Psycho et bien-être Voyons comment aider les profils atypiques à apprivoiser ce fonctionnement qui peut être parfois envahissant. La chronique de Julie Arcoulin.


Dans une précédente chronique, je faisais le point sur les profils et leurs nuances, sur les idées reçues véhiculées sur le sujet et sur les avantages et les inconvénients de ces profils atypiques. Cette semaine, je vous emmène vers quelques pistes qui pourraient vous aider, vous qui vous sentez pas comme les autres. C’est un exercice délicat car le nuancier est tellement grand que, forcément, le nuancier des solutions l’est aussi. D’autant plus que le système éducationnel dans lequel chacun grandit l'influence terriblement.

Les pistes proposées ici ne remplacent pas un accompagnement adapté et un investissement personnel. Voyons quand même comment vous aider à apprivoiser ce fonctionnement, parfois, envahissant.


1ère étape : accepter

Selon moi, c’est l’étape essentielle de laquelle dépend toutes les autres. Tant que vous refusez d’admettre que vous pouvez cocher les critères suivants, il vous sera difficile d’apprivoiser votre mode de fonctionnement :

  • des pensées qui jaillissent dans tous les sens et que vous ne pouvez pas arrêter

  • une hypersensibilité (même cachée)

  • des émotions à fleur de peau (mais parfois aussi une incroyable capacité à les cacher)

  • une vitesse de compréhension hors normes

  • un cadre de valeurs fort

  • une hantise des conflits

Ce ne sont là que quelques critères évidemment, difficile de les mettre tous. Mais ce sont les plus communs. Pourtant, vous pensez que vous êtes nul(le) et que les autres sont bien plus doués que vous. C’est aussi l’une des principales caractéristiques.

Pour apprivoiser et piloter votre cerveau bouillonnant comme il se doit, il vous faut d’abord vous accepter tel(le) que vous êtes.


Comprendre que tout le monde ne fonctionne pas de la même façon

L’un des problèmes qui peut surgir avec un mode de fonctionnement comme celui des HP ou surefficients est que, bien souvent, ils partent du principe que tout le monde fonctionne de la même façon: même vitesse de compréhension, même cadre de valeurs. Par extension, ils pensent que tout le monde est de bonne volonté, humain, collaborant, ouvert d’esprit,... Sauf que ce n’est pas le cas. Donc, cela peut provoquer de profondes incompréhensions entre les autres et les profils bouillonnants, ainsi que des conflits, des tensions et des injustices.

L’une des étapes essentielles pour mieux vivre cette différence est d’intégrer que chacun à le droit d’avoir sa propre carte du monde et que c’est très bien comme ça (à quelques nuances près évidemment). N’essayez pas de convaincre les autres que votre point de vue est le bon, même si vous avez analysé toutes les variables et que votre avis est étayé sérieusement. Vous allez récupérer du temps et de l’énergie que vous pourrez mettre à profit pour vous. Ce n’est ni bien ni mal. Chacun son fonctionnement.


Augmentez votre confiance en vous

Quel que soit le nom qu’on leur donne (HP, surefficient, hypersensible, zèbre, …) les profils de ce type ont un cruel manque de confiance en eux. Depuis très jeune, ils ont senti un décalage avec les autres, ils ont manqué de feed-backs positifs dont ils sont très friands, ils se sont souvent sentis différents,… La cerise sur le gâteau, c’est que lorsque les atypiques reçoivent des compliments, ils les fuient comme la peste.

« Dis donc, bravo pour ta présentation, t’as vachement assuré » provoque des rougeurs, un malaise et un « Oh c’est rien, j’ai eu de la chance ». Or, l’ego a besoin de ce genre de phrases pour se nourrir. Un ego affamé est un ego triste, déprimé et aigri, incapable de croire en lui et en ses capacités. C’est le serpent qui se mange la queue. Vous ne pouvez pas apprivoiser votre mode de fonctionnement sans booster un minimum votre confiance en vous et votre ego.


Maîtriser l’ascenseur émotionnel

C’est typiquement un point qui se traite mieux au cas par cas. Mais il est tellement important qu’il faut en parler. On parle beaucoup de l’hypersensibilité et/ou hyperémotivité des zèbres. Seulement pour certains d’entre eux, ce n’est pas si évident. À cause de leur histoire, ils ont dû apprendre à cacher leurs émotions sinon elles étaient retenues contre eux. En conférence et en atelier, j’explique toujours avec humour qu’il y a, en effet, des traits communs à ces profils atypiques, mais qu’il y a aussi un tas de nuances qui dépendent de la marmite dans laquelle ils tombent !

Toujours est-il que beaucoup d’entre eux ont des difficultés à gérer leurs émotions. En une seconde, leur état émotionnel peut varier intensément et c’est assez déconcertant, voire épuisant. Un mot, une sensation, une odeur, une discussion peut impacter fortement les émotions des surefficients et c’est l’ascenseur qui déraille !

Tout d’abord, il est inutile de lutter contre ça. Cela fait partie du package. Une phrase dit « Tout ce à quoi l’on résiste, persiste. » Résister, ou essayer de résister, à vos émotions ne fera que les accentuer. Accepter qu’elles font partie de vous est plus libérateur que vous ne le croyez. Essayez. Les hauts et les bas que vous ressentez font partie intégrante de votre personnalité.

Il y a une clé à adopter pour arriver à ce que les montagnes russes aillent moins vite : faire un pas de recul. Plus facile à dire qu’à faire vous dites-vous. C’est vrai. Mais, encore une fois, essayez quand même. Faites un pas de recul quand, lors d’une discussion, vous sentez que vos valeurs ne sont pas partagées. Faites un pas de recul quand quelqu’un vous reproche d’être trop ceci ou trop cela, faites un pas de recul quand vous estimez que ce que vous avez réalisé n’est pas parfait,… Faire ce pas de recul vous permettra de prendre un peu de distance et vos émotions envahissantes vous en remercieront !


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