Psycho et bien-être Stressés, débordés, les étudiants auraient-ils besoin de se recentrer sur eux-mêmes? C'est en tout cas le pari réussi de l'université de Yale (Etat-Unis) qui a ouvert un cours sur le bonheur intitulé "La psychologie et la belle vie" (ou Psychology and the good life" en anglais).

Le Monde rapporte que dès l'ouverture de la leçon, 300 étudiants se sont précipités pour y participer. Mais quelques jours plus tard, le cours a dû être délocalisé car 1200 étudiants s'étaient inscrits, ce qui représente un quart des étudiants du premier cycle. L'enseignante en psychologie qui donne cette matière, Laurie Santos, explique à la NBC que son origine provient d'études sur le moral des étudiants. Ces études américaines démontrent l’augmentation de dépressions et de troubles psychologiques sur les campus universitaires. "Les étudiants sont dans un environnement où ils se sentent anxieux à cause des notes, stressés par le temps dont ils disposent, dépassés par tout ce qu'ils ont à faire... Et j'ai le sentiment qu'on risque de passer à côté de leur potentiel."

Des exercices à faire chez soi

En plus de la théorie donnée, les étudiants doivent montrer de l'investissement personnel en réalisant les exercices préconisés: faire une bonne action, méditer, dormir huit heures par jour... Peut-être plus difficile pour ces jeunes, Laurie Santos leur conseille de diminuer le temps passé sur les réseaux sociaux et l'ordinateur. "Les étudiants veulent évoluer, se sentir plus heureux et changer la culture répandue sur le campus. En attirant un étudiant sur quatre, si nous étudions les bonnes habitudes à prendre - comme montrer plus de gratitude, renoncer à la procrastination, entretenir une vie sociale plus riche - nous allons amorcer ce changement."  Basé sur la psychologie positive, le cours a pour but l’épanouissement personnel des étudiants. Ils seront évalués par des quiz et ils devront réaliser un "projet personnel d’auto-amélioration" comme examen final, rapporte le Courrier International.

L'engouement pour ce cours peut s'expliquer par la difficulté des études dans cette université qui fait partie de l'Yvy League, les huit meilleures universités américaines. La compétition y est rude et la sélection s'effectue sur base des notes et des revenus. Pour Alannah Maynez, étudiante à Yale: " Le fait qu'un cours comme ça attire autant montre bien à quel point les étudiants sont fatigués de rester indifférents à leurs émotions - qu'elles soient positives ou négatives - pour qu’ils puissent se concentrer sur leur travail, la prochaine étape, la prochaine réussite ."