Psycho et bien-être

France, Royaume-Uni, Slovaquie, Italie et République Tchèque, ... voici les pays européens où les punitions éducatives ordinaires ne sont pas proscrites. 


Si en Belgique, la loi interdit toute forme de violence vis-à-vis des enfants, elle n'interdit cependant pas explicitement la fessée. Des précisions existent tout de même dans certains cas. Par exemple, il est interdit aux enseignants et à toutes les personnes qui travaillent avec des enfants de les frapper pour les punir mais aucune législation ne concerne directement les parents.

"Il est important de faire la différence entre la véritable maltraitance dont le but est de faire mal et et d'autre part la pratique éducative - avec laquelle on peut ne pas être d'accord - mais qui n'est pas de la maltraitance car il n'y a pas l'intention de faire mal", explique Marie Rose Moro, professeur de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent à l'Université Paris Descartes, au micro de Yapaka. "La fessée est une question culturelle juridique et anthropologique."

Des troubles du comportement

Une vaste étude américaine de l’université d’Austin au Texas, parue en 2016, conclut que les punitions corporelles sont associées à une augmentation de troubles du comportement au cours de l’enfance. Selon les experts, ces pratiques favorisent l’agressivité, une baisse de l’estime de soi, une baisse des performances scolaires et une attitude antisociale.

Dans les pays où les punitions physiques sont totalement proscrites, la fréquence de la violence entre jeunes est 69% moins élevée chez les jeunes hommes et 42% chez les jeunes femmes que dans les pays sans interdiction. L’équipe de recherche en a donc conclu que les pays dans lesquels la violence contre les enfants est interdite sont aussi ceux où l'on observe le moins de violences juvéniles.

Toutefois, les chercheurs et chercheuses précisent qu'en raison de "la manière dont l’enquête a été conduite, il n’est pas tout à fait clair [d'établir] si ces interdictions ont modifié la manière dont les enfants sont éduqués ou si elles ne sont que le reflet d’un milieu moins violent, qui limite la violence infantile".

Les neurosciences expliquent que l'on ne peut répondre à la violence face à un enfant qui fait une crise simplement car "certaines connexions neuronales ne commencent à se mettre en place qu'à partir de cinq ou six ans. Le jeune enfant ne peut donc pas gérer ses émotions, le stress ou les surstimulations dans un magasin par exemple".