Détox : info ou intox ?

Laurence Dardenne Publié le - Mis à jour le

Psycho et bien-être

Chaque année à pareille époque, les magazines féminins en particulier nous bassinent avec ce même thème : la détox. Ils nous font comprendre qu’à l’instar de nos grands-mères qui faisaient le grand nettoyage de printemps de leur demeure, le moment est venu pour nous de faire le grand ménage intérieur. Se dé-to-xi-ner. Se vider de toutes ces toxines accumulées au fil du temps pour repartir du bon pied, léger. Oui mais, la détox, est-ce vraiment nécessaire ? Pour tous ? Comment ? Sans danger ? Ne serait-ce qu’une mode ? Voire de l’intox ?

Pour Marie Borrel, qui publie ces jours-ci “Détox; 12 programmes pour faire peau neuve” (Hachette Forme, 12,90 €), cela ne fait aucun pli. Si l’on “ se réveille fatigué, le teint brouillé, avec l’impression d’avoir pris dix ans dans la nuit”, si on a l’impression de ne plus résister au moindre microbe qui passe, au stress, à la tension nerveuse…, c’est peut-être le signe d’une “intoxination” de notre organisme, “ qui a progressivement perturbé nos fonctions vitales”. Et si, dans les premiers temps, les conséquences de cette accumulation de déchets ne sont pas perceptibles, au fil des mois et des années, elle commence à se faire sentir. C’est alors qu’il faut se “détoxifier”.

Un simple effet de mode, la détox ? Certainement pas, “ c’est une nécessité”, affirme l’auteur de “Détox”. Sous diverses formes, cela a existé en tout temps et dans toutes les cultures. Les exemples d’abstinence alimentaire, selon les religions, ne manquent pas. C’est, d’une certaine façon s’entend, le ramadan chez les musulmans ou le carême chez les chrétiens.

Quelle que soit la religion, ces privations alimentaires ont toujours un double sens, commente Marie Borrel. Il s’agit avant tout de discipliner sa relation au plaisir, d’entraîner son autodiscipline et de développer sa compassion en vivant comme les plus pauvres. La visée est donc spirituelle et comportementale. […] Mais force est de constater que les pratiques alimentaires restrictives des religions remplissaient aussi un rôle de ‘nettoyage métabolique’, même si elles n’étaient pas officiellement destinées à cet usage. […]

L’évolution de notre société a engendré des habitudes quotidiennes qui ne permettent plus à nos organismes de se ‘nettoyer’, de se ‘purifier’, de se débarrasser de ce qui les encombre. Il nous incombe de retrouver des gestes de détoxication, certes affranchis de leur contenu religieux et spirituel, mais néanmoins indispensables à notre équilibre et à notre bien-être.”

De la nécessité de la détox, tout le monde n’en est pas aussi convaincu. Les uns se montrent quelque peu sceptiques; d’autres carrément critiques. “ Intox, nous le sommes sans doute, nous dit pour sa part Michèle Dryepondt, diététicienne nutritionniste. Malbouffe, stress, pollution ne sont pas sans impact sur notre organisme. Mais, personnellement, je n’ai pas connaissance d’un régime ‘détox’ scientifiquement démontré qui pourrait nous débarrasser des éventuels dommages causés par notre environnement. Nous possédons des systèmes spécifiques de défense et la manière la plus élémentaire de les booster reste de manger de manière équilibrée en privilégiant les légumes et en réduisant la consommation d’aliments d’origine animale. Le choix d’aliments simples et de bonne qualité, un sommeil réparateur, de l’activité physique et des loisirs font partie du tableau d’une bonne hygiène de vie.” À chacun(e) donc de se faire sa propre religion, en quelque sorte…

LE  + : 10 ALIMENTS POUR DETOXIFIER VOTRE INTESTIN

Extrait de Détox. “Le premier mot d’ordre concerne les fibres alimentaires, ces composants que l’on trouve dans les végétaux (fruits, légumes et céréales complètes) se gonflent d’eau au cours de leur trajet dans le tube digestif. Ils contribuent ainsi à produire des selles à la fois volumineuses et souples. Beaucoup plus faciles à expulser. Il faut leur ajouter des aliments qui entretiennent la flore intestinale. Et surtout, il faut boire suffisamment, car le manque d’eau perturbe rapidement le transit”, écrit Marie Borrel, dans “Détox”.

Pour l’intestin, les cinq aliments détox majeurs sont : le poireau, le pruneau, la figue, le yaourt et le son d’avoine. Les aliments détox complémentaires sont le brocoli, la betterave, le pain complet, les haricots verts et le potiron.

Prenons l’exemple de la betterave , ce légume racine qui contient pas mal de fibres très douces, lesquelles soutiennent l’intestin. Intéressante, la betterave l’est aussi pour son apport en sucres, donc en énergie, “ce qui est toujours intéressant quand on décide de se mettre ‘au vert’. Parallèlement, c’est un légume antistress grâce aux nutriments qu’il apporte (calcium, magnésium, vitamines B) et qui facilitent le fonctionnement du système nerveux”. On a l’habitude de la consommer cuite, pourquoi ne pas essayer la betterave crue ? Comme les carottes ou le céleri-rave, elles se dégustent râpées, avec une sauce au citron ou des œufs mollets. À tenter !

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