Psycho et bien-être La chronique de notre spécialiste en développement personnel et relationnel, Julie Arcoulin.


Nous entendons parler de burn-out (syndrome d’épuisement professionnel lié au surmenage), de bore-out (syndrome d’épuisement professionnel par l’ennui, le manque d’activité), mais quand entendons-nous parler de ces personnes qui aiment tellement leur travail qu’elles s’épuisent ? « Mon travail me ronge, mais je n’en changerais pour rien au monde », voilà une phrase que j’ai déjà entendue souvent et qui a directement inspiré ma chronique de cette semaine.


Drôle d’ambivalence

Aimer son travail profondément mais être rongé par lui. Les médecins, thérapeutes, assistants sociaux, artistes, les métiers du monde associatif, les infirmiers et infirmières, les scientifiques et toutes les professions que j’oublie connaissent bien ce phénomène. Mais en dehors de ce type de métier, il y aussi toutes celles et ceux qui adorent leur job, qui s’investissent à fond dans celui-ci, qui ne comptent pas leurs heures, qui sont prêts à soulever des montagnes, qui débordent d’énergie et qui s’oublient en cours de route.

Ce dont je parle ici ne dépend pas tant du type de métier que du type d’investissement qu’une personne est capable de mettre en œuvre. Un travail peut être à la fois très épanouissant et très destructeur quand même. Un angle d’approche peut étudier par les chercheurs dans le domaine du bien-être au travail. En effet, les modèles et les théories disponibles ont leurs limites car ils étudient les situations professionnelles nuisibles. Les études proposent un spectre blanc ou noir. Bien-être ou mal-être. Mais qu’en est-il des nuances de gris ?


Heureux et malheureux au travail, est-ce possible ?

Bien sûr que oui. Beaucoup de personnes aiment leur travail mais en souffrent également. Il y a, évidemment, une partie de l’explication qui peut être définie par les contraintes subies :

  • La pression économique (objectifs de chiffres, les indépendants,…)

  • La surcharge de travail

  • L’urgence (qui n’est souvent pas si urgente que ça)

  • Les conflits internes dévastateurs (qu’ils soient au niveau de la gouvernance politique ou interpersonnels)

  • Le management oppressant

  • Les incompréhensions (beaucoup de travailleurs se sentent incompris par les autres services de leur entreprise par exemple, ou bien ne comprennent pas les décisions prises par un top management bien loin du terrain)

Qu’on aime son job ou pas, ces contraintes sont réelles et influencent d’autant plus l’état d’un travailleur s’il aime son travail et qu’il s’y investit. Pourquoi ? Tout simplement parce que l’investissement sans limite, empêche souvent la prise de recul. Si l’on aime pas trop son job, on s’y investit probablement moins et donc certaines choses passent un peu par dessus la tête. Pour les personnes engagées et investies dans leur travail, les contraintes évoquées plus haut peuvent avoir un tout autre impact à cause du manque de recul.


Quels sont les signes ?

Je vous le disais, peu d’études prennent en compte ces situations complexes où se mélangent aspects positifs et négatifs d’un travail qu’on peut à la fois aimer et qui peut, en même temps, épuiser. Les résultats disponibles à l’heure actuelle ne font pas de distinction entre les risques psychosociaux liés à l’épuisement et ceux qui seraient propres à la problématique que j’évoque. En voici quelques-uns :

  • troubles de la concentration et du sommeil,

  • irritabilité,

  • nervosité,

  • fatigue

  • palpitations

J’y ajoute, au vu de ce que je peux constater dans ma pratique, les signes suivants :

  • l’épuisement émotionnel,

  • les remises en question permanentes,

  • le manque de recul,

  • les incompréhensions face au fonctionnement du système,

  • le sentiment d’injustice face à certaines situations.


Comment prévenir les conséquences du surinvestissement ?

La problématique à laquelle je fais référence ici passe obligatoirement par un surinvestissement des personnes dans leur travail. Il faut donc viser à ménager la chèvre et le chou et à adopter des bons réflexes qui vous permettront de prendre un pas de recul. Je suppose que vous devinez les apprentissages qui vous attendent, mais je vais quand même vous dressez une petite liste, non-exhaustive.

  • Apprendre à dire non : Vous l’auriez parier, n’est-ce pas ? Quel que soit votre métier, il est important d’apprendre à dire non. Vous ne pouvez pas dire oui à tout et espérer garder votre énergie en permanence. Pour mieux continuer, il faut vous préserver.

  • Reconnaître ses limites : Il n’y a aucune honte à avoir, aucune gêne à ressentir si, à un moment donné, vous êtes fatigué(e) et que vous avez besoin d’une pause.

  • Identifier les tâches ressourçantes : quoi que vous fassiez comme travail, il y a forcément des tâches qui vous donnent de l’énergie, que vous aimez plus faire que d’autres, dans lesquelles vous excellez. Identifiez-les afin de pouvoir en planifier régulièrement et de ne pas vous laisser ronger par celles qui vous épuisent.

  • Faites-vous aider : je ne parle pas d’un accompagnement éternel. Faites-vous aider, quelle que soit la technique que vous choisissez, par quelqu’un qui vous rappellera qu’il faut prendre soin de vous pour pouvoir continuer à prendre soin des autres.


À la semaine prochaine.

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