Psycho et bien-être Quel régime suivre quand on est enceinte ? Comment diversifier l’alimentation de son tout jeune enfant ?

Pas de régime strict pendant la grossesse

"Supprimer de l’alimentation de la femme enceinte certains aliments allergisants comme le lait, les œufs, les arachides ne sert à rien" , affirme le Dr Jean Lalau-Keraly, pédiatre. En outre, un régime particulier peut entraîner des déficits en vitamines et en minéraux chez la future maman. Faire l’impasse sur l’alcool est la seule nécessité, même s’il n’y a pas de lien avec l’allergie." Par ailleurs, une étude suédoise, réalisée par l’université de Chalmers, a montré que la consommation de poissons gras (saumon, sardine, thon, hareng…) pendant la grossesse contribue à empêcher le développement des allergies chez l’enfant. Cela serait dû aux acides gras essentiels oméga-3 qui ont des vertus anti-inflammatoires.


Allaiter son bébé

Le lait maternel apporte au nourrisson l’intégralité des nutriments dont il a besoin pour se développer en bonne santé, et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) le recommande jusqu’à l’âge de six mois. "Des études récentes ont montré qu’allaiter son bébé durant 4 à 6 mois a un effet protecteur sur le développement d’une allergie alimentaire" , souligne le pédiatre. " La poursuite de l’allaitement maternel au début de la diversification alimentaire permet également de mieux tolérer les aliments renfermant du gluten." Cependant, allaiter ne protège pas de toutes les allergies, notamment de celle aux acariens. "Et attention à ne pas poursuivre l’allaitement trop longtemps au détriment de la diversification, car il pourrait alors induire des problèmes de dentition, et le rejet du solide ou des morceaux !" , avertit Ysabelle Levasseur, diététicienne-nutritionniste.


Choisir un lait infantile hypoallergénique

L’allaitement maternel n’est pas plébiscité par toutes les mères. Si, à la maternité, 74 % des bébés sont nourris au sein, ils ne sont plus que 39 % à 3 mois et 25 % à 6 mois. Le choix du lait infantile est alors important. "Les dernières études montrent que certains laits infantiles hypoallergéniques" , comme le Nidal H.A. par exemple, " ont un effet préventif sur la dermatite atopique, phénomène allergique le plus fréquent dans l’allergie alimentaire du petit enfant. En revanche, les laits hypoallergéniques n’entraînent aucune diminution de l’asthme ou de la rhinite allergique" , précise le pédiatre. "Ni d’ailleurs les jus végétaux qui ne correspondent pas aux besoins nutritionnels des enfants de moins de trois ans et qui peuvent même entraîner une cassure de la courbe de poids et de taille" , complète la diététicienne.


Penser aux probiotiques

Ces micro-organismes vivants jouent un rôle bénéfique dans l’équilibre du microbiote intestinal, et dans la prévention des allergies. Les probiotiques permettent, notamment, de diminuer de 50 % le risque de développer une dermatite atopique. De plus, ils sont efficaces contre les coliques du nourrisson, la constipation et la diarrhée. "Le lait Nidal H.A. en renferme ", précise le pédiatre. " Et on les trouve aussi sous forme de compléments alimentaires. Pendant l’allaitement, les probiotiques peuvent également être mis directement sur le téton, s’ils sont choisis sous forme de poudre" , ajoute la diététicienne.


Diversifier entre 4 et 6 mois

Avant les années 2000, il était recommandé de ne pas donner, aux nourrissons à haut risque allergique, de protéines du lait de vache avant 1 an, d’œuf avant 2 ans et d’arachide et de fruits de mer avant trois ans. "On s’est aperçu que c’était une erreur" , dit le pédiatre, " puisqu’en vingt ans de diversification alimentaire retardée, l’allergie alimentaire a doublé ! On préconise aujourd’hui de diversifier entre 4 et 6 mois pour tous les aliments, même ceux allergisants comme l’œuf, le poisson, la viande, l’arachide, les fruits à coque, que l’enfant vienne d’une famille atopique ou non." Aucun aliment n’est à bannir. À cet âge, "il est important de respecter les quantités d’aliments préconisées, car si l’on force le petit enfant à manger, il peut refuser l’aliment, vomir sans toutefois être allergique ", précise la diététicienne. Et pour qu’il apprécie un aliment, il faut parfois aussi le lui présenter jusqu’à sept ou huit fois."