin nous dit « la confiance en soi est quelque chose qui s’évapore et qui doit s’alimenter régulièrement ». Elle nous donne quelques pistes :

  • « Validez toutes vos réussites, sans « oui mais ». » Je vous le disais en début de chronique, les gens qui pensent trop attribuent leurs réussites au hasard et à la chance. Il va donc falloir vous forcer un peu pour fêter vos réussites ! Sans diminuer le mérite que vous pouvez vous attribuer en répondant à un compliment par « Oui mais… »

  • « Vous êtes quelqu’un de bien et de capable, vous n’avez pas à le prouver » : vous n’avez pas à en faire toujours plus pour diminuer votre impression d’imposture et prouver à la terre entière (et à vous-même) que vous méritez votre succès. 

  • « Prenez soin du prince ou de la princesse en vous » : les personnes qui pensent trop sont généralement assez douées pour s’occuper des autres, révéler leur potentiel, les encourager, les dorloter,… Et qu’en est-il de vous ? Si vous preniez soin de vous comme vous prenez soin des autres, vous gagneriez beaucoup en confiance en vous et un certain nombre de vos angoisses s’apaiseraient.


À la semaine prochaine.

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